Le Zimbabwe veut interdire les réseaux sociaux aux moins de 18 ans
mardi 10 mars 2026
Au Zimbabwe, 2,6 millions de personnes, soit 15,3 % de la population, utilisaient les réseaux sociaux en octobre 2025. Face aux enjeux liés à ces plateformes, les autorités envisagent de prendre des mesures pour mieux encadrer leur utilisation.
Les autorités zimbabwéennes prévoient de restreindre l’accès des moins de 18 ans aux réseaux sociaux, en l’occurrence Facebook, TikTok et Instagram, dans le cadre d’un plan national visant à renforcer la protection des enfants dans l’environnement numérique. C’est la ministre des Technologies de l’information et de la communication, Tatenda Mavetera, qui l’a dévoilé le dimanche 8 mars lors d’un discours dans la ville de Karoi.
L’initiative s’inscrit dans une réflexion plus large des autorités sur les risques liés à l’utilisation des plateformes en ligne par les mineurs. Selon elles, la mesure viserait notamment à limiter l’exposition des enfants à des contenus jugés inappropriés, mais aussi à lutter contre des phénomènes comme le cyberharcèlement, l’exploitation en ligne ou encore l’addiction aux réseaux sociaux.
Si les détails de la proposition restent encore à préciser, une telle restriction impliquerait probablement la mise en place de mécanismes de vérification de l’âge sur les plateformes numériques. Les entreprises exploitant des réseaux sociaux pourraient ainsi être amenées à renforcer leurs systèmes de contrôle afin d’empêcher l’accès aux utilisateurs mineurs.
« Nous travaillons actuellement sur une loi dans le domaine social, appelée Politique de protection des enfants en ligne, afin de protéger les plus jeunes. [..] Nous voulons protéger la jeune génération en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants qui n’ont pas atteint l’âge de la majorité, soit 18 ans », a indiqué la ministre.
Le projet intervient alors que plusieurs pays dans le monde cherchent à mieux encadrer l’utilisation des réseaux sociaux par les jeunes. Les autorités publiques s’inquiètent notamment de l’impact des contenus en ligne sur la santé mentale des adolescents, ainsi que des risques d’exposition à des contenus violents ou explicites.
Récemment, le Gabon a interdit l’accès aux réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre » en partie pour ces différentes raisons. Selon la Haute autorité de la communication du pays, les cas de cyberharcèlement coordonné, la divulgation non autorisée de données personnelles ou encore les pratiques considérées comme portant atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale se multiplient au sein de l’espace numérique gabonais. De plus, la modération des contenus illicites par ces plateforme est jugée insuffisante par les autorités.
Toutefois, une éventuelle interdiction suscite des débats. Certains observateurs estiment que les réseaux sociaux peuvent aussi constituer des outils d’apprentissage, d’information et d’expression pour les jeunes. Ils soulignent que la mise en œuvre d’une interdiction totale pourrait s’avérer complexe, notamment en raison des difficultés liées à la vérification de l’âge des utilisateurs.
Pour l’heure, les autorités du Zimbabwe n’ont pas encore annoncé de calendrier précis pour l’adoption d’une telle mesure. Le projet devrait toutefois alimenter les discussions sur la régulation des plateformes numériques et la protection des mineurs dans l’espace digital.
« Parallèlement à la mise en œuvre de la politique de protection des enfants en ligne, nous proposons également des programmes sur la manière dont les enfants utilisent les réseaux sociaux », a ajouté Tatenda Mavetera.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 10 mars 2026)
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