Le Malawi explore des solutions à moindre coût pour réduire la fracture numérique
lundi 14 septembre 2026
La fracture numérique est particulièrement prononcée au Malawi. Les données de la GSMA montrent qu’environ 90 % de la population du pays n’utilise pas encore Internet.
Les autorités malawites explorent des solutions abordables pour accélérer le déploiement du réseau télécoms, en particulier dans les zones rurales. Le sujet a notamment été abordé ces derniers jours avec la société technologique chinoise Huawei ainsi qu’avec l’opérateur de tours télécoms Helios Towers, qui opère déjà dans le pays.
« Les tours conventionnelles, coûteuses, pourraient compliquer l’extension de la connectivité aux communautés mal desservies. En tant que régulateur, nous sommes ouverts à des solutions qui permettraient au Malawi d’améliorer la connectivité avec des ressources limitées », a déclaré Mayamiko Nkoloma, directeur général de la Malawi Communications Regulatory Authority (MACRA), lors d’une réunion avec Helios Towers, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux le vendredi 11 septembre.
Dans le même ordre d’idées, Huawei avait présenté quelques jours plus tôt à la MACRA un site de télécommunications compact reposant sur un poteau plutôt que sur une tour conventionnelle. Celui‑ci intègre, entre autres, une alimentation solaire, des équipements radio, un système de transmission par faisceau hertzien, une bande de base et d’autres composants.
L’entreprise basée à Shenzhen a expliqué au régulateur télécoms que cette solution pourrait réduire les coûts de déploiement et faciliter l’extension de la connectivité à de petites communautés rurales où les infrastructures conventionnelles ne seraient pas commercialement viables.
Cette initiative intervient alors que 82 % de la population malawite, estimée à 22,2 millions, vivait en milieu rural en 2025, selon les données de la Banque mondiale. La GSMA indique, dans son « Malawi Digital Economy Report » publié en août 2026, qu’environ 30 % de la population rurale n’utilise pas la 4G, contre 20 % pour la 3G. Au plan national, 13 % de la population n’est pas couverte par la 4G, contre 8 % pour la 3G.
Par ailleurs, la GSMA reconnaît que les derniers pourcentages de population à couvrir nécessitent généralement des investissements plus importants, car ils concernent souvent les zones les plus difficiles et coûteuses à desservir. Les zones rurales sont souvent plus éloignées des infrastructures de télécommunications et des réseaux électriques, ce qui oblige les opérateurs à déployer davantage de sites, de liaisons de transmission et parfois des solutions d’alimentation autonomes. La faible densité de population réduit par ailleurs le nombre d’utilisateurs susceptibles de rentabiliser ces investissements, tandis que la dispersion des habitations augmente les distances à couvrir pour chaque infrastructure.
Cette approche d’infrastructure à bas coût vise à accélérer la réduction de la fracture numérique dans un pays où le taux de pénétration d’Internet n’est que de 12,5 %, selon la GSMA. Reste toutefois à savoir si ces infrastructures seront suffisamment performantes pour permettre aux populations concernées de participer pleinement à la vie numérique. Surtout, l’écart entre les taux de couverture et de pénétration montre que le problème ne se situe pas uniquement au niveau de la couverture réseau. La GSMA estime qu’environ 80 % de la population vit dans une zone couverte par le haut débit mobile sans pour autant utiliser l’Internet mobile.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 14 septembre 2026)
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