Le Mozambique envisage de céder une partie de sa participation dans Tmcel
vendredi 14 août 2026
Tmcel est née en décembre 2018 de la fusion entre Telecomunicações de Moçambique (TDM) et Moçambique Celular (Mcel), une opération censée assainir la situation de deux entreprises publiques en difficulté. Cette fusion n’a pas résolu les problèmes structurels : endettement élevé, pertes et difficultés de trésorerie ont persisté.
Le gouvernement mozambicain a annoncé mardi 11 août la création d’une équipe technique chargée de négocier la vente d’une partie de la participation de l’État dans Tmcel, l’opérateur public de télécommunications. L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Administration de l’État, Inocêncio Impissa, à l’issue d’une réunion du Conseil des ministres à Maputo.
« La vente est l’une des solutions trouvées pour relancer cette entreprise, qui fait face à des difficultés financières depuis plusieurs années. C’est l’un des mécanismes que l’État a trouvés pour revitaliser Tmcel, lui donner un peu plus de vitalité afin qu’elle puisse continuer à fournir des services de télécommunications essentiels à l’échelle nationale », a-t-il déclaré.
Tmcel cumule depuis 2023 une dette de plus de 400 millions de dollars. Confrontée à des difficultés de trésorerie, l’entreprise a également accusé des retards dans le paiement des salaires de ses quelque 1 700 employés. Les résultats de 2024, publiés en juillet 2025, confirment cette aggravation : l’entreprise a enregistré une perte de 59,7 millions d’euros, soit le double de la perte enregistrée en 2023, tandis que son passif total atteignait 510,5 millions d’euros. L’État, via ses participations directes (66 %) et celles de l’Institut de gestion des participations de l’État (IGEPE, 26 %), contrôle environ 92 % du capital de l’opérateur, qui ne détient plus que 13 % du marché mobile mozambicain, derrière Vodacom et Movitel.
Le cas mozambicain illustre une tendance observée dans plusieurs pays africains. Plusieurs États cherchent à se désengager d’opérateurs publics déficitaires afin d’attirer des investisseurs privés susceptibles de financer leur modernisation.
En Éthiopie, la privatisation partielle d’Ethio Telecom, engagée dès 2021 avec pour objectif de céder 45 % de son capital, a connu plusieurs reports. 10,7 % du capital proposé lors de l’introduction en bourse d’octobre 2024 ont finalement été cédés, les offres des investisseurs internationaux étant restées inférieures aux attentes. Au Kenya, l’État a finalisé en juin la cession de 15 % de sa participation dans Safaricom à Vodacom, ramenant la participation de l’État à 20 %.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 14 août 2026)
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