Le Gabon et TikTok s’accordent sur un cadre de coopération pour la modération des contenus
mardi 14 juillet 2026
En février dernier, les autorités gabonaises ont décidé de restreindre l’accès à plusieurs réseaux sociaux, dont TikTok, en raison des contenus jugés problématiques diffusés sur ces plateformes. Depuis, des échanges ont eu lieu entre les autorités gabonaises et la plateforme, aboutissant à un accord de coopération.
Le ministre gabonais de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba, a rencontré des dirigeants de TikTok en marge du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) 2026, organisé à Genève sous l’égide de l’Union internationale des télécommunications (UIT).
Les discussions ont permis de faire le point sur les engagements pris depuis la suspension des plateformes numériques en février 2026 et ont abouti à un accord de coopération d’une durée de 12 mois dans le cadre de la nouvelle réglementation gabonaise sur les réseaux sociaux.
TikTok renforce ses mécanismes de modération après la suspension des plateformes
Lors de cette réunion, TikTok a présenté les résultats de ses actions de modération pour le premier trimestre 2026. La plateforme a supprimé 23 504 comptes liés à des contenus sexuels, 13 930 comptes associés à des contenus violents ou menaçants envers des mineurs, ainsi que 10 784 comptes liés à la promotion de biens et services réglementés. Selon TikTok, 99,8 % des contenus violant ses politiques ont été retirés avant signalement, et 97,2 % dans les 24 heures suivant leur détection.
Ces chiffres s’inscrivent dans le cadre du bras de fer engagé depuis février 2026, lorsque la Haute autorité de la communication (HAC) avait suspendu TikTok, Facebook, YouTube, Instagram et WhatsApp, les accusant de diffuser des contenus « diffamatoires, haineux et attentatoires à la cohésion sociale ».
La mesure avait provoqué une rupture numérique pour les utilisateurs gabonais de ces plateformes et entraîné des pertes estimées à environ 50 millions FCFA (environ 86 854 dollars) par jour pour les opérateurs télécoms. TikTok avait réagi rapidement en dépêchant une délégation à Libreville à la fin du mois de février pour négocier les conditions d’un retour sur le marché gabonais. La plateforme avait proposé un renforcement de ses mécanismes de modération, un système de signalement prioritaire des contenus sensibles et l’intégration du « TikTok Safety Enforcement Tool » (TSET).
Les autorités gabonaises ont depuis adopté une ordonnance encadrant la régulation des réseaux sociaux. La réunion de Genève a entériné l’engagement des deux parties à travailler ensemble pendant 12 mois afin d’assurer la conformité de la plateforme avec ce nouveau cadre réglementaire.
Le cas gabonais s’inscrit dans une dynamique continentale de régulation croissante des plateformes numériques. Selon Access Now, au moins 12 pays africains ont ordonné des restrictions d’accès aux réseaux sociaux entre 2023 et 2025, dans des contextes allant des périodes électorales aux mouvements sociaux.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 14 juillet 2026)
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