Le Nigeria prépare un cadre contre les violences numériques fondées sur le genre
mardi 23 juin 2026
L’essor rapide des réseaux sociaux en Afrique s’accompagne de nouveaux défis. Pour y faire face, les pays s’efforcent de mettre en place des solutions visant à garantir la sécurité des utilisateurs en ligne.
L’Agence nationale pour le développement des technologies de l’information (NITDA) du Nigeria prépare un nouveau cadre réglementaire pour lutter contre le cyberharcèlement et les violences numériques fondées sur le genre. C’est ce qu’a indiqué sa directrice de la communication, Hadiza Umar, dans un entretien accordé à l’agence de presse nigériane NAN.
Le projet baptisé Online Harm Protection Framework, accompagné d’un livre blanc, est élaboré avec le concours du gouvernement, de la société civile et des acteurs technologiques. Il vise à lutter contre le cyberharcèlement, les discours de haine, la désinformation et les violences de genre en ligne, tout en protégeant les droits numériques et la liberté d’expression. Par ailleurs, un projet de loi, « Online Harm Protection Bill », est actuellement en discussion
« Ce cadre réglementaire vise spécifiquement à lutter contre les comportements nuisibles en ligne tels que la cyberintimidation, les discours haineux, la désinformation, le harcèlement en ligne et les violences sexistes, tout en protégeant les droits numériques et la liberté d’expression », a indiqué Hadiza Umar.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité d’un texte déjà en vigueur : le Code de pratique pour les plateformes de services informatiques interactifs, entré en application le 26 septembre 2022, qui impose déjà aux grandes plateformes opérant au Nigeria de s’incorporer localement, de nommer un agent de liaison et d’assurer une supervision humaine de leurs outils de modération automatisée.
Hadiza Umar a souligné un angle mort persistant de cette modération. En effet, les contenus nuisibles rédigés dans les langues nigérianes, notamment haoussa, igbo, échappent souvent aux systèmes automatisés déployés par les grandes plateformes mondiales. La NITDA plaide pour des systèmes de modération plus localisés, capables de comprendre les langues et les contextes nigérians.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 23 juin 2026)
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