Le PNUD et la GSMA s’attaquent aux freins au déploiement des solutions d’IA en Afrique
lundi 5 octobre 2026
L’Afrique dispose d’un écosystème d’IA en développement, mais les capacités de calcul et les ressources nécessaires restent concentrées et insuffisantes. Pour les acteurs du secteur, cette contrainte complique encore le passage des projets expérimentaux à des applications utilisées à grande échelle.
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la GSMA veulent accélérer le passage des solutions d’IA conçues en Afrique vers des applications réellement opérationnelles. Les deux organisations ont annoncé le vendredi 2 octobre un partenariat qui cible notamment l’accès aux capacités de calcul, les compétences et les ressources nécessaires pour faire évoluer les projets d’IA locaux, y compris ceux développés dans les langues africaines.
Dans le cadre de l’initiative timbuktoo du PNUD, les deux partenaires prévoient notamment de faciliter l’accès à des infrastructures de calcul pour des projets d’IA considérés comme prioritaires. Ils souhaitent également mettre en relation les talents africains avec des cas d’usage concrets et accompagner le déploiement de solutions développées localement, en travaillant sur leurs conditions de financement, de pérennisation et de passage à l’échelle.
Des capacités encore insuffisantes
Cette orientation répond à des contraintes déjà documentées par la GSMA. En Afrique, le manque de capacités de calcul constitue encore un frein au développement de l’IA. Le continent représente environ 18 % de la population mondiale, mais il concentre moins de 1 % de la capacité mondiale des centres de données. La disponibilité des contenus adaptés aux langues africaines reste également très faible, avec moins de 0,1 % des ressources en ligne disponibles dans ces langues, selon l’organisation.
Dans une étude publiée le 17 septembre, le PNUD est arrivé à une conclusion similaire à partir de six déploiements d’infrastructures de calcul menés au Kenya, au Malawi, au Rwanda, en Afrique du Sud, au Togo et en Zambie. Le programme y a identifié 21 applications d’IA, mais souligne que la mise à disposition de puissance de calcul ne suffit pas à garantir leur utilisation durable. L’accès aux données, les compétences des opérateurs et des utilisateurs, la gouvernance, la cybersécurité, le financement et l’identification de cas d’usage concrets comptent également parmi les conditions nécessaires au passage à des services opérationnels.
Les langues africaines en ligne de mire
Le partenariat avec la GSMA s’appuie aussi sur les travaux engagés par l’organisation autour de l’IA en langue africaine. Lancée en juillet 2026 avec des partenaires publics et privés, l’initiative ATLAS Umoja AI rassemble des données et des expertises linguistiques provenant de différents pays du continent afin de favoriser le développement de services d’IA mieux adaptés aux besoins locaux.
Le dispositif prévoit par ailleurs de mobiliser les réseaux du PNUD et de la GSMA, notamment les University Innovation Pods, les laboratoires d’IA et les universités, pour rapprocher les chercheurs et innovateurs des infrastructures et des applications susceptibles d’être déployées.
Pour les deux organisations, l’objectif est ainsi de réduire l’écart entre la multiplication des projets d’IA et leur utilisation effective. Le partenariat ne porte donc pas uniquement sur le développement de nouveaux modèles, mais aussi sur les conditions techniques, humaines et financières permettant à des solutions conçues en Afrique de devenir des services utilisables à plus grande échelle.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 5 octobre 2026)
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