Le Sénégal se dote d’un nouveau régulateur des médias : le CNRA laisse place au CNRM
jeudi 8 janvier 2026
Un pas décisif vient d’être franchi pour la modernisation du paysage médiatique national. Le Conseil des ministres a adopté, ce mercredi, le projet de loi portant création du Conseil National des Régulation des Médias (CNRM). Cette institution succède au Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), en place depuis 2006, et en constitue une réforme profonde pour s’adapter aux défis du numérique.
L’annonce a été saluée par Habibou DIA, Directeur de la communication au Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique. « Un résultat en quelques mois qui illustre le travail acharné du Ministère », a-t-il déclaré, tout en adressant ses remerciements à toute l’équipe de la Direction de la communication, « pour l’engagement, le dévouement et les sacrifices », sans oublier les juristes et les acteurs de l’écosystème ayant contribué à ce résultat.
De la régulation de l’audiovisuel à la gouvernance de l’écosystème numérique
La réforme trouve son origine dans un constat d’obsolescence. Créé en 2006, le CNRA avait pour mandat principal la régulation de la radio et de la télévision. Or, en près de deux décennies, l’univers médiatique a été révolutionné par l’émergence des médias en ligne, des plateformes numériques et des créateurs de contenus.
« Le CNRM permet d’adapter la régulation à cette nouvelle réalité, en couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur de l’information et de la communication », explique Habibou DIA. La nouvelle autorité aura ainsi pour mission d’encadrer un espace public désormais hybride, où l’information circule aussi bien par les canaux traditionnels que par les réseaux sociaux.
Responsabilité étendue aux plateformes et créateurs de contenu
L’une des innovations majeures du texte est l’inclusion explicite des réseaux sociaux et des créateurs de contenu dans le périmètre de la régulation, dès lors qu’ils participent à la diffusion d’information auprès du public. « Lorsqu’ils participent à l’espace public de l’information, ils doivent être soumis à des principes de responsabilité, au même titre que les médias traditionnels, dans le respect des libertés fondamentales », précise le Directeur de la communication.
Cette disposition vise à instaurer un cadre équitable et à promouvoir une déontologie partagée, tout en garantissant la liberté d’expression. Elle répond aux préoccupations internationales concernant la désinformation, la protection des droits d’auteur et la responsabilité des diffuseurs en ligne.
Une gouvernance renouvelée par appel public à candidatures
Pour garantir l’indépendance et la légitimité de cette instance stratégique, le gouvernement a opté pour une procédure transparente de nomination. « Enfin, l’ensemble des postes, président et collège, seront soumis à un appel à candidatures », annonce Habibou DIA. Cette méthode, prônée par les standards de bonne gouvernance, doit permettre de sélectionner des personnalités compétentes et intègres, issues de divers horizons professionnels.
L’adoption du projet de loi en Conseil des ministres n’est que la première étape du processus. Le texte sera prochainement soumis à l’examen de l’Assemblée nationale pour adoption définitive. La mise en place effective du CNRM marquera alors l’avènement d’une nouvelle ère pour la régulation des médias, à la fois protectrice des libertés et adaptée aux réalités du XXIe siècle.
(Source : Social Net Link, 8 janvier 2026)
OSIRIS