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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Juin 2021 > Le Nigéria suspend Twitter après la suppression d’un tweet du président (…)

Le Nigéria suspend Twitter après la suppression d’un tweet du président Muhammadu Buhari

samedi 5 juin 2021

Liberté d’expression/Censure de l’Internet

C’est la réponse du berger à la bergère. Le ministre de l’Information et de la Culture du Nigeria, Alhaji Lai Mohammed, a annoncé ce vendredi 04 juin 2021 la suspension de Twitter au Nigeria pour exercice d’activités « susceptibles de saper l’existence de la société nigériane ». C’est ce qu’indique ce département ministériel dans un post sur Twitter.

Le ministre a également indiqué que le gouvernement fédéral a également ordonné à la National Broadcasting Commission (NBC) de commencer immédiatement le processus d’octroi des licences à tous les médias sociaux et à toutes les plateformes numériques OTT opérant au Nigeria.

En réalité, cette suspension de Twitter au NIGERIA intervient après la suppression mercredi dernier d’un tweet du Président nigérian Muhammadu Buhari.

En effet, une série d’attaques armées contre des installations gouvernementales et sécuritaires a été menée dans le sud-est du Nigeria avec à la clé au moins 126 pertes en vie humaine et de nombreuses institutions saccagées comme celle de la Commission électorale nationale indépendante (INEC).

Très vite, le gouvernement nigérian a imputé ces violences aux Peuples indigènes du Biafra (IPOB), un mouvement séparatiste qui milite pour l’indépendance du peuple biafrais. Car, ceux-ci avaient organisé des manifestations dans le Sud-est du Nigeria en souvenir aux victimes de la guerre du Biafra. D’après plusieurs sources, plus d’un million de personnes avaient péri en raison de la guerre et de la famine dans les années 1960.

Et la réponse du président nigérian Muhammadu Buhari a été ferme : « Beaucoup de ceux qui se comportent mal aujourd’hui sont trop jeunes pour être conscients de la destruction et des pertes de vies qui ont eu lieu pendant la guerre civile du Nigeria. Ceux d’entre nous qui sont restés sur le terrain pendant trente mois et qui ont traversé la guerre vont les traiter dans la langue qu’ils comprennent. »

Dans un second tweet, le président nigérian indique qu’il reçoit « quotidiennement des rapports de sécurité sur les attaques et il est très clair que ceux qui sont derrière veulent que cette administration échoue ».

Seulement, le premier Tweet est mal pris part certains Nigérians qui estiment que le président appelle au massacre. Du coup, ils appellent twitter à supprimer le Tweet et à bannir le président du site du miccroblogging.

Dès mercredi, Twitter supprime le tweet du président le considérant comme « abusive (abusif) » et indiquant qu’il viole ses règles. Twitter indique qu’il ne saurait relayer « un appel à une guerre civile dans le sud-est du Nigeria ». La Contestation du ministre de l’Information, Lai Mohammed, ne se fait pas attendre. Il accuse Twitter de faire du deux poids, deux mesures. « La mission de Twitter au Nigeria est très, très suspecte. Twitter a-t-il supprimé les tweets violents envoyés par Nnamdi Kanu ( le chef de l’IPOB exilé en Israël, ndlr) ?« , s’interroge-t-il.

Dans son communiqué indiquant la suspension de Twitter au Nigeria ce vendredi, Lai Mohammed indique comme raison de cette suspension l’exercice d’activités « susceptibles de miner l’existence de la société nigériane ».

La toile s’est dès lors emballée. D’autres félicitant le président Buhari et d’autres condamnant cette décision.

D’autres analystes indiquent par ailleurs que le Nigeria ne dispose pas de moyens techniques pour interdire le site de microblogging au Nigeria, vu que l’utilisation des VPN est possible. Ils en veulent pour preuve l’annonce de cette suspension sur le compte sur Twitter du ministère de l’Information et de la Culture.

Du côté de Twitter, l’on indique simplement que l’annonce du gouvernement nigérian sur la suspension des activités de Twitter au Nigeria est « très préoccupante ». Affaire à suivre.

Beaugas Orain DJOYUM

(Source : Digital Business Africa, 5 juin 2021)

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