Le Cap-Vert dévoile une feuille de route pour le déploiement de la 5G
vendredi 13 février 2026
Le déploiement de la 5G s’accélère en Afrique, dans un contexte de transformation numérique accélérée. A la mi-2025, 48 opérateurs dans 21 pays fournissaient déjà la technologie, selon les données de l’Agence Ecofin.
Les autorités cap-verdiennes préparent le déploiement de la technologie mobile de cinquième génération (5G). À cet effet, une stratégie nationale de mise en œuvre a officiellement été présentée le mercredi 11 février 2026.
Selon le communiqué officiel, cette initiative établit une vision claire et progressive pour le déploiement de la 5G. Compte tenu de la configuration géographique, socio-économique et infrastructurelle de l’archipel, la mise en œuvre se fera de manière progressive et responsable, en commençant par le modèle 5G Non-Standalone (NSA), qui s’appuie sur le réseau 4G existant.
La feuille de route prévoit également la réalisation de projets pilotes ciblés sur des cas d’usage prioritaires.« Ces projets permettront de tester des solutions technologiques dans des contextes réels, de démontrer la valeur de la 5G, de stimuler l’innovation et de collecter des données concrètes sur les impacts économiques, sociaux et territoriaux de la technologie », indique le communiqué. Et d’ajouter :« ils serviront de base à l’expansion graduelle du réseau et à l’ajustement continu des politiques publiques associées ».
L’élaboration de ce plan national intervient dans un contexte où de plus en plus de pays africains s’intéressent à la technologie mobile de dernière génération, considérée comme un levier majeur de la transformation numérique. Cette attention s’explique par les capacités offertes par la 5G, notamment des débits beaucoup plus élevés que les générations précédentes, une latence plus faible, une connectivité massive pour les objets et une meilleure fiabilité des services.
Le Cap-Vert ambitionne de « devenir une nation numérique pour accélérer sa dynamique de croissance et de développement et devenir un pays à revenu élevé à l’horizon d’une décennie ». L’État entend intégrer les TIC dans plusieurs secteurs comme l’éducation, la santé, le tourisme, l’administration publique, le commerce, l’agriculture, l’économie bleue… Cela permettra d’augmenter progressivement la contribution du secteur des TIC au PIB alors qu’elle est actuellement d’environ 5%.
Il convient toutefois de rappeler que le déploiement de la 5G nécessite des investissements conséquents. Selon une étude publiée en 2022 par Ericsson, le coût de base du déploiement de la 5G dans un pays est estimé entre 3 et 8 milliards $ auxquels s’ajoutent 20 à 35 % d’investissements supplémentaires pour étendre la couverture du réseau à l’échelle nationale.
Au-delà des infrastructures, la question de l’adoption réelle de la 5G par les populations se pose. Plusieurs facteurs entrent en jeu comme le coût des smartphones compatibles, l’accessibilité des forfaits de données 5G, le niveau de compétences numériques des utilisateurs, la perception de la pertinence des services proposés, ainsi que la qualité de l’expérience client.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 13 février 2026)
OSIRIS