OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Ressources > Points de vue > 2017 > Le président de l’Association des Juristes du Sénégal : « Nous sommes tous (…)

Le président de l’Association des Juristes du Sénégal : « Nous sommes tous en liberté provisoire »

vendredi 11 août 2017

Point de vue

A deux jours d’intervalle deux jeunes femmes sénégalaises l’une, une chanteuse connue et l’autre une citoyenne peu connue se sont retrouvées placées sous mandat de dépôt. A la base de leur triste sort l’utilisation malencontreuse des réseaux sociaux.

Leurs propos sont condamnables et ne correspondent pas aux valeurs fondamentales de la culture sénégalaise fondée sur le respect de l’autorité et sur la tolérance entre les ethnies et les religions.

Le Président de la République ne doit pas être injurié ou manqué de respect en public car il incarne la Nation.

Mais ceci étant dit, il convient d’apprécier en creux ces deux événements qui en l’espace d’une semaine ont bouleversé la vie politique et sociale du Sénégal et ont abouti à l’auto saisine du procureur de la République.

En effet il s’agit de deux cas qui illustrent bien le danger de l’internet mis entre les mains de personnes peu cultivées vivant dans nos pays, en Afrique en général comme au Sénégal, ou l’évolution sociale juxtapose le Moyen âge et le 21e Siècle.

La première citée du nom de Amy Collé Dieng a été inculpée pour outrage au Chef de l’Etat et programmation de fausses nouvelles la seconde Penda Ba été inculpée pour avoir propagé des injures et des propos à caractère « ethniciste » à l’encontre des wolofs.

Les deux cas posent la responsabilité des sites de diffusion sur le web. Peut-on imaginer que les Responsables de ces sites ne puissent pas, dans un pays donné, imaginer les conséquences sur la société ou sur l’auteur du message qu’ils décident de diffuser ? Ne peut-on pas croire qu’avec le concours de leurs juristes internes que leurs rédactions aient pu appeler l’auteur du message à diffuser pour vérifier s’il connaissait les conséquences qui pouvaient découler de la diffusion de son dire ou seulement pour vérifier si ses propos étaient destinés au grand public ?

Pourtant cette démarche, me semble-t-il, est courante dans la presse classique écrite ou audiovisuelle.

Dans les deux cas d’espèce, il est évident que si les diffuseurs s’étaient donnés les moyens de consulter les deux dames, elles n’auraient certainement pas donner le feu vert pour la diffusion de leurs propos.

Dans cet esprit, nous pensons que les Pouvoirs publics doivent se donner les moyens d’aligner ces plateformes Social Media sur les autres organes de diffusion de l’information du point de vue de leurs responsabilités par rapport aux contenus diffusés.

Mais le second aspect de ce drame est intimement lié à la consécration par ses sites Social Media de la violation des secrets de la correspondance et de la protection de données privées tels que sont des échanges dans le cadre de groupes privés ou dans la sphère familiale.

En effet, il est constant que Madame Amy Collé Dieng a parlé dans le cadre d’un groupe privé fermé que seuls les membres sont censés connaitre parce qu’ils partagent la même vision de leur société. Ce qui du même coup relativise l’intention délictueuse. Ces personnes savent qu’elles peuvent exagérer dans leurs propos, comme le coach qui remonte le moral dès son équipe, ses dires sont à usage interne. En effet, il peut traiter l’autre équipe de tous les noms d’oiseau ce n’est pas parce qu’il le croit sincèrement.

Ce que les femmes et les hommes disent tous les jours dans certains cadres, sans le penser vraiment, ou ceux qu’ils peuvent penser vraiment sans le dire ferait exploser un pays si c’était connu de tous. Combien de politiciens déblatèrent à longueur de journée sur leurs adversaires dont le Président de la République en des termes qui certainement dépassent leurs pensées sinon ils ne pourraient plus se retrouver ensemble.

Que deviendrons nous si nos propos tenus en privé avec nos épouses, nos maris, nos enfants, enregistrés frauduleusement se retrouvaient sur les sites web et qu’on nous dise ensuite que cela engage notre responsabilité parce que c’est notre voix ?

Que serait la vie privée si le citoyen, dans les cafés ou les restaurants, dans un pays démocratique et épris de Liberté comme le Sénégal, doit regarder à gauche à droite sous la table pour déceler une caméra ou un micro caché ?

Si nous l’acceptons nous serons tous en « liberté provisoire ». C’est pourquoi la Commission de Protection des Données personnelles, présidée par Madame Awa Ndiaye, a le devoir d’agir dés lors que l’usage de ces sites Social Media comporte des menaces pour les Libertés publiques et la vie privée des Sénégalais.

Dans cet esprit, rien ne devrait empêcher à la Commission, de saisir sans attendre le Procureur de la République pour traquer la personne qui a rendu publique la déclaration d’Amy Collé. En effet il est urgent de prendre des mesures pour éradiquer ces comportements « délationnistes » en prévoyant de sanctionner durement ceux qui par des moyens frauduleux font un mauvais usage de l’image ou de la parole d’un citoyen.

Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons que solliciter du juge, en évaluant les faits dans son intime conviction, de les resituer dans leur contexte de germination afin de privilégier l’avertissement à la sanction privative de liberté. En le faisant, il leur fera comprendre que de celui qui est Président de la République aujourd’hui, Monsieur Macky Sall, objet des récriminions de l’une d’entre elle, ce que les électeurs avaient retenu de lui pour le placer à la tête du Sénégal était généralement, sa pondération, sa courtoisie auquel on peut ajouter un grand sens du pardon.

A celle qui s’attaque aux wolofs sans savoir, du fait peut-être d’une certaine ignorance, que le Wolof n’est pas seulement une ethnie mais un univers culturel et une langue que tous les sénégalais, ou presque, partagent sans qu’ils n’aient besoin de renier leurs origines ethniques, la clémence relative du Juge accompagné de recommandation dont il a le droit sera un viatique pour la jeune génération.

En fin, législateur doit aider le Juge et le Président de la République en adaptant les lois aux exigences des démocraties modernes ou la tolérance jusqu’à un certain niveau bien compris, est le moteur du système politique.

C’est pourquoi, il faut réformer la loi sur le délit d’offense au Chef de l’Etat que nous devons éviter de banaliser en faisant croire chaque fois qu’il est derrière toutes les poursuites déclenchées par le Procureur de la République qui, dans ce cas d’espèce, ne fait que se conformer aux prescriptions de la loi.

Dans un monde globalisé, les Etats africains, le Sénégal doivent privilégier l’éducation, la prévention, et utiliser au maximum les communicateurs traditionnels, la presse écrite et audiovisuelle pour une meilleure mise à niveau démocratique de la population en l’aidant à concilier les exigences de la démocratie modernene et le respect de nos valeurs fondamentales de civilisation africaines et sénégalaises, qui bien comprises, ont pu garantir à notre pays une stabilité tant enviée depuis des temps immémoriaux. C’est dans cet esprit que nous implorons la clémence du juge en faveur de Amy Collé Dieng, Penda Ba et Ouléye Mané car Dieu ne désire pas la mort du pécheur mais sa rédemption.

Pr Benoit Ngom
Président Fondateur de l’Association des Juristes Africains (AJA)

(Source : Sénégal7, 11 oût 2017)

Fil d'actu

  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)
  • Quelles différences entre un don et un cadeau ? Burkina NTIC (22 avril 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 6574/7895 Régulation des télécoms
  • 542/7895 Télécentres/Cybercentres
  • 5136/7895 Economie numérique
  • 2594/7895 Politique nationale
  • 7500/7895 Fintech
  • 780/7895 Noms de domaine
  • 2871/7895 Produits et services
  • 2220/7895 Faits divers/Contentieux
  • 1168/7895 Nouveau site web
  • 7895/7895 Infrastructures
  • 2585/7895 TIC pour l’éducation
  • 282/7895 Recherche
  • 375/7895 Projet
  • 5120/7895 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2686/7895 Sonatel/Orange
  • 2543/7895 Licences de télécommunications
  • 446/7895 Sudatel/Expresso
  • 1483/7895 Régulation des médias
  • 2134/7895 Applications
  • 1641/7895 Mouvements sociaux
  • 2509/7895 Données personnelles
  • 188/7895 Big Data/Données ouvertes
  • 911/7895 Mouvement consumériste
  • 556/7895 Médias
  • 998/7895 Appels internationaux entrants
  • 2657/7895 Formation
  • 141/7895 Logiciel libre
  • 3107/7895 Politiques africaines
  • 1644/7895 Fiscalité
  • 272/7895 Art et culture
  • 890/7895 Genre
  • 2556/7895 Point de vue
  • 1519/7895 Commerce électronique
  • 2329/7895 Manifestation
  • 535/7895 Presse en ligne
  • 195/7895 Piratage
  • 325/7895 Téléservices
  • 1458/7895 Biométrie/Identité numérique
  • 463/7895 Environnement/Santé
  • 595/7895 Législation/Réglementation
  • 579/7895 Gouvernance
  • 2637/7895 Portrait/Entretien
  • 219/7895 Radio
  • 1138/7895 TIC pour la santé
  • 492/7895 Propriété intellectuelle
  • 85/7895 Langues/Localisation
  • 1669/7895 Médias/Réseaux sociaux
  • 2928/7895 Téléphonie
  • 295/7895 Désengagement de l’Etat
  • 1569/7895 Internet
  • 170/7895 Collectivités locales
  • 602/7895 Dédouanement électronique
  • 2097/7895 Usages et comportements
  • 1566/7895 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 857/7895 Audiovisuel
  • 4758/7895 Transformation digitale
  • 582/7895 Affaire Global Voice
  • 234/7895 Géomatique/Géolocalisation
  • 479/7895 Service universel
  • 1049/7895 Sentel/Tigo
  • 267/7895 Vie politique
  • 2287/7895 Distinction/Nomination
  • 49/7895 Handicapés
  • 1042/7895 Enseignement à distance
  • 1039/7895 Contenus numériques
  • 890/7895 Gestion de l’ARTP
  • 296/7895 Radios communautaires
  • 2854/7895 Qualité de service
  • 674/7895 Privatisation/Libéralisation
  • 206/7895 SMSI
  • 702/7895 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 4121/7895 Innovation/Entreprenariat
  • 2136/7895 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 70/7895 Internet des objets
  • 253/7895 Free Sénégal
  • 1073/7895 Intelligence artificielle
  • 308/7895 Editorial
  • 88/7895 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous