OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2015 > Licences télécoms en Afrique : vers une rationalisation de la méthode de (…)

Licences télécoms en Afrique : vers une rationalisation de la méthode de détermination du prix ?

jeudi 27 août 2015

Point de vue

Les marchés des télécoms connaissent un développement sans précédent en Afrique depuis une vingtaine d’années ; surtout depuis l’arrivée de la technologie GSM. Ce secteur constitue, pour une majorité des pays africains, un vecteur incontournable de production de richesse, atteignant parfois jusqu’à 10 % du PIB national.

Cette opportunité économique a attiré de nombreux opérateurs télécoms en Afrique. Lors de la naissance de ces marchés, les attributions de licences se sont faites dans un contexte d’incertitude sur le succès des services télécoms sur le continent, les modèles d’affaires des opérateurs ou encore la rentabilité des investissements de ces derniers. En conséquence, les prix des licences étaient difficiles à quantifier. Les opérateurs télécoms ont obtenus des licences à des tarifs très variables selon les pays.

A l’heure où ces licences arrivent à expiration dans plusieurs pays, la question de la valorisation de ces dernières se repose. Basés sur des critères peu objectifs lors des premières attributions, en lien avec le contexte de l’époque, les gouvernements possèdent aujourd’hui des données empiriques sur lesquelles ils sont en mesure de fonder une hypothèse de prix plus juste.
Le cabinet Microeconomix, appelé récemment pour mener une étude pour un régulateur télécom d’Afrique d’Ouest dans un cas de négociation de prix de licence, revient sur le processus que devrait engager un Etat africain pour déterminer un prix de licence télécom rationnel.

Les attributions de licence en Afrique : une rationalité jusqu’ici limitée

L’analyse des attributions des licences télécoms attribués depuis la libéralisation de ce secteur dans les économies africaines montre une très forte disparité dans les prix fixés et conduit à s’interroger sur la rationalité dans les décisions de détermination de ces prix. A titre d’exemple, le prix de la licence 3G attribuée au Nigéria à MTN a atteint 110 millions d’euros, soit plus de 10 fois les prix de la licence 3G en Côte d’Ivoire pour les opérateurs Orange, MTN et MOOV. Ces derniers prix étaient eux-mêmes cinq fois supérieurs aux prix constatés pour les opérateurs de licence 3G au Burkina Faso.

« Certains critères pourraient expliquer ces variations de prix : le nombre d’habitants du pays (prix proportionnel à la densité de la population), la durée de la licence (le prix croit avec le nombre d’années) ou encore le niveau de richesse du pays (le prix croit avec le niveau du PIB par habitant) » indique Sidy Diop, Vice-président de Microeconomix. « Pourtant, les exemples des prix de licences au Bénin ou au Sénégal sont contre intuitifs. Ils sont tous les deux élevés alors même que le PIB par habitant de ces pays est inférieur à des pays plus riches qui présentent des prix 5 fois moins élevés (Ghana ou Mauritanie par exemple). L’analyse de données empiriques sur les liens entre niveau de prix des licences et facteurs économiques objectifs nous ont permis de conclure que la détermination des prix des licences télécoms n’a pas été basée sur des données et réflexions rationnelles mais résulte probablement de négociations pures entre Etats et opérateurs. Les prix des licences peuvent ainsi varier fortement selon le pouvoir de négociation des acteurs, l’importance de la licence pour l’opérateur ou encore les besoins financiers des Etats. »

A l’heure actuelle, plusieurs licences sont sur le continent africain en négociation pour renouvellement ou nouvelle attribution (attribution des premières licences 4G, renouvellement des licences 2G et 3G). Par exemple, le Cameroun a attribué en 2015 une licence 3G/4G à MTN Cameroun à 125 millions d’euros pour une durée de 15 ans.

Les gouvernements et opérateurs ont aujourd’hui l’opportunité de fonder leurs négociations et décisions sur des éléments plus rationnels que par le passé. Ils disposent désormais de données et statistiques détaillées sur la rentabilité de l’exploitation d’une licence de téléphonie mobile et l’industrie des télécoms de façon générale pour permettre des décisions efficaces en matière de tarification des licences.

Dans ce contexte, des méthodes plus rigoureuses de calcul des prix de licence sont à la disposition des régulateurs et gouvernements. La sélection d’une méthode en particulier relève de l’arbitrage voulu entre, d’une part, la précision et la rationalité économique de la méthode, et, d’autre part, sa simplicité de construction.

Une méthode rationnelle de fixation du prix d’une licence télécoms

De façon théorique, trois objectifs peuvent être poursuivis par les Etats dans la détermination du prix des licences télécoms :

1) fixer un prix permettant de maximiser les recettes de l’Etat : les licences payées par les opérateurs permettent aux Etats de disposer de recettes non négligeables pour leur budget annuel ;
2) fixer un prix permettant de favoriser les investissements et les innovations des opérateurs : le titulaire de la licence ne doit pas être pénalisé dans ses investissements qui permettent d’assurer l’accessibilité technique des télécoms sur le territoire ;
3) fixer un prix de licence permettant d’avoir des tarifs faibles sur les marchés de détail : le titulaire de la licence doit offrir aux consommateurs des services à des prix abordables (accessibilité tarifaire).

« Une analyse des données empiriques sur les prix des services télécoms en Afrique Subsaharienne permettent déjà de montrer qu’il n’existe pas de lien entre le niveau des prix de licence et le caractère abordable des tarifs » précise Sebastien Douguet, économiste chez Microeconomix. « En effet, dans certains pays comme le Sénégal ou le Burkina Faso, le poids des dépenses télécom dans le panier des ménages dépasse 20% alors même que les prix de licence y sont très bas (inférieurs à 5 millions d’euros). A l’opposé, des pays comme le Ghana et le Nigeria sont caractérisés par un poids modéré des dépenses télécom malgré des prix de licence élevés. Fixer des prix de licence faibles ne garantit pas d’avoir des tarifs faibles aux consommateurs. »

Les objectifs de l’Etat dans la fixation des prix des licences se résument alors en la maximisation de recettes de l’Etat et l’accessibilité technique des services télécoms. Autrement dit, la fixation d’un prix optimal de licence doit répondre à l’optimisation suivante : le prix doit permettre de maximiser les recettes de l’Etat sous contrainte que l’impact sur la rentabilité du titulaire de la licence soit raisonnable, c’est-à-dire que sa rentabilité lui permette toujours de réaliser les investissements et innovations nécessaires. Pour développer un tel modèle de calcul du prix optimal d’une licence, Microeconomix, dans le cadre d’une de ses missions récentes en Afrique de l’Ouest, a ainsi modélisé la rentabilité d’un opérateur sur la durée de la licence future et a étudié l’impact du prix de la licence sur cette rentabilité.

Sidy Diop, Vice-président, et Sebastien Douguet, Economiste chez Microeconomix

(Source : Agence Ecofin, 19 août 2015)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4898/5310 Régulation des télécoms
  • 383/5310 Télécentres/Cybercentres
  • 3715/5310 Economie numérique
  • 1928/5310 Politique nationale
  • 5147/5310 Fintech
  • 551/5310 Noms de domaine
  • 3023/5310 Produits et services
  • 1584/5310 Faits divers/Contentieux
  • 782/5310 Nouveau site web
  • 5310/5310 Infrastructures
  • 1754/5310 TIC pour l’éducation
  • 195/5310 Recherche
  • 265/5310 Projet
  • 4464/5310 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1875/5310 Sonatel/Orange
  • 1670/5310 Licences de télécommunications
  • 306/5310 Sudatel/Expresso
  • 1066/5310 Régulation des médias
  • 1377/5310 Applications
  • 1112/5310 Mouvements sociaux
  • 1774/5310 Données personnelles
  • 136/5310 Big Data/Données ouvertes
  • 625/5310 Mouvement consumériste
  • 391/5310 Médias
  • 674/5310 Appels internationaux entrants
  • 1880/5310 Formation
  • 100/5310 Logiciel libre
  • 2322/5310 Politiques africaines
  • 1061/5310 Fiscalité
  • 185/5310 Art et culture
  • 649/5310 Genre
  • 1850/5310 Point de vue
  • 1082/5310 Commerce électronique
  • 1541/5310 Manifestation
  • 353/5310 Presse en ligne
  • 132/5310 Piratage
  • 229/5310 Téléservices
  • 1022/5310 Biométrie/Identité numérique
  • 329/5310 Environnement/Santé
  • 386/5310 Législation/Réglementation
  • 458/5310 Gouvernance
  • 2012/5310 Portrait/Entretien
  • 159/5310 Radio
  • 916/5310 TIC pour la santé
  • 310/5310 Propriété intellectuelle
  • 63/5310 Langues/Localisation
  • 1112/5310 Médias/Réseaux sociaux
  • 2075/5310 Téléphonie
  • 222/5310 Désengagement de l’Etat
  • 1062/5310 Internet
  • 121/5310 Collectivités locales
  • 548/5310 Dédouanement électronique
  • 1248/5310 Usages et comportements
  • 1085/5310 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 606/5310 Audiovisuel
  • 3312/5310 Transformation digitale
  • 416/5310 Affaire Global Voice
  • 167/5310 Géomatique/Géolocalisation
  • 360/5310 Service universel
  • 726/5310 Sentel/Tigo
  • 207/5310 Vie politique
  • 1708/5310 Distinction/Nomination
  • 36/5310 Handicapés
  • 736/5310 Enseignement à distance
  • 788/5310 Contenus numériques
  • 656/5310 Gestion de l’ARTP
  • 186/5310 Radios communautaires
  • 1902/5310 Qualité de service
  • 456/5310 Privatisation/Libéralisation
  • 135/5310 SMSI
  • 493/5310 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2820/5310 Innovation/Entreprenariat
  • 1410/5310 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5310 Internet des objets
  • 183/5310 Free Sénégal
  • 690/5310 Intelligence artificielle
  • 221/5310 Editorial
  • 29/5310 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous