Le Gabon lance les travaux de sa future stratégie nationale d’IA
lundi 28 septembre 2026
L’IA s’installe progressivement dans les politiques publiques africaines, avec des stratégies nationales qui se multiplient pour encadrer son développement. Le Gabon rejoint cette dynamique alors que le continent cherche à définir ses propres priorités en matière de données, de compétences et de gouvernance.
Le Gabon lance les travaux préparatoires de sa future stratégie nationale d’intelligence artificielle. Le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation organise du lundi 28 au mercredi 30 septembre à Libreville, avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), des consultations consacrées à la définition des priorités du pays dans ce domaine.
Ces consultations visent d’abord à établir un état des lieux de l’écosystème national de l’IA et à identifier les conditions nécessaires à son développement. Elles porteront notamment sur les compétences disponibles, les infrastructures et les données, les cas d’usage possibles ainsi que les questions de gouvernance, de sécurité et de protection des droits. Des représentants de l’administration, du secteur privé, du monde académique et de la société civile participeront aux échanges.
Le Gabon ne part pas de zéro
La démarche prolonge plusieurs initiatives engagées ces dernières années. En 2024, le Gabon a réalisé la méthodologie d’évaluation de l’état de préparation à l’IA de l’UNESCO, dont les recommandations ont ensuite contribué à orienter la construction de sa stratégie nationale. Le pays a également mis en place un comité technique national consacré à l’IA.
En juin 2025, un atelier organisé avec l’UNESCO avait déjà réuni une soixantaine de représentants des ministères, des régulateurs, des entreprises, des startups, des chercheurs et de la société civile autour de la gouvernance éthique de l’IA. Les travaux avaient notamment permis de définir un calendrier pour l’élaboration d’une stratégie nationale.
Une nouvelle étape s’ouvre donc cette semaine avec les consultations soutenues par le PNUD. Elles serviront à transformer les diagnostics et réflexions accumulés jusque-là en orientations pouvant structurer la future politique gabonaise de l’IA.
Une course aux stratégies nationales
Le Gabon engage cette démarche alors que les politiques publiques consacrées à l’IA progressent sur le continent. Selon l’OCDE, plusieurs pays africains disposent déjà d’une stratégie nationale, notamment le Rwanda, le Ghana, le Sénégal, l’Algérie, l’Éthiopie, la Côte d’Ivoire, le Kenya et le Nigeria. D’autres, comme l’Afrique du Sud, le Togo et l’Ouganda, étaient encore en train de développer leur cadre au moment de l’analyse publiée en avril 2026.
Cette dynamique s’inscrit également dans le cadre de la stratégie continentale de l’Union africaine, adoptée en 2024 pour accompagner le développement de l’IA sur le continent. Celle-ci met notamment l’accent sur les compétences, les infrastructures, les données, la gouvernance et l’innovation.
Pour Libreville, la prochaine étape consistera donc à définir les domaines dans lesquels l’IA peut répondre à des besoins nationaux concrets et les conditions nécessaires à son développement. Les consultations prévues avec les acteurs gabonais devront alimenter la formulation, l’examen puis la finalisation de cette future stratégie.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 27 septembre 2026)
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