Le Kenya chiffre à 710 millions $ le coût annuel de la piraterie numérique
vendredi 31 juillet 2026
Le piratage des contenus numériques continue de freiner le développement des industries culturelles et technologiques africaines. Au Kenya, un nouveau rapport officiel estime que ce phénomène entraîne chaque année plusieurs centaines de millions de dollars de pertes économiques.
Le Kenya évalue à 92 milliards de shillings kényans (environ 710 millions de dollars) les pertes économiques entraînées chaque année par la piraterie numérique. Cette estimation figure dans le rapport du Comité national sur la piraterie numérique, remis le jeudi 30 juillet au ministre de l’Information, des Communications et de l’Économie numérique, William Kabogo (photo). Le document met en évidence l’impact croissant de ce phénomène sur les finances publiques, les industries créatives et l’économie numérique du pays.
Selon le rapport, la piraterie numérique prive également l’État d’environ 17 milliards de shillings kényans de recettes fiscales par an. Elle réduit les revenus des musiciens, cinéastes, auteurs, journalistes, développeurs de logiciels et diffuseurs sportifs, tout en exposant les consommateurs aux logiciels malveillants, à la fraude et au vol d’identité. Le ministre William Kabogo estime qu’une lutte plus efficace contre ce phénomène pourrait permettre de créer ou de préserver plus de 50 000 emplois dans les secteurs créatif et technologique.
Pour répondre à cette situation, les autorités prévoient la mise en place d’un cadre national interinstitutionnel de lutte contre la piraterie numérique. Coordonné par le ministère chargé du Numérique, il associera notamment le Kenya Copyright Board, l’Autorité des communications du Kenya, le Media Council of Kenya et le Tribunal du droit d’auteur. Les premières mesures comprendront une campagne nationale de sensibilisation, l’élaboration d’une politique nationale sur la piraterie numérique ainsi que des réformes du projet de loi sur le droit d’auteur et les droits connexes.
Les estimations publiées par le gouvernement s’inscrivent dans la continuité des travaux menés ces dernières années sur l’impact économique du piratage au Kenya. En 2022, l’organisation Partners Against Piracy (PAP) évaluait déjà les pertes annuelles à plus de 92 milliards de shillings kényans, principalement en raison du piratage des contenus audiovisuels, de la musique, des livres, de la télévision payante et des jeux vidéo. Ces évaluations avaient conduit plusieurs acteurs du secteur à plaider pour un renforcement du cadre juridique et une coopération régionale afin de mieux protéger les industries créatives africaines.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 31 juillet 2026)
OSIRIS