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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2006 > Août > Les jeunes dans les cybercafés : Entre drague, frime et quête du savoir

Les jeunes dans les cybercafés : Entre drague, frime et quête du savoir

lundi 28 août 2006

Usages et comportements

Internet, moyen d’acquisition de connaissances et d’informations, n’est plus uniquement réservé aux adultes. A Dakar, dans les cybercafés, on constate de plus en plus une grande affluence des jeunes pour une utilisation du Net à des fins diverses.

La porte entr’ouverte, pas un seul bruit, une concentration absolue, dans le cybercafé. Les climatiseurs donnent de l’air à peine plus frais que celui du dehors. Ibrahima, 17 ans, deux écouteurs enfoncés dans les oreilles, a le regard fixé sur l’écran protégé d’un filtre. Pour cet élève, la préoccupation est de chercher des informations et des connaissances sur le net. « Néanmoins, je profite de chaque connexion pour discuter en ligne avec mes amis, une façon de me distraire, car nous avons formé une véritable bande de potes », nous confie notre interlocuteur. Cela ne semble pas être le cas de Mourade. Habillé en jeans, ce jeune frigoriste est un accro de la toile. Car pour lui, c’est l’un des moments privilégiés pour s’isoler avec Eva. Pseudonyme d’une fille dont il a fait la connaissance dans un chat-room (ou un forum de discussions en ligne). Une relation sincère est née de leur commune passion pour l’informatique et aujourd’hui, Mourade se prend pour le jeune homme le plus comblé de la terre.

« Internet est un moyen de distraction qui m’a permis de connaître une fille du nom de Eva qui habite Kaolack. Nous nous sentons si proches maintenant que, je suis le premier à avoir été informé du décès de son père », raconte le jeune garçon. Tout à coup, son portable sonne et l’on peut y lire un texto qui dit en substance : « chéri, c’est Eva, appelle-moi ». Et le bonhomme de se fendre d’un sourire large : « Avec Eva, j’ai une vraie copine ». Babacar lui ne croit du tout à ce qu’il appelle « l’amour impossible ». Selon le jeune homme, on ne peut pas tomber amoureux en quelques secondes, d’une personne quasi-virtuelle. Un point de vue que ne semble partager bon nombre de personnes qui ont entretenu des relations par Internet ayant abouti à un mariage.

C’est le cas de ce couple P. S. et de A. M. trouvés chez eux au quartier Hlm. Un couple très souriant, assis dans leur salon chiquement décoré. Le mari, d’un ton taquin, avoue avoir connu son épouse sur Internet. « P. S. et moi, on s’est connu à travers Internet et de la passion qui nous a uni est né ce mignon petit ange, une fille qui vient d’avoir juste un an et deux mois. Nous ne regrettons pas de nous être mariés », laissent entendre P. S. et A. M. 

Mais, contrairement au bonheur de ce couple, beaucoup d’échec ou de déceptions ont également envahi le champ des amours à distance. Certains jeunes, des filles aussi bien que les garçons sont obsédés par l’émigration, la découverte de l’Occident. Ce qui les pousse surtout à chercher des partenaires étrangers à travers Internet.

« Les hommes sénégalais ne peuvent pas me donner tout ce dont j’ai besoin, ils n’ont pas assez d’argent. C’est la raison pour laquelle chaque jour, je suis sur le Tchat. Cela, afin de trouver chaussure à mon pied », souligne cette jeune fille au teint clair, regard attirant, habillée en minijupe qui laisse briller tout l’éclat de ses jambes. Une véritable liane.

Parmi ces internautes à la recherche de partenaires étrangers, Diomaye. Un jeune footballeur évoluant dans une Asc de la place, à qui la chance a souri. En surfant sur Internet, Diomaye est tombé sur une Portugaise avec qui il sort pendant six mois. Cependant, le jeune homme n’a pas tenu parole. Il a attendu jusqu’à ce que sa supposée fiancée portugaise lui envoie un billet plus une invitation pour la fausser. Car arrivé au Portugal, le fameux footballeur disparaît dans la nature, sans que la fiancée n’ait le loisir d’embrasser, au moins du regard, son ailier gauche.

Usages et utilités diverses

Pour les jeunes garçons, Internet est devenu une affaire de mode qui branche également les petits enfants. Accompagné de sa maman, « bébé Papis », comme elle l’appelle, vient au cybercafé pour jouer. « Il exige d’aller tous les jours au cybercafé, afin qu’il entre dans les sites d’enfants », affirme la dame. Si, cette dernière vient au cybercafé pour les besoins de son enfant, c’est le contraire pour cet homme. D’ailleurs, il est un des rares cas de personnes de son âge. La cinquantaine, monsieur à la corpulence moyenne, habillé légèrement, cigarette à la main, ne donne pas son âge. « Je viens seulement surfer pour avoir des connaissances sénégalaises comme étrangères, parce qu’il y en à gogo. Pour être plus clair, je dirais que je viens me rincer les yeux, car il y a de très jolies filles sur le Net et de tous les goûts. Moi, je m’assume », affirme ce célibataire rencontré à Castors. Si certains parviennent à faire le plein de fantasmes sur le Net, d’autres par contre s’y rendent pour gérer leur nostalgie. Vêtue d’un pantoufle collé à ses jambes fuselées, un check-down qui laisse la moitié de ses dessous au dehors et un haut minuscule, Fatou, étudiante en Comptabilité, dit venir au cybercafé, chaque fois qu’elle a le temps pour parler à son mari travaillant en France.

En parlant de mise, sur Internet, les sites de films sont souvent prisés par les jeunes filles pour s’intéresser au look, à la sape de leurs vedettes. Elles s’intéressent à ce que portent les actrices et les acteurs pour pouvoir, le lendemain, aller chez un tailleur et se mettre dans l’air du temps « C’est Ruby qui m’amène au cybercafé : ses habits, comment elle arrive à avoir tous les hommes qu’elle désire », cet avis est partagé par un groupe de filles croisées aux Hlm.

Arnaque et fantasme Le vacancier anonyme

De nos jours, il est de plus en plus courant de communiquer facilement et d’une manière rapide avec une personne à l’autre bout du monde, de vendre un article à un client inconnu, de transférer de l’argent sans transiter par un guichet de banque, de passer un examen d’école sans y mettre les pieds, de consulter un malade sans le toucher, d’écouter le dernier tube d’une star de la musique, grâce à la vitesse d’un clic. La science informatique, avec l’Internet, a atteint un niveau des plus sophistiqués. Mais, revers de la médaille, on y découvre dans la toile, le meilleur comme le pire.

Sur l’Internet, les mauvaises surprises peuvent être d’ordre financière, sentimentale, criminelle, ou... sexuelle. En effet, la toile est devenue aujourd’hui repère de grosses arnaques, de faux séminaires, de faux diplômes, de fausses marques de produits. Bref, on ne sait plus, à l’autre bout de la connexion, à qui on a affaire. L’on entend souvent des histoires rocambolesques à propos d’Internet. Des personnes y sont flouées à coup de millions de francs, des maniaques sexuels kidnappent des enfants appâtés grâce au Tchat, ces salons de dialogue ouverts sur le net et accessibles à tous. Si les pédophiles s’échangent discrètement des images d’enfants filmés ou photographiés nus, des incrédules sont, eux, souvent floués par une nymphe photographiée dans des positions les plus lascives pour attiser les fantasmes d’hommes en quête d’aventures sexuelles. Aujourd’hui, Internet reste un grand marché ouvert, pour le plus petit au plus grand.

Il suffit de rester connecté avec une personne durant quelques minutes pour connaître, si elle n’est pas prudente, sa situation sociale, son adresse, ses fantasmes, ses désirs. Et si l’on est animé de mauvaises intentions, vous voilà en possession d’éléments permettant de ferrer son interlocuteur. Sans censure et souvent sans possibilité de contrôle, la science de l’informatique est détournée par des insoucieux et de grands bandits pour assouvir leurs fantasmes et leurs objectifs des plus malsains.

On reçoit souvent dans sa boîte des mails du genre : « Je suis le seul héritier des millions de francs Cfa que mon père m’a laissé et je voudrais transférer cet argent dans votre compte bancaire pour plus de sécurité » ou « Je recherche un copain avec qui partager mon appartement hérité de mes parents à Montréal » ou encore « Nous organisons un séminaire pour les enfants défavorisés au Canada. Nous recherchons des candidats pour former des délégations de pays africains. Il faut remettre 1500 dollars pour recevoir une invitation... », etc. Les combines et les formules sont habiles et nombreuses. Comme toute invention de l’homme, l’Internet est ainsi détourné de son utilité première. Fini le temps de l’émerveillement devant l’outil des NTIC. Le temps de l’arnaque et du fantasme est bien là...

Les parents n’y voient que du feu

L’utilisation d’Internet interpelle presque toutes les consciences avec acuité. Malheureusement, certains chefs de famille ne le comprennent pas. Il est vrai qu’il est difficile de leur jeter la pierre. Tout simplement, car ils ne sont pas au fait de la chose informatique.

Les parents donnent de l’argent à leurs enfants sans pour autant savoir ce qu’ils en font. Certains même sont fiers, surtout les mamans, du fait que leurs enfants fréquentent les cybercafés, alors qu’elles n’y connaissent rien. N’étant pas conscients des contacts que peuvent avoir ces jeunes en consultant les sites peu recommandables. Ces sites, roses, permettent le contact en ligne. « Ma fille me demande toujours de l’argent pour aller au cybercafé. Je n’y vois aucune anomalie parce que je pense tout simplement que c’est dans le cadre de ses études », déclare cette maman assise sur une natte en train de trier le mauvais grain du riz. Elle n’est pas la seule qui semble être désintéressée par les préoccupations de sa progéniture au cybercafé.

« J’offre de l’argent à ma fille chaque fois qu’elle me le demande. Elle me dit qu’elle s’y rend pour regarder Ruby (un feuilleton qui passe à la télévision). Je ne refuse pas, car c’est à la mode. Et je préfère qu’elle aille au cyber plutôt que de se rendre à la plage ou errer », affirme une autre croisée aux abords d’un marché, panier à la main.

D’autres, par contre, restent plus vigilants et surveillent. « Je n’interdis pas mes enfants d’y aller, mais je les accompagne », a laissé entendre, chapelet à la main, M. Ndiaye, qui vogue à contre-courant. « Je suis catégorique, mes enfants n’osent pas me demander la permission d’aller surfer. J’ai installé Internet chez moi, question d’avoir un œil sur ce qu’ils regardent », dit un autre père de famille. Selon lui, Internet est nécessaire, mais il faut essayer de canaliser les enfants. Dans la même optique, Zaccaria estime qu’il faut inculquer certaines bonnes habitudes aux enfants...

Les gérants veillent plus sur leur gain ...

L’accès à Internet est devenu possible par le biais des multiples cybercafés installés dans les coins et recoins de la ville. Cependant, ils accueillent toutes les catégories d’âge confondues et l’heure de fréquentation diffère. Si, pour les adultes, l’heure idéale est de 9h jusqu’à 12h, les jeunes eux préfèrent le soir à partir de 18h, et au-delà.

« Interdiction d’accès aux sites pornographiques », au premier coup d’œil, l’on est frappé par cette affiche. D’après le gérant, il n’est pas respectueux de voir certaines choses. « Lorsque je vois que quelqu’un est entré dans un site pornographique, j’éteins la machine à mon niveau, poursuit Ouzin. S’il y a des gens qui luttent contre la dépravation des mœurs, M. Mbodj en est un exemple. Lui qui est allé jusqu’à fermer son cybercafé pour l’unique raison d’interdire les sites porno. Explication de ce gérant doublé de technicien : « j’ai ouvert deux cybercafés, un pour les adultes, un autre pour les jeunes. Lorsque j’ai su que les jeunes entraient dans ces sites interdits, je l’ai fermé ».

Dans ce cybercafé de Liberté 6, nous trouvons un groupe composé essentiellement de jeunes. Ici, la devise : « bope sa bope », comme pour dire chacun pour soi. Cette expression relève d’un gérant qui s’occupe de l’argent. Son espace divisé en boxes, ce cybercafé offre une totale liberté pour les usagers. Ce qui favorise la venue massive de visiteurs. « Je ne m’occupe pas de ce que font mes clients. D’ailleurs les boxes le confirment », nous dit le gérant. Internet, grâce à ces cybercafés, est accessible à tous de nos jours. Puisque nous n’en sommes pas encore arrivés aux filtres ou restrictions comme la Chine, l’Arabie saoudite, la Corée du Nord. Des pays qui ont opté pour la censure.

KHOYANE DIOUF

(Source : Le Soleil, 28 août 2006)


Grâce à Internet, il a vécu un conte de fée

Rencontré dans un cybercafé, quelque part à Dakar, A.D. est de la tranche des 25-35 ans. Il pianotait fiévreusement sur les touches de son clavier. Dès que nous l’abordons, il semble visiblement décontenancé. Les yeux rivés sur l’écran, il envoie un message et s’excuse auprès de son interlocuteur. Il est devenu un inconditionnel d’Internet depuis six ans. Un drogué même. Il discutait avec sa copine qu’il a rencontrée dans un Tchatroom (site de discussion en ligne), très célèbre, mais fermé de nos jours.

C’est au fil des apartés (undercover) qu’ils ont échangé des informations. Ainsi, ils ont fait plus ample connaissance. Jusqu’au jour où les deux jeunes gens se sont rencontrés. Le jour du rendez-vous, chacun avait décrit à l’autre ce qu’il portait pour qu’ils puissent se reconnaître au premier coup d’œil. « Et elle était comme je me la représentais dans mon imagination », se souvient A. D. Un peu nostalgique, il confie qu’ils ont vécu une idylle jusqu’à ce que sa dulcinée soit envoyée en France par ses parents. Pour la contraindre justement à ne plus le voir.

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