Le Sénégal, le Togo et le Bénin se lancent ce vendredi
jeudi 23 avril 2026
Instrument juridique et technique majeur du processus d’intégration régionale engagé au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), le « roaming communautaire » ou « free roaming » va entrer en vigueur le vendredi 24 avril. La mise en oeuvre de ce dispositif est prévue entre le Sénégal, le Togo et le Bénin.
L’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp) vient d’annoncer la mise en oeuvre du « roaming communautaire » ou « free roaming » à partir du vendredi 24 avril entre le Sénégal, le Togo et le Bénin. Levier essentiel de l’intégration régionale et du développement du marché numérique en Afrique de l’Ouest, ce dispositif constitue l’un des instruments juridiques et techniques majeurs du processus engagé au sein de la Cedeao. Ceci afin de garantir la continuité et l’accessibilité des services de communications électroniques pour les usagers en situation de mobilité transfrontalière. La finalité est de créer entre tous les États une itinérance internationale gratuite des téléphones mobiles, permettant aux citoyens de se déplacer avec leurs téléphones sans payer de frais supplémentaires de « roaming ». Dans un document reçu, le mardi 21 avril, l’Artp explique que ce dispositif permet aux usagers se déplaçant dans un État membre de bénéficier des droits liés à la gratuité de la réception des appels en situation d’itinérance pendant 30 jours consécutifs, ainsi que de la facturation des appels émis sur la base des tarifs locaux applicables dans le pays visité, dans les conditions prévues par la réglementation en vigueur. En Afrique de l’Ouest, rappelle la source, ce projet d’intégration sous-régionale a été initié en 2016 à travers le protocole d’Abidjan. L’Association des régulateurs des télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (Artao) souhaitait, à travers ce programme, s’inspirer de l’exemple des pays de l’Afrique de l’Est (la Tanzanie, le Rwanda et le Soudan du Sud) qui ont lancé, au début de l’année 2015, l’initiative « One Area Network » (Oan) pour réduire le coût des appels et des Sms en itinérance dans leur sous-région. Le « roaming communautaire » s’inscrit dans la mise en oeuvre de l’initiative continentale dite du « Réseau africain unique » (One Network Africa), en cohérence avec les orientations stratégiques de l’Union africaine, notamment celles issues de l’Agenda 2063.
« Conformément au principe d’application effective des normes communautaires, les autorités nationales de régulation sont chargées de veiller à la mise en oeuvre du roaming communautaire sur leur territoire. À ce titre, des accords bilatéraux sont conclus, en l’espèce, entre autorités de régulation, afin de préciser les modalités techniques, tarifaires et opérationnelles applicables entre les États concernés », souligne la note de l’Artp.
Partage des infrastructures
Ces accords encadrent notamment les conditions d’interconnexion des réseaux, les niveaux de tarification de gros, mais aussi les modalités de partage des infrastructures et les mécanismes de règlement des différends entre opérateurs. En outre, dans le cadre du roaming communautaire, tout usager remplissant les conditions d’éligibilité bénéficie de garanties liées, entre autres, au droit à la gratuité des appels entrants en situation d’itinérance dans un État partenaire, au droit
à une tarification équivalente aux tarifs locaux pour les appels émis ainsi qu’au droit à une information claire, transparente et préalable. De leur côté, les opérateurs de communications électroniques sont tenus de se conformer aux obligations relatives à l’application
des tarifs réglementés conformément aux accords en vigueur, de garantir la transparence des offres et l’information des abonnés, et d’assurer l’interconnexion effective de leurs réseaux dans des conditions non discriminatoires.
Ibrahima Ba
(Source : Le Soleil, 23 avril 2026)
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