Le Lesotho met en œuvre son cadre national sur l’IA avec l’appui de l’ONU
jeudi 24 septembre 2026
Après avoir défini son cadre national sur l’IA, le Lesotho doit désormais développer les capacités nécessaires à sa mise en œuvre, notamment en matière de calcul, d’infrastructures, d’énergie et de compétences. L’objectif est de faire de l’IA un levier concret pour l’économie et les services publics.
Le Lesotho est le premier pays à mettre en œuvre le « Blueprint for National AI and Data Strategies » des Nations unies, un cadre destiné à aider les gouvernements à passer de l’élaboration d’une stratégie à sa mise en œuvre. Le gouvernement l’a annoncé le mardi 22 septembre 2026.
L’objectif est de permettre au pays de renforcer sa capacité à développer et utiliser l’intelligence artificielle (IA), et à en assurer la gouvernance, plutôt que de dépendre uniquement de solutions développées ailleurs. Le cadre de l’ONU accompagne les États dans l’identification de leurs besoins et la définition de stratégies nationales adaptées et réalisables. La Guinée devrait être le prochain pays à mettre en œuvre ce cadre.
Pour le Lesotho, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la construction de centres de données. Il entend également renforcer son accès à la puissance de calcul, aux données et aux compétences. Il dispose déjà de plusieurs politiques numériques, d’un centre de données gouvernemental et, depuis août 2026, d’une politique nationale sur l’IA.
La prochaine étape est la mise en œuvre de la première phase de la « National Compute Roadmap 2026-2029 », qui doit guider le développement des capacités de calcul du pays en tenant compte notamment des besoins en énergie, en eau, en financement et en compétences.
Le gouvernement entend par ailleurs adapter ces investissements aux besoins locaux. Les infrastructures numériques devront ainsi être adaptées à des usages concrets dans des secteurs tels que l’agriculture, la santé, l’éducation, la gestion de l’eau et les services publics. « La technologie doit être jugée à l’aune de son impact sur la vie des gens et de sa capacité à ne laisser personne de côté », a déclaré Amandeep Gill, sous-secrétaire général de l’ONU et envoyé spécial pour les technologies numériques et émergentes.
Cette démarche fait suite à un atelier organisé à Maseru du 17 au 21 août 2026 avec l’appui de l’ONU. Les discussions ont porté sur la puissance de calcul, l’énergie, la connectivité, les données, les compétences et le financement. Elles ont abouti à l’élaboration d’un projet de feuille de route nationale sur les capacités de calcul.
Le processus a réuni plusieurs agences de l’ONU, la Banque mondiale, l’OCDE ainsi que des experts du Sénégal, de l’Éthiopie et de la Guinée. Le gouvernement du Lesotho entend toutefois conserver la maîtrise de cette transformation numérique, tout en s’appuyant sur ses partenaires internationaux.
Carelle Yourann
(Source : Agence Ecofin, 24 septembre 2026)
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