Le Ghana vise 70 % de couverture 5G en 2027 malgré l’absence de lancement commercial
vendredi 27 février 2026
En Afrique, le déploiement de la 5G s’accélère alors qu’elle est perçue comme un levier de transformation numérique. À la mi‑2025, 48 opérateurs dans 21 pays fournissaient déjà la technologie, selon les données de l’Agence Ecofin.
Le gouvernement ghanéen ambitionne de porter la couverture de la 5G à 70 % de la population d’ici mars 2027. Cet objectif a été révélé cette semaine alors que la technologie mobile de cinquième génération n’a toujours pas été commercialisée dans le pays.
L’annonce a été faite mercredi par Sam Nartey George (photo), ministre des Communications, des Technologies numériques et de l’Innovation, lors des célébrations du 30e anniversaire de la National Communications Authority (NCA), le régulateur télécoms national. Il s’agit en réalité d’un cap symbolique fixé en vue du 70e anniversaire de l’indépendance du pays, célébré le 6 mars 2027.
M. George a reconnu l’ampleur du défi à réaliser en à peine un an, mais a exprimé sa confiance dans la capacité du régulateur à atteindre cet objectif. « C’est une ambition exigeante, mais j’ai pleinement confiance dans la résilience et les compétences des équipes qui dirigent la NCA », a‑t‑il déclaré. Il a ajouté que cela nécessitera un déploiement rapide des réseaux, l’extension des infrastructures et d’importants investissements en capital.
Par exemple, le coût de base du déploiement de la 5G est estimé entre 3 et 8 milliards USD dans un pays, selon une étude de 2022 réalisée par Ericsson. L’entreprise technologique suédoise estime qu’un investissement supplémentaire de 20 à 35 % est ensuite nécessaire pour étendre la couverture du réseau.
Finalement, une approche hybride
Le gouvernement ghanéen a décidé d’opter pour une approche hybride dans le cadre du déploiement et de l’exploitation de la 5G. M. George a déclaré que « la décision a été prise de retirer le mandat d’exclusivité accordé au détenteur unique de la licence et de mettre les ressources en fréquences à la disposition du marché par le biais d’un processus national d’appel d’offres concurrentiel, permettant un déploiement de la technologie 5G piloté par les opérateurs de réseaux ».
Il a ajouté que cette décision n’annule pas le modèle de gros en vigueur jusque‑là, mais offre simplement plusieurs options aux acteurs du marché. Désormais, les opérateurs télécoms ghanéens intéressés pourront acquérir des licences et du spectre pour déployer leur propre réseau 5G.
Initialement, le Ghana avait opté pour un réseau neutre partagé, plutôt que pour des enchères classiques. Cette stratégie visait à garantir une disponibilité rapide et nationale de la 5G, y compris dans les zones rurales. Selon les autorités, la méthode traditionnelle par enchères comporte le risque d’un déploiement concentré dans la capitale et quelques grandes villes.
En mai 2024, Next‑Gen InfraCo (NGIC), société d’infrastructure partagée et neutre chargée de mettre les capacités 5G à disposition des opérateurs télécoms, a été lancée. Elle s’est vu attribuer une licence exclusive de dix ans.
Cependant, la disponibilité effective de la 5G commerciale a été repoussée à plusieurs reprises : d’abord annoncée pour septembre, puis décembre 2024, elle a ensuite été reportée à janvier, mai puis juin 2025. Un événement de lancement du réseau a bien eu lieu en novembre 2024, mais sans activation commerciale pour les abonnés.
Face à ces retards, NGIC s’est vu fixer un ultimatum pour fin 2025. L’entreprise doit déployer au moins 50 sites 5G à Accra et Kumasi avant la fin de l’année, contre seulement 16 sites en juillet, selon les autorités. M. George a indiqué que, si cet engagement n’est pas respecté, le ministère procédera immédiatement à un examen et à une éventuelle renégociation des termes de la licence.
Quand la 5G commerciale au Ghana ?
Pour l’heure, le calendrier de déploiement effectif de la 5G commerciale accessible aux citoyens ghanéens reste flou. Dans une récente interview accordée à la radio locale Joy FM, le directeur général de la NCA, Edmund Yirenkyi Fianko, a indiqué que les Ghanéens devraient y avoir accès d’ici la fin de l’année 2026.
Il a précisé que, selon les dernières vérifications, NGIC a déjà finalisé le déploiement du réseau au moins dans la ville d’Accra et s’apprête à connecter les opérateurs télécoms afin que ces derniers puissent, à leur tour, fournir les services aux consommateurs. Cette étape est considérée comme le préalable indispensable à l’ouverture commerciale de la 5G dans le pays, après plusieurs reports successifs.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 27 février 2026)
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