Le Gabon inaugure un data center pour héberger ses données sensibles
mardi 7 juillet 2026
De plus en plus de pays africains investissent dans des data centers afin de garantir que leurs données sensibles demeurent sur leur territoire national. Le Gabon vient, lui aussi, de franchir cette étape stratégique.
Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a inauguré le vendredi 3 juillet, à Nkok, dans la Zone économique spéciale de Libreville, le premier data center national du Gabon.
Réalisé par ST Digital et certifié Tier 3, un standard international garantissant un haut niveau de disponibilité grâce à des systèmes redondants d’alimentation et de refroidissement, l’infrastructure représente un investissement total de 8 milliards de francs CFA (environ 14 millions de dollars).
L’infrastructure comprend trois espaces distincts : une salle cloud, une salle de colocation et une salle privative, avec des infrastructures dédiées aux usages liés à l’intelligence artificielle. Elle intègre également des équipements écoresponsables, notamment une alimentation partielle par l’énergie solaire et un système de refroidissement sans consommation d’eau. L’ensemble du personnel technique est composé exclusivement d’ingénieurs et de techniciens gabonais.
Selon ST Digital, environ 95 % des données produites sur le territoire gabonais sont actuellement hébergées à l’étranger. Implanté sur plus de 3 000 m², le data center offre une capacité de 92 baies pouvant accueillir jusqu’à 42 serveurs physiques chacune, soit environ 3 000 serveurs physiques ou 20 000 à 35 000 serveurs virtuels à terme. Sa puissance électrique installée est d’un mégawatt, avec une montée en charge progressive en plusieurs phases.
Le projet s’inscrit dans une dynamique continentale marquée par un retard structurel important. À mi-2025, l’Afrique ne comptait que 223 data centers répartis dans 38 pays, soit moins de 0,02 % du parc mondial, selon le rapport State of African Energy 2026 de l’African Energy Chamber. L’Afrique du Sud concentre à elle seule 56 installations, suivie du Kenya (19) et du Nigeria (17), ces trois pays représentant 41 % des capacités africaines en matière de data centers.
L’Afrique centrale reste très en retrait dans ce paysage. Pourtant, selon le cabinet Research and Markets, le marché africain des data centers devrait passer de 3,49 milliards de dollars en 2024 à 6,81 milliards de dollars en 2030, soit une croissance annuelle de 11,79 %, portée par la numérisation des services publics, la montée en puissance de la fintech et les ambitions liées à l’intelligence artificielle.
Adoni Conrad Quenum
(Source : WeAreTechAfrica, 7 juillet 2026)
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