Le Gabon renforce ses infrastructures numériques avec un data center national
jeudi 11 juin 2026
En Afrique, une part importante des données publiques et privées est toujours stockée à l’étranger, faute d’infrastructures locales suffisantes. Le Gabon entend réduire cette dépendance avec la mise en service prochaine de son premier data center national.
Le Gabon prévoit d’inaugurer le 30 juin 2026 son premier data center national dans la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok, non loin de Libreville. L’annonce a été faite à l’issue d’une réunion tenue le lundi 9 juin entre le ministre de l’Économie numérique, Mark‑Alexandre Doumba, et les responsables du projet. Cette infrastructure vise à renforcer la souveraineté numérique du pays en permettant l’hébergement local des données des administrations publiques, des entreprises et des particuliers.
Selon les responsables de ST Digital, l’entreprise chargée du projet, le futur centre de données a été conçu selon les standards internationaux Tier 3, une certification garantissant un haut niveau de disponibilité des services grâce à des systèmes redondants d’alimentation et de refroidissement.
L’infrastructure proposera notamment des services d’hébergement, de cloud computing ainsi que des capacités adaptées aux applications d’intelligence artificielle. L’entreprise indique également que l’installation a été développée avec une attention particulière portée à l’efficacité énergétique, dans un contexte où la consommation électrique des data centers constitue un enjeu majeur à l’échelle mondiale.
Le projet s’inscrit dans la stratégie de transformation numérique engagée par les autorités gabonaises. Ces dernières années, Libreville a multiplié les initiatives visant à moderniser l’administration publique, accélérer la dématérialisation des services et renforcer la protection des données personnelles. Dans ce contexte, la capacité à héberger localement les données apparaît comme un maillon essentiel pour soutenir la numérisation de l’État et des entreprises.
L’infrastructure intervient également dans un contexte où plusieurs pays africains cherchent à réduire leur dépendance aux centres de données situés en Europe, aux États‑Unis ou en Afrique du Sud. L’hébergement local permet non seulement de mieux contrôler les données stratégiques, mais aussi de réduire la latence des services numériques et de limiter les coûts liés aux flux internationaux de données. Pour le Gabon, l’enjeu est également de renforcer son attractivité dans un marché régional où les infrastructures numériques demeurent encore limitées.
Au‑delà de la souveraineté numérique, les autorités espèrent faire du data center un levier de développement économique. Les entreprises locales, les banques, les opérateurs télécoms, les administrations et les start‑up pourraient accéder à des services d’hébergement et de cloud de proximité, facturés localement. Cette infrastructure pourrait également favoriser l’émergence de nouveaux métiers liés à la cybersécurité, à l’exploitation des données et à l’intelligence artificielle.
La réussite du projet dépendra toutefois de sa capacité à attirer une clientèle suffisamment large. Avec une population d’environ 2,5 millions d’habitants, le marché national pourrait ne pas suffire à rentabiliser l’investissement à lui seul. ST Digital affiche ainsi l’ambition de positionner Nkok comme une plateforme régionale capable de servir les administrations et les entreprises d’Afrique centrale, dans un contexte où la demande pour les services cloud et les infrastructures souveraines continue de progresser.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 11 juin 2026)
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