Liberia : 50 millions de dollars de la Banque mondiale pour la transformation numérique
mercredi 10 juin 2026
Les autorités libériennes intensifient leurs efforts en matière de transformation numérique. Une feuille de route couvrant la période jusqu’en 2029 a été présentée plus tôt cette année.
Le Liberia est sur le point d’obtenir un financement de 50 millions de dollars de la Banque mondiale pour soutenir sa transformation numérique. Cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités de faire du digital un levier de développement socio‑économique.
Ce financement fait partie de trois accords conclus la semaine dernière avec l’institution de Bretton Woods, pour un montant total de 125 millions de dollars. Outre le numérique, ces accords couvrent également les infrastructures routières et l’accès à l’électricité.
Le volet numérique s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du Programme d’intégration numérique régionale en Afrique de l’Ouest (WARDIP 2), mis en œuvre au Liberia, au Bénin et en Sierra Leone. Il vise à renforcer la cybersécurité, soutenir la gouvernance numérique, promouvoir l’innovation et l’entrepreneuriat, et créer des opportunités dans le commerce électronique ainsi que les systèmes de paiement numériques.
Selon Augustine Kpehe Ngafuan, ministre des Finances et de la Planification du développement, cette initiative contribuera à réduire la fracture numérique au Liberia, tout en offrant aux jeunes et aux entreprises de nouvelles perspectives au sein de l’économie numérique.
Un programme aux ambitions régionales élargies
Dans le détail, le WARDIP 2 couvre plusieurs axes d’intervention dans les pays concernés. Il prévoit d’abord un renforcement de l’environnement réglementaire du secteur numérique, notamment en matière de gestion du spectre des fréquences et de gouvernance de l’Internet.
Le programme comprend également des investissements destinés à améliorer la connectivité régionale, à travers le développement de systèmes de câbles sous‑marins et de stations d’atterrissement au Liberia, au Bénin et en Sierra Leone. Des solutions alternatives de connectivité sont aussi envisagées afin de renforcer la résilience des infrastructures numériques.
Le WARDIP 2 met par ailleurs l’accent sur la cybersécurité et la protection des données. Il prévoit le renforcement des capacités institutionnelles dans ces domaines, ainsi que le déploiement d’infrastructures numériques stratégiques, notamment des solutions de cloud souverain et des projets pilotes liés à l’intelligence artificielle (IA).
Enfin, le programme ambitionne de dynamiser l’économie numérique à travers le développement des compétences digitales, le soutien aux start‑up, l’extension des infrastructures de paiement numérique et la mise en œuvre de réformes favorables au commerce électronique. Une attention particulière est accordée à l’inclusion des femmes et des populations mal desservies, afin de garantir une transformation numérique plus inclusive.
Une transformation numérique encore en construction
Ce programme intervient dans un contexte où la transformation numérique du Liberia en est encore à ses débuts, malgré les efforts engagés par les autorités. Selon le Département des affaires économiques et sociales des Nations unies (DAES), le pays se classe 47ᵉ sur 54 en Afrique et 182ᵉ sur 193 dans le monde en matière de développement de l’e‑gouvernement en 2024. Il a obtenu un score de 0,2513 sur 1, en dessous des moyennes africaine et mondiale.
De son côté, l’Union internationale des télécommunications (UIT) place le Liberia dans l’avant‑dernier palier de son « Global Cybersecurity Index 2024 ». Le pays enregistre des performances relativement correctes en matière de cadre réglementaire et de coopération. Toutefois, il reste en retrait en ce qui concerne les mesures techniques, organisationnelles et de développement des capacités.
En 2024, l’UIT a aussi attribué au Liberia un score de 37,1 sur 100 en matière de développement des TIC, le classant 36ᵉ sur 47 pays africains évalués. Selon la même source, la couverture des réseaux 2G et 3G atteignait 85,4 % de la population en 2023, contre 80 % pour la 4G. Les taux de pénétration de la téléphonie mobile et de l’Internet s’établissent respectivement à 59 % et 23,5 %.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 10 juin 2026)
OSIRIS