OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2024 > Les médias face aux nouvelles exigences : Adaptation, collaboration, innovation

Les médias face aux nouvelles exigences : Adaptation, collaboration, innovation

jeudi 22 août 2024

Point de vue

Une entreprise de presse est bien plus qu’une simple entité productrice et pourvoyeuse de contenus. Elle incarne une mission d’informer, d’éclairer les débats, de renforcer la démocratie et de divertir sainement. Cependant, pour survivre et prospérer dans un environnement médiatique de plus en plus compétitif, une entreprise de presse doit aussi être gérée comme un business. Cette réinvention implique une gestion efficace des ressources, une innovation constante pour attirer et fidéliser son audience, ainsi que la diversification des sources de revenus pour générer des profits.

De ma courte expérience en tant que journaliste et responsable des supports digitaux de médias privés comme publics, mon constat est que si les médias sénégalais en sont arrivés à cette situation de crise, la cause est à chercher bien au-delà du problème de fiscalité.

Certaines entreprises de presse ont adopté une posture statique, sans vision proactive ni capacité d’adaptation dans un écosystème en perpétuel mouvement. Un écosystème où les habitudes de consommation ont presque fondamentalement changé. D’autres acteurs ont intégré le secteur et les annonceurs se sont tournés vers des canaux qu’ils pensent capables de toucher une plus large audience sans passer à la boutique des médias classiques.

La situation des quotidiens Stades et Sunulamb m’attriste profondément. Contrairement à ce que certains peuvent penser, ces médias n’étaient pas de simples ramassis de copié-collé. Ils représentaient le travail de journalistes talentueux qui y imprimaient leur signature singulière. Les colonnes de ces journaux étaient souvent le lieu de découvertes et d’analyses précieuses. Malheureusement, ils n’ont pas réussi à se réinventer dans un contexte en constante mutation, en perpétuelle évolution.

C’est d’autant plus douloureux de constater que d’autres médias hors de nos cieux avec un environnement plus compétitif ont su se réinventer avec succès.

Si la question est financière, alors c’est précisément à cela que devrait servir le Fonds d’appui au développement de la presse : soutenir l’innovation et la créativité. C’est là où se cherche la clef de son développement, justement. En fait, peut-être devrions-nous même renommer cette aide par « Appui à l’innovation et à la créativité ».

Les médias sénégalais, comme d’autres à travers le monde, ne sont pas seuls dans cette situation. La plupart des médias internationaux présents en Afrique bénéficient également de financements d’organismes et d’ONG pour aborder des thématiques spécifiques correspondant à leurs agendas.

Il y a six ans, j’ai eu la chance de participer à une belle aventure : le lancement du groupe Emedia. Avec une équipe jeune et dynamique, nous avions su adopter une approche innovante pour renforcer la présence en ligne des médias. Sur le plan digital, notre objectif premier n’était pas de générer des revenus immédiats, mais de nous positionner solidement dans un environnement hyper concurrentiel. Nous avons réussi ce pari, mais il était ensuite nécessaire de franchir une nouvelle étape, qui nécessitait surtout un investissement dans le capital humain.

Le premier goulot d’étranglement dans les médias réside souvent dans les directions des ressources humaines, à considérer qu’elles existent par ailleurs. La gestion du talent et le développement des compétences des équipes, l’optimisation des coûts de personnel et la projection à long terme dépendent en grande partie d’une politique RH alignée sur les objectifs stratégiques de l’entreprise. Emedia avait et a toujours du potentiel, mais la suite de l’histoire, vous la connaissez…

Après cela, j’ai rejoint la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), où le défi était tout autre. Trois ans plus tard, beaucoup me demandent comment je réussis à « gérer » dans l’environnement de la RTS. Il faut dire que certains considèrent la RTS comme une vieille institution avec de terribles lourdeurs et d’innommables goulots d’étranglement. Comme dans toute entreprise publique, proposer des solutions novatrices ou briser les habitudes établies n’est pas toujours bien perçu. Cependant, la RTS est remplie d’esprits brillants et passionnés ; grâce à eux, nous avons pu obtenir des résultats, surtout avec l’accompagnement et la confiance de la hiérarchie.

Avec une stratégie bien définie, nous avons pu relever plusieurs défis en trois années. Certains m’ont marqué plus que d’autres. Mais aujourd’hui, au-delà de la forte présence de la RTS sur la toile, pouvoir dire que nous avons multiplié par 100 les revenus digitaux est une réussite majeure, tout en sachant que nous n’avons pas encore atteint 10 % de l’exécution de nos potentialités. Si nous avons réussi l’exploit, c’est grâce à la collaboration entre plusieurs directions, qui a permis d’optimiser les ressources, d’aligner les objectifs, de stimuler l’innovation et d’améliorer l’efficacité.

Malheureusement, dans les entreprises de médias, cette collaboration est souvent insuffisante, chaque département travaillant en vase clos. Puis, les postes clés sont souvent occupés par des journalistes expérimentés, certes, mais ceux-là n’ont pas toujours de compétences en marketing, en gestion des ressources ou en finances.

Un autre problème majeur auquel les entreprises de média sont confrontées est leur réticence à la collaboration. Aujourd’hui, le secteur des médias est fortement influencé par les technologies. Pour rester compétitifs, les médias doivent non seulement se tenir au courant des nouvelles tendances, mais aussi collaborer avec des entreprises ou des startups innovantes dans le domaine. Cette ouverture est cruciale pour répondre aux exigences de performance actuelles.

À la RTS, j’ai eu la chance de collaborer avec des champions locaux tels qu’ACAN, BEUZ PRO et REFLEX. Leur expertise a véritablement enrichi nos projets et apporté une valeur ajoutée significative.

On parle maintenant beaucoup de digitalisation des médias, souvent réduite à une simple présence sur les réseaux sociaux. Cependant, la véritable transformation relève d’un changement de mentalité qui concerne tous les acteurs du secteur. Nous discutons également des défis posés par l’intelligence artificielle (IA) et des risques associés aux métiers du secteur. En effet, de nombreux processus sont ou seront automatisés, mais le changement est constant. Ceux qui initient et anticipent ces évolutions seront en première ligne.
Les opportunités sont nombreuses, mais elles dépendent de la maîtrise de sa cible et d’une approche territoriale adaptée. Dans le marché actuel de l’économie de l’attention, les médias n’ont plus le monopole. Il est essentiel donc de faire preuve de créativité pour se démarquer.

Mamadou DIAGNE
Journaliste – Chef Cellule Digitale RTS

(Source : Social Net Link, 22 août 2024)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4627/5210 Régulation des télécoms
  • 365/5210 Télécentres/Cybercentres
  • 3661/5210 Economie numérique
  • 1928/5210 Politique nationale
  • 5015/5210 Fintech
  • 552/5210 Noms de domaine
  • 2889/5210 Produits et services
  • 1548/5210 Faits divers/Contentieux
  • 793/5210 Nouveau site web
  • 5210/5210 Infrastructures
  • 1730/5210 TIC pour l’éducation
  • 200/5210 Recherche
  • 257/5210 Projet
  • 4359/5210 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1843/5210 Sonatel/Orange
  • 1644/5210 Licences de télécommunications
  • 299/5210 Sudatel/Expresso
  • 1014/5210 Régulation des médias
  • 1356/5210 Applications
  • 1162/5210 Mouvements sociaux
  • 1758/5210 Données personnelles
  • 132/5210 Big Data/Données ouvertes
  • 618/5210 Mouvement consumériste
  • 387/5210 Médias
  • 679/5210 Appels internationaux entrants
  • 1961/5210 Formation
  • 99/5210 Logiciel libre
  • 2252/5210 Politiques africaines
  • 1049/5210 Fiscalité
  • 172/5210 Art et culture
  • 614/5210 Genre
  • 1924/5210 Point de vue
  • 1049/5210 Commerce électronique
  • 1544/5210 Manifestation
  • 343/5210 Presse en ligne
  • 138/5210 Piratage
  • 215/5210 Téléservices
  • 961/5210 Biométrie/Identité numérique
  • 314/5210 Environnement/Santé
  • 406/5210 Législation/Réglementation
  • 424/5210 Gouvernance
  • 2014/5210 Portrait/Entretien
  • 155/5210 Radio
  • 815/5210 TIC pour la santé
  • 309/5210 Propriété intellectuelle
  • 68/5210 Langues/Localisation
  • 1117/5210 Médias/Réseaux sociaux
  • 2110/5210 Téléphonie
  • 221/5210 Désengagement de l’Etat
  • 1055/5210 Internet
  • 133/5210 Collectivités locales
  • 502/5210 Dédouanement électronique
  • 1255/5210 Usages et comportements
  • 1084/5210 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 582/5210 Audiovisuel
  • 3292/5210 Transformation digitale
  • 402/5210 Affaire Global Voice
  • 165/5210 Géomatique/Géolocalisation
  • 327/5210 Service universel
  • 704/5210 Sentel/Tigo
  • 194/5210 Vie politique
  • 1647/5210 Distinction/Nomination
  • 37/5210 Handicapés
  • 720/5210 Enseignement à distance
  • 735/5210 Contenus numériques
  • 639/5210 Gestion de l’ARTP
  • 187/5210 Radios communautaires
  • 1954/5210 Qualité de service
  • 457/5210 Privatisation/Libéralisation
  • 139/5210 SMSI
  • 477/5210 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2817/5210 Innovation/Entreprenariat
  • 1392/5210 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5210 Internet des objets
  • 182/5210 Free Sénégal
  • 762/5210 Intelligence artificielle
  • 232/5210 Editorial
  • 24/5210 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous