OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2025 > Le scandale de l’intelligence perdue : que deviennent les millions de (…)

Le scandale de l’intelligence perdue : que deviennent les millions de mémoires après soutenance ?

mercredi 3 décembre 2025

Point de vue

Chaque année, sur les campus africains, des milliers d’étudiants produisent ce qui pourrait devenir la plus grande base de données stratégique du continent. Ils passent des mois sur le terrain, dans les marchés, les villages, les administrations, les entreprises, à interroger, observer, analyser. Ils identifient des dysfonctionnements, des opportunités, des pistes de transformation. Ils construisent les premiers diagnostics que nos décideurs cherchent depuis des années.

Puis tout s’arrête à la soutenance.

Le mémoire est relié, remis au jury, noté… et immédiatement oublié. Archivé dans une bibliothèque que personne ne visite. Stocké sur un disque dur coincé dans un bureau. Déposé dans une étagère où la poussière finit par recouvrir l’intelligence.

Pendant ce temps, les mêmes problématiques que ces étudiants ont étudiées continuent de coûter des millions aux gouvernements, aux entreprises, aux collectivités. On commande de nouvelles études. On paie des consultants étrangers. On réinvente la roue sans se rendre compte que la première version existe déjà.

Selon les tendances des inscriptions et soutenances, l’Afrique francophone produit environ deux cent mille mémoires par an. Chacun représente en moyenne mille heures de travail humain, soit deux cents millions d’heures de recherche appliquée annuellement. Si l’on convertit cet effort en équivalent consulting, on obtient une valeur qui peut être estimée entre dix et quinze milliards d’euros par an. Une richesse colossale qui disparaît chaque année sans avoir été exploitée.

Et ce ne sont pas des suppositions. L’Union Africaine dispose déjà d’une base continentale, DATAD-R, qui recense plusieurs centaines de milliers de thèses et mémoires africains. Ce qui prouve que les documents existent, qu’ils sont récupérables, et surtout qu’ils dorment.

Dans un pays, on peut retrouver la même scène chaque année : une étude brillante sur la gestion des déchets menée par un étudiant durant six mois, jamais transmise à la mairie. Une analyse complète sur la mortalité maternelle réalisée pour un mémoire, jamais transmise au ministère de la Santé. Une étude de marché détaillée sur une filière agricole, jamais partagée avec les coopératives concernées. Le diagnostic existe mais personne ne l’utilise. Et pendant ce temps, les mêmes institutions financent des missions de consultants étrangers chargées… de refaire exactement ce que l’étudiant avait déjà fait.

Le vrai scandale n’est pas seulement la perte d’intelligence. C’est la perte de solutions concrètes. Des solutions adaptées au terrain, basées sur des données locales, écrites dans un langage que le contexte comprend. Une richesse que nous laissons dormir simplement parce que nous ne disposons pas d’un système pour l’organiser, la centraliser, la rendre accessible, la transformer.

Il existe pourtant une piste évidente. Construire une Banque Mémoire Africaine. Pas une simple bibliothèque numérique, mais un véritable système de capitalisation nationale et continentale. Un lieu où chaque mémoire, une fois validé, serait déposé, indexé, résumé, géolocalisé, et consultable par les institutions publiques, les entreprises, les ONG, les chercheurs, les investisseurs.

Mais l’idée peut aller encore plus loin. Le continent pourrait créer la première Intelligence Artificielle spécialisée dans la connaissance produite par les étudiants africains. Une IA capable de lire automatiquement chaque mémoire, de l’analyser, de le résumer, d’en extraire les recommandations, de détecter les tendances par région, de relier les problématiques entre elles, de révéler les récurrences, de signaler les zones de blocage, de proposer des pistes d’action.

Une IA qui, en quelques secondes, serait capable de restituer une synthèse que les consultants mettent trois mois à produire. Une IA capable d’alerter une mairie dès qu’un mémoire traite d’un problème spécifique à son territoire. Une IA pouvant montrer qu’un sujet étudié dans une université peut résoudre un enjeu dans une autre ville ou un autre pays. Une IA permettant aux gouvernements de vérifier si une étude existe déjà avant d’en commander une nouvelle.

L’impact serait immense. Les décideurs prendraient leurs décisions sur des données locales réelles. Les entreprises accéderaient à des diagnostics précis sans budget exorbitant. Les jeunes verraient leurs travaux transformés en projets concrets. Les universités deviendraient des acteurs centraux du développement national. Les budgets publics seraient allégés. Les études ne seraient plus perdues. Et l’Afrique cesserait de dépendre d’expertises importées.

Mais surtout, une telle plateforme permettrait de créer une continuité intellectuelle. Aujourd’hui, chaque étudiant recommence de zéro. Ce système permettrait à un étudiant de Master de poursuivre un travail réalisé trois ans plus tôt. De compléter une enquête. De mettre à jour des données. De transformer une réflexion en solution. De construire enfin une recherche utile, cumulative, durable.

La connaissance qui ne circule pas s’éteint. La connaissance qui circule transforme.

L’Afrique ne souffre pas d’un manque d’intelligence. Elle souffre d’un manque d’organisation de son intelligence. Des millions de pages attendent d’être utilisées. Des étudiants attendent que leur travail serve enfin. Des institutions cherchent des solutions que leurs propres universités ont déjà produites.

Une Banque Mémoire Africaine combinée à une IA capable d’absorber et d’interpréter cette intelligence serait un tournant historique.

Nous n’avons pas besoin de produire plus d’études. Nous devons donner une vie à celles que nous avons déjà.

(Source : Komiaza, 3 décembre 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4526/5281 Régulation des télécoms
  • 367/5281 Télécentres/Cybercentres
  • 3739/5281 Economie numérique
  • 1820/5281 Politique nationale
  • 5252/5281 Fintech
  • 534/5281 Noms de domaine
  • 2251/5281 Produits et services
  • 1517/5281 Faits divers/Contentieux
  • 787/5281 Nouveau site web
  • 5281/5281 Infrastructures
  • 2000/5281 TIC pour l’éducation
  • 195/5281 Recherche
  • 261/5281 Projet
  • 3664/5281 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1953/5281 Sonatel/Orange
  • 1654/5281 Licences de télécommunications
  • 291/5281 Sudatel/Expresso
  • 1116/5281 Régulation des médias
  • 1335/5281 Applications
  • 1211/5281 Mouvements sociaux
  • 1823/5281 Données personnelles
  • 130/5281 Big Data/Données ouvertes
  • 636/5281 Mouvement consumériste
  • 380/5281 Médias
  • 674/5281 Appels internationaux entrants
  • 1783/5281 Formation
  • 96/5281 Logiciel libre
  • 2129/5281 Politiques africaines
  • 1070/5281 Fiscalité
  • 173/5281 Art et culture
  • 614/5281 Genre
  • 1826/5281 Point de vue
  • 1027/5281 Commerce électronique
  • 1525/5281 Manifestation
  • 340/5281 Presse en ligne
  • 132/5281 Piratage
  • 234/5281 Téléservices
  • 981/5281 Biométrie/Identité numérique
  • 316/5281 Environnement/Santé
  • 346/5281 Législation/Réglementation
  • 387/5281 Gouvernance
  • 1826/5281 Portrait/Entretien
  • 159/5281 Radio
  • 877/5281 TIC pour la santé
  • 308/5281 Propriété intellectuelle
  • 63/5281 Langues/Localisation
  • 1140/5281 Médias/Réseaux sociaux
  • 2105/5281 Téléphonie
  • 207/5281 Désengagement de l’Etat
  • 1137/5281 Internet
  • 120/5281 Collectivités locales
  • 472/5281 Dédouanement électronique
  • 1129/5281 Usages et comportements
  • 1071/5281 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 647/5281 Audiovisuel
  • 3594/5281 Transformation digitale
  • 393/5281 Affaire Global Voice
  • 179/5281 Géomatique/Géolocalisation
  • 326/5281 Service universel
  • 694/5281 Sentel/Tigo
  • 209/5281 Vie politique
  • 1600/5281 Distinction/Nomination
  • 34/5281 Handicapés
  • 759/5281 Enseignement à distance
  • 796/5281 Contenus numériques
  • 631/5281 Gestion de l’ARTP
  • 192/5281 Radios communautaires
  • 1857/5281 Qualité de service
  • 452/5281 Privatisation/Libéralisation
  • 152/5281 SMSI
  • 470/5281 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2851/5281 Innovation/Entreprenariat
  • 1392/5281 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 49/5281 Internet des objets
  • 182/5281 Free Sénégal
  • 843/5281 Intelligence artificielle
  • 222/5281 Editorial
  • 5/5281 Gaming/Jeux vidéos
  • 27/5281 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous