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Le coût de l’Internet fixe en Afrique est 5 fois plus élevé que la moyenne mondiale

mardi 9 juillet 2024

Internet

L’accès à l’Internet abordable est l’une des priorités des objectifs de développement durable des Nations unies. En Afrique, malgré les efforts des organisations et des gouvernements, le coût d’Internet demeure un obstacle à son utilisation.

Selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’Afrique enregistre encore le coût d’Internet fixe le plus élevé au monde. Sur le continent, il faut payer cinq fois plus pour obtenir 5 gigabits (5 Gb). En effet, alors que le prix du services Internet à haut débit représente 2,9% du revenu national brut (RNB) mensuel par habitant dans le monde, il est évalué en Afrique à 14,8%. La Broadband Commission, un organisme spécial de l’UIT, considère le prix d’Internet comme accessible s’il est égal ou inférieur à 2% du RNB.

Dans son rapport « The State of Broadband 2024 : Leveraging AI for Universal Connectivity » publié en juin 2024, la Broadband Commission indique que l’inaccessibilité du service en Afrique s’explique par le faible pouvoir d’achat. « Le manque de moyens financiers reste un obstacle majeur à l’accès à Internet, en particulier dans les économies à faible revenu. Un écart important persiste entre les économies à haut revenu et le reste du monde ».

Mais au-delà du faible pouvoir d’achat sur le continent, il est également judicieux d’indiquer que cette cherté est la conséquence de l’insuffisance d’infrastructures télécoms en Afrique qui contraint certains marchés à rentabiliser, à prix fort, le peu qui existe. « Les réseaux à large bande fixe sont très coûteux à déployer, à entretenir et à mettre à niveau, en fonction de la géographie et de l’extension du territoire à couvrir », indique l’UIT.

La Broadband Commission a d’ailleurs estimé, dans son rapport « Connecting Africa Through Broadband A strategy for doubling connectivity by 2021 and reaching universal access by 2030 » publié en octobre 2019, qu’il faut actuellement près de 100 milliards $ de fonds pour couvrir totalement le continent en Internet d’ici 2030. La dépendance de l’Afrique aux câbles étrangers, dont le coût du transit international est élevé, demeure aussi un défi pour à l’accessibilité du haut débit fixe sur le continent.

Cette situation impacte négativement les petites et moyennes entreprises du continent, car l’Internet s’impose comme un outil indispensable à l’ère de la transformation numérique. La Broadband Commission rappelle que, selon une enquête menée par la Société financière internationale et la Banque mondiale auprès de 3 325 microentreprises dans sept pays africains, l’utilisation de l’Internet à des fins professionnelles était de 7% en moyenne, allant de 24% en Afrique du Sud à 1% au Rwanda.

La Broadband Commission a pour principal objectif de rendre le haut débit abordable dans les pays en développement d’ici 2025. Bien que l’atteinte de cet objectif en Afrique soit hypothétique pour l’année prochaine, l’organe souligne toutefois que « les services TIC suivis par l’UIT sont devenus plus abordables en 2023 qu’ils ne l’ont jamais été auparavant ».

En 2022, pour le cas de l’Internet fixe, le coût s’était établi à 16,3% du RNB mensuel par habitant sur le continent et à 18,3% en 2021. En 2009, il était estimé à près de 483 % du RNB mensuel par habitant.

Adoni Conrad Quenum

(Source : WeAreTechAfrica, 9 juillet 2024)

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