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Accueil > Articles de presse > Année 2026 > Septembre 2026 > Le Ghana veut généraliser la 4G dans les zones rurales, mais l’adoption (…)

Le Ghana veut généraliser la 4G dans les zones rurales, mais l’adoption reste un défi

lundi 7 septembre 2026

Téléphonie

En Afrique, la fracture numérique s’est réduite au cours des dernières années. Des écarts persistent toutefois entre les zones urbaines et rurales. Au Ghana, par exemple, 41 % de la population vit en milieu rural, selon les données de la Banque mondiale.

Le gouvernement ghanéen entend mettre à niveau tous les sites de télécommunications en milieu rural afin de les rendre compatibles avec la 4G. Si l’initiative vise à améliorer l’accès au haut débit dans les zones encore mal desservies, elle soulève aussi la question de la capacité des populations à utiliser réellement ces services une fois qu’ils seront disponibles.

L’initiative a été révélée la semaine dernière par Samuel Nartey George, ministre des Communications, des Technologies numériques et de l’Innovation, lors d’un entretien avec la presse locale après une visite de terrain. Selon la Ghana News Agency (GNA), il a expliqué que cette évolution était devenue nécessaire, les réseaux 2G et 3G n’étant plus suffisants à l’heure où le monde progresse vers les technologies 5G et 6G.

Le coût des appareils et des services, première barrière

La mise à niveau des infrastructures ne garantit pas automatiquement l’adoption de l’Internet mobile. Le coût d’accès aux services est souvent pointé du doigt comme l’un des principaux freins à la connectivité. Il renvoie à la fois au prix des appareils compatibles et à celui des services Internet.

La GSMA estime par exemple que le prix médian d’un smartphone d’entrée de gamme en Afrique subsaharienne s’élevait à 39 dollars en 2024. Ce montant représentait 26 % du revenu moyen pour l’ensemble de la population. Ce ratio atteignait 64 % pour les 40 % les plus pauvres et 87 % pour les 20 % les plus pauvres. Il s’établissait par ailleurs à 32 % pour les femmes contre 23 % pour les hommes.

Selon des données de la Banque mondiale, la proportion de la population ghanéenne âgée de plus de 15 ans utilisant un smartphone atteint 53 %. Ce chiffre ne précise toutefois pas la part des appareils compatibles avec la 4G ou avec les technologies ultérieures.

En ce qui concerne le coût des services, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que 5 Go d’Internet mobile représentaient 3,06 % du revenu national brut par habitant au Ghana en 2025. Ce ratio montait à 3,65 % pour l’Internet fixe. Si ces chiffres sont inférieurs aux moyennes africaines, ils restent légèrement supérieurs au seuil de 2 % fixé par l’organisation pour considérer un service comme abordable.

Autres défis : compétences et usages numériques

Au-delà de l’accès matériel et financier, l’adoption de l’Internet mobile dépend également de la capacité des populations à utiliser les services numériques. Dans les zones rurales, les écarts en matière de compétences numériques peuvent limiter l’utilisation effective d’une connexion, même lorsque les infrastructures sont disponibles.

La nature des services proposés compte également. L’accès à Internet prend davantage de valeur lorsque les populations peuvent l’utiliser pour répondre à des besoins concrets, dans l’éducation, les services administratifs, la santé, le commerce ou encore les services financiers. Le développement de contenus et de services adaptés aux besoins et aux réalités locales peut ainsi contribuer à transformer la couverture réseau en usages réguliers.

La perception de l’utilité d’Internet et la qualité des services fournis peuvent également influencer l’adoption. Une connexion qui répond mal aux besoins des utilisateurs, en raison de débits insuffisants, de coupures fréquentes ou d’une mauvaise couverture, peut limiter leur intérêt à utiliser régulièrement les services numériques.

Isaac K. Kassouwi

(Source : Agence Ecofin, 7 septembre 2026)

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