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« Le marché de la distribution des produits high tech pourrait offrir beaucoup de débouchés »

dimanche 26 mai 2013

Economie numérique

Conseil en ressources humaines, Didier Acouetey évalue la demande des entreprises nationales et internationales en termes d’emplois et de compétences dans le domaine des TIC en Afrique.

Comment se présente d’après vous le marché de l’emploi dans le domaine des TIC en Afrique ?

Didier Acouetey : Il est tout d’abord indéniable de souligner que le secteur des TIC est en croissance en Afrique depuis plusieurs années, avec un boom de l’utilisation d’Internet et de la téléphonie mobile. Internet et la téléphonie mobile en particulier sont devenus des instruments quotidiens dans la vie de nombreux Africains, avec des taux de pénétration de plus de 10% et 45% respectivement. Même si la croissance dans le secteur de la téléphonie mobile affiche des taux de croissance moins impressionnants que dans les dix dernières années, il continue d’offrir des croissances extrêmement enviables. Par ailleurs, avec la révolution du numérique, le secteur devrait connaître une croissance très forte en raison des nombreuses déclinaisons possibles que cela permet.

Le développement des TIC engendre par conséquent une croissance du PIB dans les pays africains, avec des répercussions à tous les niveaux, en commençant par l’emploi. De ce fait, les filiales de multinationales, les grands acteurs africains du secteur et surtout de nombreuses PME africaines qui se sont investies dans ce secteur ces dernières années recherchent de plus en plus de compétences, et parfois dans des domaines techniques pointus. Le marché de l’emploi devrait donc rester porteur, qu’il s’agisse d’emplois directs ou indirects. Cela se confirmera d’autant plus qu’une véritable classe moyenne voit le jour dans de nombreux pays africains, et cette classe moyenne voudra profiter de tout ce qu’offrent les nouvelles technologies au quotidien.

Selon une étude de GSMA publiée en novembre 2012, le secteur de la téléphonie mobile pourrait permettre la création de 14,9 millions de nouveaux emplois en Afrique subsaharienne entre 2015 et 2020, comment appréhendez-vous ces chiffres ?

DA : Ces chiffres sont très positifs et encourageants. En réalité, la poursuite du développement du secteur de la téléphonie mobile sera liée de mon point de vue aux nombreuses applications autour desquelles la technologie sera déclinée, à l’instar du porte-monnaie électronique, qui connaît un véritable succès dans des pays comme le Kenya, où le paiement des factures d’eau ou d’électricité se font grâce au téléphone. En réalité, le téléphone devrait faciliter la vie des populations au quotidien. Regardez l’exemple des agriculteurs en Ethiopie qui suivent les cours des produits agricoles grâce à leur téléphone, ou les pêcheurs du Sénégal qui peuvent identifier les zones riches en poissons grâce aux applications sur leur téléphone mobile, ou encore les citadins qui l’utilisent pour la navigation urbaine. Bref, la croissance du secteur, avec comme corollaire la création d’emplois, n’est pas surprenante.

Cependant, ces emplois ne seront une réalité que si le marché offre des compétences qualifiées dans les domaines recherchés par les entreprises. Or, on note aujourd’hui que très peu d’Africains sont formés dans les domaines techniques, ce qui engendre un grand déséquilibre du marché entre l’offre et la demande de compétences.

La distribution et la commercialisation des appareils high tech et des outils informatiques prend également son ampleur en Afrique. Comment évaluez-vous le potentiel de ce marché en matière de création d’emplois ?

DA : La commercialisation et la distribution des appareils high tech et des outils informatiques sont encore à une phase de balbutiement. Même si dans des pays comme l’Afrique du Sud, le Kenya ou le Maroc la distribution est relativement bien structurée, il faut noter que dans la plupart des pays africains nous en sommes encore à une distribution assez informelle, avec parfois des circuits informels qui commercialisent des produits qui ne sont rien moins que des copies de grandes marques. Le marché de la distribution, en se structurant progressivement, pourrait offrir beaucoup de débouchés à des distributeurs indépendants et aux grandes chaînes. Il est cependant difficile de l’évaluer en termes de nombre d’emplois qui seraient créés.

Est-il aussi tributaire d’emplois à la fois formels et informels que dans le secteur de la téléphonie mobile ?

DA : On constate, comme je l’indiquais, une forte concentration de la distribution dans le secteur dit informel, mais qui, en réalité, écoule une bonne partie des produits sur le marché. C’est un peu à l’image du marché des ventes de cartes de recharge téléphonique, dont une grande partie est assuré par les marchands ambulants, dans la circulation, dans les débits de boissons, etc. Bref, c’est une forme de distribution qui aurait échappé à un directeur marketing classique en phase d’élaboration de sa stratégie de distribution s’il ne connaît pas le marché. Les emplois formels et informels devraient continuer de se développer avec la croissance du marché si les fabricants et les opérateurs parviennent à accompagner la distribution et la maintenance en participant à la structuration de la distribution et en soutenant parfois financièrement la création de réseaux de commercialisation, qui offrent des vrais services aux clients et aux consommateurs.

Que représente, d’après vous, le secteur de l’internet dans ce marché de l’emploi en Afrique ?

DA : Le secteur de l’internet devrait se développer plus rapidement avec les investissements que l’on observe dans la fibre optique, car il faut le reconnaître, Internet reste cher et peu fluide en Afrique. Internet est trente à cinquante fois plus cher en Afrique qu’aux Etats-Unis ou en Europe. La connexion est souvent extrêmement difficile dans de nombreux pays, sans compter le coût des terminaux, qui peut être parfois prohibitif par rapport au pouvoir d’achat des populations. Heureusement, les cybercafés ont permis de donner accès à Internet aux jeunes urbains. Cela n’empêche, le secteur devrait exploser dans les années à venir pour répondre aux besoins des populations de plus en plus éduquées, urbanisées, et des entreprises qui augmentent leurs investissements sur le continent, tant les entreprises africaines que celles en provenance des pays émergents.

En général, le secteur des TIC génère environ combien d’emplois, d’après vous ?

DA : En termes d’emplois, le secteur des TIC en général a représenté un marché significatif, avec le secteur financier et celui des produits de grande consommation. Internet à lui tout seul représenté probablement 25% des recrutements effectués dans les TIC, la téléphonie mobile ayant concentré une bonne partie des emplois, selon nos données. Les opportunités sont donc davantage concentrées aujourd’hui dans la téléphonie mobile et l’offre de services TIC.

Quels sont les pays africains qui présentent le plus d’opportunités en termes de création d’emplois dans le domaine des TIC ?

DA : Le développement des TIC est plus important en Afrique du Nord (pays du Maghreb) et en Afrique du Sud, où le secteur des TIC représente plus de 14% du PIB, avec plus de 10 millions d’utilisateurs Internet. En Afrique subsaharienne, en dehors de l’Afrique du Sud, des pays comme le Nigeria, le Kenya, le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire ou le Rwanda constituent des plateformes où les TIC sont intégrées dans les composantes stratégiques du pays. Ils devraient par conséquent offrir de nombreux débouchés en matière d’emplois.

RTN : La présence d’une multitude d’opérateurs télécoms et TIC dans un pays est-elle toujours un indicateur de l’importance (en nombre) des emplois directs générés dans ce secteur ?

DA : Le développement de la téléphonie mobile et de l’internet, favorisé par la libéralisation du secteur des télécommunications, a permis à un nombre important d’opérateurs internationaux de s’implanter en Afrique, et à des champions africains d’émerger. Contrairement aux industries extractives, le secteur des TIC offre des emplois assez qualifiés en nombre, surtout avec l’intensification de la concurrence. C’est donc un secteur où la présence de plusieurs opérateurs a permis d’offrir un volume important d’emplois directs dans plusieurs domaines : marketing, commercial, communication, techniciens et ingénieurs télécoms, etc., et beaucoup d’emplois indirects comme les distributeurs, les sociétés qui implantent les tours, etc. C’est une industrie qui embauche beaucoup de jeunes par ailleurs.

Pensez-vous qu’en Afrique l’offre de formation dans le domaine des TIC est suffisante et de qualité pour répondre aux besoins des entreprises TIC qui ont en permanence besoin d’innovation ?

DA : L’offre de formation dans le domaine des TIC se développe davantage ces dernières années que dans le passé. Il y a de manière évidente un manque de techniciens spécialisés aujourd’hui par rapport au développement du marché. L’offre de compétences est largement insuffisante par rapport à la demande ; de ce fait, beaucoup de candidats sont embauchés depuis l’étranger pour occuper certains postes en Afrique. Ainsi, bon nombre d’étudiants vont se spécialiser dans les universités à l’étranger, à l’instar de l’Université de Mumbaï, en Inde, où le taux d’étudiants africains s’est accru ces dernières années grâce aux bourses d’études qu’offre l’Inde en partenariat avec les pays africains pour des formations supérieures dans les nouvelles technologies. Les gouvernements africains devraient investir davantage dans les filières scientifiques et soutenir le secteur privé éducatif afin qu’il investisse beaucoup plus dans les filières techniques comme les TIC.

Comment ces entreprises télécoms et TIC doivent-elles recruter les compétences nécessaires à leur développement ?

DA : En dehors évidemment des cabinets comme les nôtres, les partenariats avec les écoles supérieures, ou certaines universités, constituent un bon véhicule.

Comment les gouvernements africains peuvent-ils agir pour favoriser la création d’emplois dans le domaine des TIC ?

DA : La libéralisation du secteur a été une réforme majeure ayant permis aux entreprises d’y investir et de s’y développer. Il faudrait encourager la mise en place d’incubateurs, de zones économiques spécialisées dédiées aux TIC, de filières de formation dans ce secteur et de fonds dédiés au développement des TIC. L’investissement public ne sera pas en reste dans le cadre de partenariats public-privé (PPP) pour accompagner les investissements les plus lourds dans les infrastructures utiles au développement des TIC.

Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum pour le magazine Réseau Télécom n° 61

(Source : Agence Ecofin, 26 mai 2013)

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