OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2025 > Décembre 2025 > Le Cameroun envisage une connexion au câble Medusa Africa

Le Cameroun envisage une connexion au câble Medusa Africa

mardi 9 décembre 2025

Infrastructures

Bien que connecté à 4 câbles sous-marins, le Cameroun fait face à divers problèmes de connexion Internet. Les autorités envisagent le raccordement à une cinquième infrastructure pour améliorer la connectivité dans le pays.

Le Cameroun poursuit son projet de raccordement au câble sous-marin Medusa Africa, une infrastructure de nouvelle génération appelée à modifier en profondeur sa connectivité internationale, selon des documents consultés par Investir au Cameroun. Le protocole d’accord a été finalisé et transmis à la Présidence de la République pour « Haut Accord », première étape avant un engagement formel de l’État dans cette initiative. Le coût prévisionnel pour la partie camerounaise est évalué à 32,8 milliards de FCFA (environ 58,6 millions USD), pour la construction et l’exploitation de cette nouvelle liaison.

Medusa Africa constitue la branche ouest-africaine du futur système méditerranéen Medusa, porté par AFR-IX Telecom Group, opérateur basé à Barcelone et déjà implanté au Cameroun via une filiale locale. Financée par l’Union européenne, l’infrastructure doit être opérationnelle en 2028. Elle reliera l’Europe du Sud au Maghreb et à la façade atlantique africaine, avec des points d’atterrissement prévus notamment à Dakar, Abidjan, Accra, Lagos, Kribi, Libreville, Luanda et Cape Town. Avec Medusa, le Cameroun portera à cinq le nombre de systèmes internationaux auxquels il est connecté, après le South Atlantic Inter Link (SAIL), le West African Submarine Cable (WACS), le South Atlantic Telecommunications Cable n°3/South Africa Far East (SAT-3) et le Nigeria Cameroon Submarine Cable Systems (NCSCS).

Doté de 24 paires de fibres par segment et d’une capacité comprise entre 10 et 18 Tbit/s par paire, Medusa se positionne comme un système de câble ouvert, indépendant, dimensionné pour accompagner la croissance numérique du pays sur au moins 25 ans. Pour le Cameroun, il apparaît comme une solution de remplacement critique face au vieillissement du câble SAT-3, dont la capacité et la maintenance deviennent coûteuses. Contrairement à certains systèmes plus récents mais unidirectionnels tels que SAT-3, Medusa offre une connectivité multidirectionnelle vers l’Europe, l’Afrique du Nord, l’Afrique australe et, via des interconnexions, l’Asie du Sud-Est, confie une source.

Positionnement stratégique

Ce positionnement renforce la capacité du Cameroun à attirer les grandes plateformes mondiales (Google, Amazon, Microsoft, Meta, Apple), en quête de nouveaux points d’atterrissement pour déployer leurs infrastructures cloud et leurs services de diffusion de contenus. Leur installation sur le territoire pourrait générer des investissements directs, des emplois qualifiés et un nouvel écosystème technologique structuré autour des data centers et des services numériques à valeur ajoutée.

« À la différence des systèmes de câbles sous-marins CEIBA 2, NCSCS et SAIL, qui relient simplement deux pays sans impact significatif sur l’économie numérique, MEDUSA connecte le Cameroun avec l’Afrique du Sud, l’Europe, le Maghreb et l’Asie du Sud-Est, offrant une connectivité multidirectionnelle stratégique », indique une source au fait du dossier à Investir au Cameroun.

Au-delà de la seule connectivité internationale, l’infrastructure ferait du Cameroun un hub numérique d’Afrique centrale. Le pays disposerait de capacités internationales accrues, de routes redondantes vers l’Europe et d’un avantage compétitif pour interconnecter ses data centers aux plateformes mondiales. Cette montée en puissance favoriserait l’émergence de nouveaux services (cloud local, solutions de cybersécurité, plateformes de diffusion de contenus) tout en renforçant la résilience des réseaux existants (SAT-3, WACS, SAIL) par l’augmentation et la diversification du trafic.

Selon les éléments consultés, l’impact serait également fiscal. L’arrivée de Medusa créerait une nouvelle assiette de taxation fondée sur les services numériques à forte valeur ajoutée, sur un modèle proche de celui déjà mis en œuvre dans plusieurs pays de l’Union européenne.

Des défis à relever

La réussite du projet repose toutefois sur un modèle économique renouvelé. Celui-ci doit combiner un tarif de cross-connect suffisamment attractif pour capter les grands opérateurs internationaux, une interconnexion efficace des data centers camerounais avec les infrastructures mondiales, ainsi que le développement de services à forte valeur ajoutée (cache local, passerelles cloud, etc.). En cas de validation définitive du projet, l’opérateur historique sera appelé à optimiser l’exploitation de ce nouveau câble.

Camtel n’exploite aujourd’hui que 16 % des capacités cumulées de ses quatre câbles sous-marins, selon un rapport de la Chambre des comptes publié en juin 2024. Dans le détail, l’entreprise n’utilise que 6 % de la capacité de SAIL, 57 % de celle du WACS, 29 % du SAT-3 et 92 % du NCSCS, illustrant des niveaux de mobilisation très contrastés selon les routes internationales. Cette sous-utilisation interroge la capacité du marché régional à absorber de nouvelles capacités, ainsi que la stratégie commerciale de l’opérateur.

Pour expliquer cette situation, la direction générale de Camtel invoque le faible taux de pénétration d’Internet dans la sous-région, alors que les projections initiales misaient sur une progression rapide de la demande en bande passante. Elle souligne également que 83 % du trafic Internet africain est orienté vers l’Europe, ce qui limite l’attrait du câble SAIL et contribue à expliquer son très faible taux d’exploitation. L’arrivée de Medusa pourrait cependant redistribuer les flux et imposer une reconfiguration des routes de trafic et des offres commerciales, afin de tirer pleinement parti de ce nouvel actif stratégique.

Amina Malloum

(Source : Agence Ecofin, 10 décembre 2025)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 2158/2467 Régulation des télécoms
  • 173/2467 Télécentres/Cybercentres
  • 1652/2467 Economie numérique
  • 870/2467 Politique nationale
  • 2467/2467 Fintech
  • 256/2467 Noms de domaine
  • 940/2467 Produits et services
  • 726/2467 Faits divers/Contentieux
  • 368/2467 Nouveau site web
  • 2404/2467 Infrastructures
  • 856/2467 TIC pour l’éducation
  • 93/2467 Recherche
  • 121/2467 Projet
  • 1634/2467 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 922/2467 Sonatel/Orange
  • 792/2467 Licences de télécommunications
  • 137/2467 Sudatel/Expresso
  • 500/2467 Régulation des médias
  • 650/2467 Applications
  • 524/2467 Mouvements sociaux
  • 818/2467 Données personnelles
  • 63/2467 Big Data/Données ouvertes
  • 296/2467 Mouvement consumériste
  • 180/2467 Médias
  • 321/2467 Appels internationaux entrants
  • 806/2467 Formation
  • 47/2467 Logiciel libre
  • 1010/2467 Politiques africaines
  • 488/2467 Fiscalité
  • 83/2467 Art et culture
  • 290/2467 Genre
  • 845/2467 Point de vue
  • 522/2467 Commerce électronique
  • 731/2467 Manifestation
  • 159/2467 Presse en ligne
  • 62/2467 Piratage
  • 102/2467 Téléservices
  • 454/2467 Biométrie/Identité numérique
  • 153/2467 Environnement/Santé
  • 168/2467 Législation/Réglementation
  • 176/2467 Gouvernance
  • 875/2467 Portrait/Entretien
  • 72/2467 Radio
  • 373/2467 TIC pour la santé
  • 138/2467 Propriété intellectuelle
  • 29/2467 Langues/Localisation
  • 535/2467 Médias/Réseaux sociaux
  • 971/2467 Téléphonie
  • 95/2467 Désengagement de l’Etat
  • 507/2467 Internet
  • 57/2467 Collectivités locales
  • 205/2467 Dédouanement électronique
  • 549/2467 Usages et comportements
  • 513/2467 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 275/2467 Audiovisuel
  • 1554/2467 Transformation digitale
  • 191/2467 Affaire Global Voice
  • 78/2467 Géomatique/Géolocalisation
  • 159/2467 Service universel
  • 330/2467 Sentel/Tigo
  • 87/2467 Vie politique
  • 765/2467 Distinction/Nomination
  • 17/2467 Handicapés
  • 349/2467 Enseignement à distance
  • 341/2467 Contenus numériques
  • 292/2467 Gestion de l’ARTP
  • 89/2467 Radios communautaires
  • 879/2467 Qualité de service
  • 216/2467 Privatisation/Libéralisation
  • 66/2467 SMSI
  • 238/2467 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 1438/2467 Innovation/Entreprenariat
  • 670/2467 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 23/2467 Internet des objets
  • 85/2467 Free Sénégal
  • 292/2467 Intelligence artificielle
  • 97/2467 Editorial
  • 2/2467 Gaming/Jeux vidéos
  • 12/2467 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous