Le Tchad intègre le paiement numérique dans les opérations financières de l’État
vendredi 20 février 2026
A travers un accord conclu pour cinq ans avec les principaux opérateurs de mobile money du pays, le ministère des Finances tchadien officialise l’intégration du paiement numérique dans les flux de l’État. L’accord organise la collecte numérique des recettes et le paiement électronique des dépenses publiques.
Après une concertation avec les opérateurs de paiement mobile du Tchad, le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin, a procédé, mercredi 18 février, à la signature d’une convention-cadre avec Moov Money, Airtel Money, Konoom Mobile Money et Cashi-Tchad. Conclu pour 5 ans renouvelable, l’accord intègre le mobile money dans la collecte des recettes et le paiement des dépenses de l’État.
Un nouveau circuit pour les recettes et les dépenses
La convention organise d’abord la collecte numérique des recettes publiques. Les impôts, taxes douanières, redevances et autres paiements dus à l’État pourront être réglés par mobile money. Les montants collectés seront versés sur le portefeuille numérique du Trésor public, puis transférés vers les comptes du Trésor dans un délai maximal de 72 heures. Ce mécanisme vise à réduire la circulation du cash dans les administrations, à limiter les manipulations physiques de fonds et à renforcer la traçabilité des encaissements.
Le texte prévoit aussi le paiement numérique des dépenses publiques autorisées. Les salaires, primes, indemnités, pensions et certains frais de fonctionnement pourront être versés via mobile money. Cette modalité permet d’accélérer l’exécution des paiements et d’atteindre des bénéficiaires situés dans des zones où l’accès aux établissements bancaires reste limité. L’État élargit ainsi son canal de distribution des fonds publics en s’appuyant sur le réseau des opérateurs télécoms.
Encadrement financier
La convention encadre par ailleurs les aspects techniques et financiers du dispositif. Les commissions appliquées aux opérations varient selon la nature des transactions et selon la présence ou non d’infrastructures bancaires dans les localités concernées. Concernant le contrôle, l’accord prévoit plusieurs garde-fous : la confidentialité des informations, la propriété exclusive des données au profit de l’État, la possibilité d’audit à tout moment, ainsi qu’un système de pénalités en cas de manquement.
L’objectif est double : sécuriser les flux financiers et réduire les risques de fraude ou de détournement. Au-delà de l’aspect technique, la réforme engage une transformation structurelle de la gestion des finances publiques. La digitalisation des recettes améliore la visibilité sur les encaissements et facilite le suivi de la trésorerie. Elle peut contribuer à une meilleure prévision des flux et à une gestion plus fine des engagements de l’État.
Chamberline Moko
(Source : Agence Ecofin, 20 février 2026)
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