OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2018 > Septembre 2018 > Le Code des communications menace « le pluralisme médiatique » au Sénégal

Le Code des communications menace « le pluralisme médiatique » au Sénégal

mercredi 12 septembre 2018

Portrait/Entretien

Le Sénégal vit une transition numérique avec le projet de loi portant code des communications électroniques. Pour le président de l’Association sénégalaise des utilisateurs des TIC (Asutic), si cette mesure est votée, elle va ouvrir, entre autres, la voix aux surveillances de masse. Le président de l’Asutic est également revenu sur la nécessité de « développer nos propres logiciels », au risque d’être surveillé en permanence, à notre insu.

Ouestafnews – Les acteurs du web ont fustigé l’article 27 d’un projet de loi portant “code des communications électroniques”. A quoi doivent s’attendre les utilisateurs du web, si le projet de loi est adopté ?

Ndiaga Gueye – Légaliser et entamer un processus de surveillance, de filtrage, de censure, c’est mettre le doigt sur un engrenage dangereux. Aujourd’hui, c’est le blocage des OTT (Over the top -Viber, Whatsapp, etc.), le filtrage de contenus jugés gênants. Demain, ce sera les œuvres protégées par le droit d’auteur.

Après demain, ce sera une surveillance des correspondances privées des citoyens, des opposants politiques, des journalistes ou encore des lanceurs d’alertes. Une fois que les outils de surveillance sont installés sur les réseaux, il peut être tentant d’étendre leur usage. Cela peut facilement mener jusqu’aux types de surveillance de masse. Les citoyens perdent ainsi la souveraineté sur leur vie numérique.

Le vote de la loi donnera lieu à des situations où des contenus, des services ou, plus généralement, des communications peuvent être surveillés, filtrés, ralentis, ou­ bloqués par les opérateurs. C’est la censure d’internet.

A l’inverse, ils peuvent aussi les favoriser, les mettre en avant, ou les imposer. C’est la discrimination, en somme un internet à deux vitesses, un pour les riches et un autre pour les pauvres, dans un pays où la fracture numérique est déjà béante.

Autrement dit, l’ARTP et les opérateurs décideront désormais de ce que les Sénégalais doivent voir et faire sur internet. Ainsi, la liberté d’expression, le libre accès à l’information, la liberté de choix des utilisateurs et le pluralisme des médias ainsi que la compétitivité et l’innovation sont menacés au Sénégal.

En outre, il y a le risque certain de comportement anticoncurrentiel dans la gestion du trafic de la part d’opérateurs ayant une position dominante sur au moins un des segments de la chaine de valeur du marché de l’accès à internet.

Ouestafnews – Donc vous percevez cette loi comme étant liberticide ?

N.G – Cette loi soulève un véritable enjeu de société au-delà des questions techniques, économiques et juridiques. La vie des Sénégalais se passe de jour en jour sur les réseaux téléphoniques et internet, qui donnent des moyens sans précédent de surveillance aux opérateurs, fournisseurs de services et à l’appareil d’Etat.

Voulons-nous vivre sous surveillance permanente ? Allons-nous accepter que, petit à petit, l’ARTP et les opérateurs soient les seuls juges des contenus à publier ou à consulter sur internet, le juge judiciaire étant progressivement écarté de ses fonctions ?

Ce serait une défaite de la séparation des pouvoirs et des droits des citoyens. Nous avons analysé ce projet de loi en ayant une démarche objective. Nous livrons des faits tout en concédant la liberté à tout un chacun, la liberté d’apprécier suivant sa compréhension de l’information que nous donnons.

Ouestafnews – Il est également constaté que sur les réseaux sociaux, les Sénégalais utilisent des applications qu’ils ne maîtrisent souvent pas. Quels sont les dangers liés à cela ?

N.G – La plus grande menace des Sénégalais, quand ils parcourent leur vie virtuelle, est liée aux mesures techniques. Ceci fait référence au sous-développement technique du Sénégal. 99% des applications que nous utilisons sont étrangères et sont développées par des étrangers.

Le problème avec ces applications est que nous ne savons jamais leurs inconvénients.

Aujourd’hui, nous sommes dans un monde où l’algorithme est beaucoup plus puissant que le droit. Le développeur peut mettre en places des algorithmes qui contournent la loi, à l’insu de l’utilisateur.

Pour vous donner un exemple, quand vous achetez un smartphone, il vient avec ses applications par défaut. Ce qui veut dire qu’on ne vous laisse même pas le choix de prendre les applications que vous voulez.

Il vous arrive de ne plus vouloir être géo-localisé et d’éteindre l’application de localisation. Une étude récente a démontré que la géolocalisation continue à l’insu de l’utilisateur, même quand le téléphone est éteint.

Ce qui veut dire qu’a votre insu, des données sont collectées sur vous. En clair, c’est de l’espionnage. Ce qui est un danger réel. Et tant que nous continuerons à utiliser ces applications, nous ne serons pas à l’abri de ces situations-là.

Beaucoup de pays vont dans le sens de développer leurs propres applications. En Algérie, il y a l’équivalent de WhatsApp (Voice over Ip). Dans beaucoup de pays arabes, il y a beaucoup de Facebook locaux développés par leurs populations.

C’est vers cette direction qu’il faut aller. Tant que nous utilisons ces applications étrangères, nous ne pourrons jamais avoir le contrôle sur nos données personnelles. C’est impossible, il ne faut pas rêver.

Les sociétés à qui appartiennent ces applications sont privées. Ce qui les intéresse, c’est de gagner de l’argent. Ils prônent la sécurité des clients, mais au fond cela ne les intéresse pas.

Elles vont continuer à collecter des informations sur vous pour les vendre. Parce que maintenant le big data, c’est les données des utilisateurs qui est une mine d’information inestimable utilisée commercialement, politiquement et dans le domaine de la sécurité.

Ouestafnews – Le Sénégal a-t-il mis sur pied des entités pour remédier à cette situation ?

N.G – Malheureusement, il n’y a même pas un fonds numérique pour le Sénégal. Dans d’autres pays, on crée des camps pour inciter les jeunes à créer des applications pour les besoins locaux.

Rien n’est fait pour favoriser la production d’applications locales. Et pour élaborer une stratégie dans ce sens, le minimum c’est d’avoir connaissance de l’existant. Autrement dit, qu’est-ce qui existe réellement actuellement ? Est-ce que les autorités peuvent dire quel est le nombre d’ingénieurs de conception qu’on a ?

Quels sont les besoins du marché, des écoles de formation en informatique ? Où est-ce que nous avons des lacunes pour le développement de sites web, d’applications mobiles ?

Il faut d’abord faire une analyse de l’existant, voir les points focaux, connaitre nos points faibles et élaborer une stratégie… Cela veut dire qu’il faut développer une véritable industrie du numérique.

Ce qui n’est pas le cas du Sénégal. Si vous regardez le PSE (Plan Sénégal émergent), le numérique occupe une portion congrue.

Le Plan d’action prioritaire (PAP) du PSE est évalué à 9.600 milliards de francs CFA. Le numérique n’a qu’une enveloppe de 60 milliards. Cette somme est répartie entre le parc numérique de Diamniadio et des cybers villages.

Parmi les 27 projets prioritaires du PSE, aucun ne concerne le numérique. La vision du gouvernement est de penser que si on met le numérique dans l’éducation et la santé, alors on le développe. Or, cela n’est pas le développement le numérique.

Le numérique, qui crée de la valeur ajoutée, c’est dans ce sens qu’il faut aller : utiliser les ordinateurs fabriqués localement qu’on pourra demain exporter.

Ouestafnews – La mise en œuvre sera-t-elle aussi facile comme vous le dites ?

N.G – Peut-être qu’il sera difficile de rattraper notre retard numérique mais celui de l’intelligence, on peut toujours le rattraper.

Dans d’autres pays, le gouvernement prend en charge le développement des applications à utiliser au niveau local. Ce n’est pas aux opérateurs privés de le faire. Car ces derniers ne s’intéressent qu’aux applications qui vont dans leur intérêt, à savoir comment gagner plus d’argent.

Il appartient au gouvernement de créer des conditions pour le développement d’une industrie du numérique dans ce pays. Et ce n’est pas compliqué. Créer des espaces de programmation informatique ne demande pas beaucoup d’argent. Il faut insister sur le capital humain. Au Japon, à l’école primaire, on apprend aux élèves à programmer. Cette enfant-là, 20 ans plus tard, sera un crack pour le développement informatique.

(Source : Ouestaf, 12 septembre 2018)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4443/5112 Régulation des télécoms
  • 355/5112 Télécentres/Cybercentres
  • 3422/5112 Economie numérique
  • 1792/5112 Politique nationale
  • 5112/5112 Fintech
  • 527/5112 Noms de domaine
  • 2297/5112 Produits et services
  • 1514/5112 Faits divers/Contentieux
  • 750/5112 Nouveau site web
  • 4995/5112 Infrastructures
  • 2133/5112 TIC pour l’éducation
  • 194/5112 Recherche
  • 251/5112 Projet
  • 3390/5112 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 1855/5112 Sonatel/Orange
  • 1634/5112 Licences de télécommunications
  • 278/5112 Sudatel/Expresso
  • 1018/5112 Régulation des médias
  • 1287/5112 Applications
  • 1133/5112 Mouvements sociaux
  • 1680/5112 Données personnelles
  • 131/5112 Big Data/Données ouvertes
  • 609/5112 Mouvement consumériste
  • 371/5112 Médias
  • 656/5112 Appels internationaux entrants
  • 1628/5112 Formation
  • 92/5112 Logiciel libre
  • 1986/5112 Politiques africaines
  • 998/5112 Fiscalité
  • 174/5112 Art et culture
  • 585/5112 Genre
  • 1796/5112 Point de vue
  • 1023/5112 Commerce électronique
  • 1492/5112 Manifestation
  • 328/5112 Presse en ligne
  • 127/5112 Piratage
  • 208/5112 Téléservices
  • 914/5112 Biométrie/Identité numérique
  • 310/5112 Environnement/Santé
  • 344/5112 Législation/Réglementation
  • 364/5112 Gouvernance
  • 1774/5112 Portrait/Entretien
  • 144/5112 Radio
  • 782/5112 TIC pour la santé
  • 278/5112 Propriété intellectuelle
  • 58/5112 Langues/Localisation
  • 1178/5112 Médias/Réseaux sociaux
  • 2035/5112 Téléphonie
  • 200/5112 Désengagement de l’Etat
  • 1069/5112 Internet
  • 117/5112 Collectivités locales
  • 451/5112 Dédouanement électronique
  • 1105/5112 Usages et comportements
  • 1043/5112 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 565/5112 Audiovisuel
  • 3246/5112 Transformation digitale
  • 399/5112 Affaire Global Voice
  • 173/5112 Géomatique/Géolocalisation
  • 319/5112 Service universel
  • 686/5112 Sentel/Tigo
  • 179/5112 Vie politique
  • 1544/5112 Distinction/Nomination
  • 36/5112 Handicapés
  • 754/5112 Enseignement à distance
  • 813/5112 Contenus numériques
  • 589/5112 Gestion de l’ARTP
  • 181/5112 Radios communautaires
  • 1805/5112 Qualité de service
  • 445/5112 Privatisation/Libéralisation
  • 136/5112 SMSI
  • 471/5112 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2747/5112 Innovation/Entreprenariat
  • 1385/5112 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 47/5112 Internet des objets
  • 174/5112 Free Sénégal
  • 679/5112 Intelligence artificielle
  • 204/5112 Editorial
  • 2/5112 Gaming/Jeux vidéos
  • 24/5112 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous