Le Mozambique renforce ses efforts en faveur de la généralisation de l’accès à Internet
jeudi 15 janvier 2026
Les autorités mozambicaines misent sur le numérique pour le développement socio‑économique national. Pourtant, environ 80 % de la population n’utilise pas encore Internet selon l’UIT.
Le gouvernement mozambicain poursuit ses efforts pour généraliser l’accès à Internet dans un pays où la fracture numérique reste prononcée. La semaine dernière, l’exécutif a lancé un appel d’offres public, ouvert jusqu’au 25 février, portant sur l’extension et l’amélioration de la couverture et de l’accès aux services de télécommunications dans 300 localités situées en zones périurbaines et rurales.
Selon les autorités, cette initiative, financée par la Banque mondiale, sera mise en œuvre dans le cadre du Projet d’accélération numérique du Mozambique (PADIM). Elle vise à réduire la fracture numérique en favorisant l’accès aux communications à haut débit ainsi qu’aux services de voix dans des communautés qui n’en disposent pas encore.
Le ministère des Communications et de la Transformation numérique estime que le projet « permettra notamment d’assurer qu’environ 90 % de la population de chaque localité concernée ait un accès direct à un signal de télécommunications à haut débit, de faciliter l’accès aux services d’information, d’éducation et à d’autres services numériques, ainsi que d’offrir la possibilité de choisir les réseaux et services des opérateurs grâce au partage des infrastructures ».
Une stratégie inscrite dans la transformation numérique nationale
Cette initiative s’inscrit dans la continuité du programme « Internet Para Todos », lancé en mars 2025 pour accélérer la démocratisation de l’accès à Internet dans le cadre de la stratégie nationale de transformation numérique. À terme, le gouvernement mozambicain ambitionne d’atteindre un taux de pénétration mobile de 80 % et une couverture de 95 % du territoire national.
Sur le plan des performances, l’exécutif vise des débits compris entre 100 Mbps et 1 Gbps pour la 5G, de 10 à 100 Mbps pour la 4G, et de 0,1 à 10 Mbps pour la 3G. Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement prévoit notamment de faciliter l’entrée d’opérateurs de satellites en orbite basse, d’entreprises spécialisées dans les tours télécoms, ainsi que l’extension du réseau national de fibre optique.
En juillet 2025, l’Autorité de régulation des communications (INCM) avait également lancé un projet pilote de connectivité rurale reposant sur des antennes satellitaires. Ces infrastructures offrent une couverture de 50 km et une capacité pouvant desservir jusqu’à 15 000 personnes. L’INCM a par ailleurs signé un partenariat visant l’exploitation de données géospatiales afin d’améliorer la planification de la connectivité, en identifiant les zones mal desservies, en évaluant les besoins d’investissement et en orientant le développement des infrastructures.
Au‑delà de la couverture, le défi de l’adoption
Ces efforts interviennent dans un contexte où, selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), les réseaux 2G couvraient 88 % de la population, estimée à 35,6 millions d’habitants en 2024. Les taux de couverture atteignent 86 % pour la 3G, 84 % pour la 4G et seulement 10 % pour la 5G. L’UIT estime par ailleurs le taux de pénétration de l’Internet à 19,8 %, contre 78,2 % pour la téléphonie mobile.
Si la réduction des écarts de couverture permet d’offrir à davantage de personnes la possibilité d’accéder aux services télécoms et à Internet, l’adoption effective n’est pas automatique. Plusieurs facteurs entrent en jeu, notamment la possession d’appareils compatibles (smartphones, tablettes, ordinateurs), l’accessibilité financière des offres, les compétences numériques de base, ainsi que la perception de la pertinence des services et des contenus disponibles.
Conscient de ces enjeux, le gouvernement a engagé en juillet 2025 des discussions avec l’entreprise technologique chinoise Huawei en vue de la construction d’une usine locale de téléphones portables. Ces appareils seraient adaptés aux besoins des zones rurales, même si leurs caractéristiques spécifiques, tout comme le calendrier de lancement du projet, n’ont pas encore été précisés.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 15 janvier 2026)
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