Le Nigeria confie le pilotage de sa stratégie nationale d’e-santé à un nouvel acteur public
mardi 30 juin 2026
Le Nigeria avance dans la modernisation de son système de santé numérique. Pour mieux encadrer ce secteur, une nouvelle entité vient d’être créée.
Le président nigérian Bola Tinubu (photo) a approuvé, le vendredi 26 juin, la création d’une nouvelle structure publique chargée de coordonner les initiatives nationales en matière de technologies numériques de santé et d’exploitation des données de santé.
Baptisée National Health Technology and Data Analytics Office (NHTDAO), l’entité sera dirigée par Obi Adigwe, nommé coordinateur national, et placée sous la supervision du bureau du ministre coordinateur de la Santé et du Bien-être social.
Selon le communiqué de la présidence, le NHTDAO aura pour mission d’opérationnaliser l’architecture nationale de santé numérique, approuvée par le Conseil national de la santé en novembre 2025. L’organisme devra favoriser l’interopérabilité des systèmes d’information sanitaire, fixer des normes techniques d’échange de données et assurer la coordination entre les acteurs publics et privés du secteur. La présidence précise que la nouvelle structure « renforcera, et ne remplacera pas, » les fonctions statutaires des départements et agences déjà existants.
La création de cet office intervient alors que la fragmentation des données de santé constitue un obstacle structurel identifié de longue date au Nigeria. Une revue de portée publiée en juillet 2025 dans la revue scientifique PLOS Digital Health, reposant sur l’analyse de 31 études menées entre 2014 et 2024, a recensé l’interopérabilité comme l’une des barrières les plus persistantes à l’intégration des technologies numériques de santé dans le pays.
Lors du 6ᵉ Africa Digital Health Summit, organisé en juin 2026 à Abuja, le ministre d’État à la Santé, Iziaq Adekunle Salako, également membre du comité de pilotage du NHTDAO, a estimé à 500 milliards de nairas (environ 362,4 millions de dollars) les investissements nécessaires sur cinq ans pour faire passer le pays de programmes pilotes fragmentés à des plateformes intégrées à l’échelle nationale.
Un enjeu continental documenté par l’OMS
Au niveau continental, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a quantifié les retombées économiques de la numérisation des données de santé. Dans un rapport consacré à la région africaine, l’institution estime que les systèmes de santé du continent pourraient réaliser jusqu’à 15 % de gains d’efficience d’ici à 2030 grâce à la numérisation. Ces économies pourraient ensuite être réinvesties pour améliorer l’accès aux soins. Le même rapport identifie la fragmentation des systèmes d’information sanitaire comme l’un des principaux facteurs limitant la performance des systèmes de santé dans la région Afrique de l’OMS.
Le bureau régional Afrique de l’OMS a par ailleurs constaté, dans un état des lieux portant sur l’Afrique de l’Ouest, que seuls 6,6 % des pays de la sous-région disposaient alors d’une stratégie de santé numérique effectivement déployée, contre 16,7 % en Afrique australe et 60 % en Afrique de l’Est. Ces écarts illustrent les progrès qui restent à accomplir pour accélérer la transformation numérique des systèmes de santé en Afrique de l’Ouest.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 29 juin 2026)
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