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Les TIC à la rescousse de la croissance économique : L’internet et le téléphone pour endiguer la pauvreté

jeudi 30 juin 2011

Economie numérique

Une étude rendue publique par Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) montre que les Nouvelles technologies peuvent être un rempart efficace contre la pauvreté. Dans la mesure où avec internet, on peut créer des milliers d’emplois pour une jeunesse qui a du mal à s’insérer dans le marché du travail.

Le professeur Abdoulaye Diagne du Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) est formel : les Nouvelles technologies de l’information et de la communication sont devenues incontournables dans la lutte contre la pauvreté. Se fondant sur l’environnement des entreprises actuellement, il considère que les industries classiques telles que l’aciérie, les minerais n’emploient plus. Et sans emplois, pas de croissance économique. Aujourd’hui, dit-il, nous assistons à l’émergence de l’économie du savoir. Par conséquent, les gens sont obligés de miser sur leurs cerveaux pour concevoir de nouveaux programmes. Afin de recréer le monde.

« Ce que les Ntic peuvent offrir en termes d’emplois, les autres secteurs ne peuvent pas le faire. En plus, dans un pays comme le Sénégal à dominance jeunes, l’internet offre des possibilités inimaginables », constate Abdoulaye Diagne. Selon lui, il se trouve qu’avec internet, il y a énormément de choses qu’on peut faire pour booster les emplois. Toutefois, poursuit-il, il faut une solide formation à la base des usagers. « Si on n’a pas la formation nécessaire, l’utilité des nouvelles technologies n’aura aucune raison d’être », indique-t-il.

Outre la création d’emplois, Abdoulaye Diagne estime que les Ntics peuvent aussi être utilisées dans d’autres secteurs comme dans le domaine financier. Histoire de contourner l’absence des banques en milieu rural. Mieux encore, avec les Ntics les paysans peuvent connaître les lois du marché international au même titre que le trader qui se trouve à la bourse de New York ou de Londres.

« On peut développer de vrais métiers autour d’internet. Il est possible de faire des Tics une vraie industrie », dit-il. Abdoulaye Diagne s’exprimait au cours d’un séminaire de restitution dont le thème portait sur : « Technologie de l’information et de la communication, Croissance économique et pauvreté ».

Dans l’étude, on apprend qu’il y a une très forte pénétration des technologies de l’information dans la société sénégalaise. Toutefois, les technologies dites modernes, notamment l’Internet, n’ont pas suffisamment pénétré les très petites entreprises, surtout si elles évoluent dans le secteur informel. Les taux d’accès les plus élevés dans ces très petites entreprises sont ceux enregistrés dans les très petites entreprises opérant dans le secteur des services.

De même, l’analyse montre que ce sont la localisation géographique de l’entreprise, le niveau d’instruction du chef d’entreprise, l’expérience du chef d’entreprise, son chiffre d’affaires et son secteur d’activité qui se révèlent être les déterminants clés de l’accès des très petites entreprises aux Tic. En conséquence, une meilleure promotion de l’utilisation des Tic au sein des entreprises suppose des politiques aptes à faciliter l’accès des micro entrepreneurs aux facteurs techniques (en particulier l’électricité).

Autre chose révélée par l’étude, c’est que le développement n’est pas linéaire. Dans la mesure où paradoxalement comparée à l’Europe, l’Afrique est le continent où il y a beaucoup plus de personnes qui détiennent un téléphone portable. On estime d’ailleurs le chiffre à 400 millions d’usagers. « Les Africains ont montré que la communication était aussi importante que la satisfaction des besoins de base à savoir manger et se vêtir correctement », souligne un panéliste.

Papa Ismaila Keïta

(Source : L’As, 30 juin 2011)

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