Alors que le processus officiel a débuté en mai 2024, les citoyens ghanéens n’ont toujours pas accès à la 5G. Face à ces retards, le gouvernement a revu sa stratégie, avec l’objectif d’atteindre 70 % de couverture en un an.
Next Gen Infraco (NGIC), l’opérateur ghanéen d’infrastructure 4G/5G en gros, a annoncé le mardi 3 mars le lancement commercial de ses activités après avoir obtenu l’aval du régulateur des télécommunications. Les opérateurs mobiles et les fournisseurs d’accès à Internet peuvent désormais se connecter à son réseau, actuellement disponible dans certaines zones d’Accra, Kumasi, Tamale et d’autres régions clés, avec une extension nationale prévue par phases.
« Aujourd’hui, le Ghana passe de l’ambition 5G à l’exécution 5G. L’ossature partagée est commercialement active et prête à monter en puissance », a déclaré Tenu Awoonor, directeur général de NGIC, cité dans un communiqué. Il a ajouté que « cette structure permet de coordonner les investissements en infrastructures au niveau national tout en préservant l’innovation et la concurrence sur la couche des services de détail ».
Lancée en mai 2024, NGIC a obtenu une licence exclusive de dix ans pour déployer et exploiter une infrastructure 5G mutualisée. Toutefois, le lancement commercial, initialement envisagé pour juin 2025, a été repoussé à plusieurs reprises. Face aux retards, le gouvernement a fixé un ultimatum à fin décembre 2025, sous peine de renégociation des termes de l’accord.
Fin février 2026, les autorités ont finalement annoncé le retrait du mandat d’exclusivité accordé à NGIC et la mise à disposition des ressources en fréquences via un appel d’offres national concurrentiel. Les opérateurs télécoms intéressés pourront ainsi acquérir des licences et du spectre pour déployer leurs propres réseaux 5G indépendamment du réseau national partagé.
Cette évolution marque l’adoption d’une approche hybride, alignée sur l’objectif gouvernemental de porter la couverture 5G à 70 % de la population d’ici mars 2027, à l’occasion du 70e anniversaire de l’indépendance du pays. La prochaine phase pour NGIC consistera à poursuivre l’extension nationale de son infrastructure, conformément aux obligations de sa licence et aux priorités publiques.
« Atteindre 70 % de couverture dans le cadre de Ghana @70 exige coordination et discipline à long terme. L’architecture partagée garantit que les investissements sont orientés vers l’extension de la couverture plutôt que vers la duplication des infrastructures », a soutenu M. Awoonor.
Il convient toutefois de rappeler que, bien que le réseau soit désormais opérationnel, aucun opérateur ghanéen n’a encore confirmé s’y être connecté pour proposer des services commerciaux 5G aux abonnés. Lors d’une récente intervention sur la radio locale Joy FM, le directeur général de la National Communications Authority (NCA), Edmund Yirenkyi Fianko, a indiqué que les Ghanéens devraient effectivement avoir accès aux services 5G d’ici la fin de l’année 2026.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 4 mars 2026)
OSIRIS
Le Ghana lance le déploiement commercial de son réseau de gros 5G