Le Niger réorganise ses fréquences pour se préparer à la 5G
lundi 20 juillet 2026
L’intérêt pour la 5G progresse en Afrique, où plusieurs pays préparent ou accélèrent le déploiement de cette technologie. Celle-ci est considérée comme un levier important pour soutenir la transformation numérique et répondre aux besoins croissants en connectivité.
Les autorités nigériennes préparent le terrain pour le déploiement de la 5G. Elles ont engagé des travaux de réorganisation des fréquences nécessaires au fonctionnement de la technologie mobile de cinquième génération.
Cette réorganisation des fréquences, prévue dans le cadre du Plan de transition pour la mise en œuvre du Plan national d’attribution des fréquences (PNAF) 2025, couvre la période 2027-2029. Les autorités ont lancé une consultation publique du 20 juillet au 31 août 2026 afin de recueillir les avis des opérateurs, des acteurs des télécommunications et des autres utilisateurs du spectre radioélectrique sur les orientations envisagées.
Le grand chantier des fréquences
La première évolution concerne la bande 600 MHz, actuellement utilisée principalement pour la télévision numérique terrestre (TNT). L’ARCEP estime que l’usage de cette ressource par la télévision terrestre reste limité, dans un contexte marqué par la progression de nouveaux modes d’accès aux contenus audiovisuels, comme l’IPTV et les services de télévision en ligne (OTT). Le régulateur envisage donc de réaffecter cette bande aux services mobiles afin de soutenir le développement de la 4G et de la 5G, notamment pour améliorer la couverture dans les zones rurales où ces fréquences offrent une meilleure portée.
Le réaménagement prévoit également la libération de la bande 700 MHz, aujourd’hui occupée en partie par des services de radiodiffusion. Les fréquences utilisées pour la télévision seront progressivement déplacées vers une autre portion de la bande de radiodiffusion, afin de permettre leur utilisation par les réseaux mobiles 4G et 5G.
Enfin, l’ARCEP prévoit de revoir l’utilisation de la bande 3,5 GHz, considérée comme l’une des principales ressources pour le déploiement de la 5G. L’objectif est de dégager des blocs de fréquences suffisamment larges pour les opérateurs mobiles, tout en organisant la coexistence avec les services qui exploitent actuellement cette bande. Les réseaux d’accès Internet fixe sans fil (FWA/BWA) utilisant ces fréquences pourraient être déplacés vers d’autres ressources, comme la bande 6 GHz.
Les prochaines étapes avant l’arrivée des offres 5G
La réorganisation du spectre se fera progressivement sur la période 2027-2029. L’ARCEP prévoit d’abord de finaliser l’identification des utilisateurs actuels des bandes concernées et de recueillir les observations des opérateurs, des radiodiffuseurs et des autres acteurs concernés dans le cadre de la consultation publique ouverte jusqu’au 31 août. Le régulateur devra ensuite définir les modalités de migration, les mesures d’accompagnement ainsi que le calendrier de libération des fréquences avant leur réattribution à de nouveaux usages, dont la 5G.
Une fois la réorganisation terminée, les autorités pourront décider d’attribuer les fréquences libérées ainsi que les licences associées aux opérateurs de télécommunications intéressés par le déploiement de la 5G. Cette attribution peut généralement se faire par adjudication (enchères) ou selon d’autres mécanismes définis par le régulateur. Les autorités fixent également les cahiers des charges précisant les conditions d’accès à ces ressources. Cela inclut entre autres les obligations de couverture, les exigences en matière de qualité de service et les engagements d’investissement attendus des opérateurs bénéficiaires.
À partir de là, les opérateurs télécoms pourront engager le déploiement des infrastructures nécessaires, en particulier l’installation des équipements compatibles avec la 5G. Ils pourront lancer la commercialisation des services 5G auprès de leurs abonnés, selon leurs stratégies commerciales et les besoins du marché.
Aucun calendrier spécifique de déploiement commercial de la 5G n’a toutefois encore été rendu public par les autorités nigériennes. Dans son rapport annuel 2024, le dernier disponible à ce jour, l’ARCEP mentionne néanmoins la technologie parmi ses priorités futures. Elle soulignait par exemple la nécessité de créer un cadre incitatif à l’investissement dans les technologies émergentes, telles que la 5G, l’Internet des objets (IoT) et les réseaux de fibre optique, à travers des avantages réglementaires et fiscaux ciblés.
Actuellement, la 2G reste la technologie mobile la plus répandue au Niger. Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT) datant de 2024, elle couvre 87% de la population, contre 44% pour la 3G. La 4G, lancée en 2019, couvre quant à elle 40% des Nigériens, d’après la même source.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofinhttps://www.agenceecofin.com/, 20 juillet 2026)
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