Le Cameroun valide un prêt de 195 millions $ pour l’extension de son backbone à fibre optique
lundi 9 mars 2026
Malgré un réseau de fibre optique en expansion, l’accès au haut débit reste limité pour une grande partie de la population. Le pays cherche à réduire ces disparités et à accélérer l’inclusion numérique dans le cadre de sa stratégie nationale.
Le président du Cameroun Paul Biya (photo) a signé, vendredi 6 mars, un décret habilitant le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à conclure avec Export-Import Bank of China un accord de prêt d’environ 1,35 milliard de yuans (près de 195 millions USD). Ce financement est destiné à la phase 4 du projet d’extension du backbone national à fibre optique.
Un réseau de fibre optique construit progressivement depuis 2011
Ce financement s’inscrit dans la continuité du programme national de déploiement de la fibre optique engagé par le Cameroun depuis plus d’une décennie afin de se doter d’un réseau national de transport des données. Selon un document du ministère des Postes et Télécommunications, entre 2011 et 2016, environ 6000 km de fibre optique ont été installés dans le cadre des deux premières phases du projet. La troisième phase, réalisée en 2017, a permis d’ajouter 4000 km supplémentaires, portant le linéaire national à environ 10 000 km, auxquels s’ajoutent 1000 km déployés le long du pipeline Tchad-Cameroun.
Depuis lors, d’autres projets d’extension, des interconnexions transfrontalières et des déploiements complémentaires réalisés par les opérateurs publics et privés ont permis d’accroître progressivement cette infrastructure. Le Cameroun dispose aujourd’hui d’un peu plus de 15 000 km de fibre optique, reliant les différentes régions du pays et offrant des interconnexions avec plusieurs États voisins, notamment le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Nigeria.
Une infrastructure encore sous-utilisée
Malgré l’extension progressive de cette infrastructure au cours de la dernière décennie, son exploitation reste encore limitée et la qualité de la connectivité continue de susciter des critiques de la part des usagers. Selon les dernières données de DataReportal pour début 2026, le taux de pénétration d’Internet au Cameroun oscille autour de 45 %, révélant un paradoxe entre une infrastructure de transport relativement robuste et un accès au « dernier kilomètre » encore limité pour une grande partie des 12,6 millions d’internautes recensés.
La phase 4 du projet vise notamment à corriger ces disparités en densifiant les réseaux de distribution afin de raccorder plus efficacement les administrations, les entreprises et les zones rurales encore peu desservies.
Un enjeu stratégique pour l’économie numérique
La finalisation de ce backbone constitue un levier stratégique pour l’essor de l’économie numérique et la transformation structurelle prévue par la Stratégie Nationale de Développement 2020‑2030 du Cameroun. Le développement de la fibre optique est en effet considéré comme un facteur clé pour soutenir l’émergence des start-up technologiques, le développement des services numériques, des plateformes de commerce électronique ainsi que la digitalisation des services publics.
Le partenariat renouvelé avec Export-Import Bank of China, qui a déjà financé plusieurs phases précédentes du projet, confirme ainsi l’ambition des autorités camerounaises de renforcer la couverture territoriale du réseau et d’accélérer l’inclusion numérique du pays.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 9 mars 2026)
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