Le Burkina Faso veut accélérer la digitalisation de la justice en 2026
vendredi 2 janvier 2026
Comme dans de nombreux pays africains, les autorités burkinabè misent sur une intégration généralisée du numérique pour soutenir le développement socio-économique. Cela touche à tous les secteurs, dont celui de la justice.
Le gouvernement burkinabé prévoit d’accélérer la digitalisation du secteur de la justice à partir de 2026 afin de renforcer l’inclusion de la population. L’annonce a été faite par le président de la République, Ibrahim Traoré, lors de son discours à la Nation, le mercredi 31 décembre.
« Les efforts vont se poursuivre au niveau de la justice dans la digitalisation également de tous les actes, de sorte que les usagers n’aient pas à se déplacer forcément vers les tribunaux qui se retrouvent généralement dans les centres urbains ; et qu’ils puissent rester là où ils sont pour pouvoir avoir accès à une justice équitable et à tous les documents que la justice peut délivrer », a-t-il déclaré.
Cette annonce intervient environ deux semaines après le lancement de trois nouvelles plateformes numériques destinées à rapprocher la justice des citoyens. Elles permettent le dépôt et le suivi des plaintes en ligne, la demande dématérialisée de permis de visite pour les maisons d’arrêt et de correction, ainsi que l’obtention en ligne d’actes dérivés du RCCM (Registre du commerce et du crédit mobilier), notamment les extraits, attestations d’inscription et certificats de non-faillite.
Le Burkina Faso avait déjà engagé la digitalisation de plusieurs services judiciaires et administratifs, dont la demande de certificat de nationalité et de casier judiciaire. En deux ans, ces deux plateformes ont enregistré 467 000 demandes traitées, générant des recettes de 337 millions de francs CFA (environ 603 700 dollars).
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de transformation numérique portée par les autorités, qui placent les TIC au cœur du développement socio-économique. Selon le président Traoré, le pays doit sortir d’une situation précaire pour devenir un modèle. À ce stade, le pays occupe toutefois le 175ᵉ rang sur 193 à l’indice de développement de l’e-gouvernement (EGDI) des Nations unies, avec un score de 0,2895 sur 1, inférieur aux moyennes régionales et mondiales.
Selon des données officielles de 2024, le taux de couverture de la téléphonie mobile (2G) atteint 85 %, contre 64 % pour l’Internet 3G et 46 % pour la 4G. De son côté, l’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que le taux de pénétration de l’Internet s’élevait à 17 % en 2023, contre 55,9 % pour la téléphonie mobile.
Conscientes de cette fracture numérique, les autorités prévoient la construction, dès cette année, de « Maisons du citoyen » à travers le pays.
« Ces maisons seront installées dans beaucoup de chefs-lieux de province, mais nous irons jusqu’aux départements pour que quiconque ne maîtrise pas l’outil informatique puisse y aller, trouver des Burkinabè qui vont l’aider à avoir accès à tous les services à travers les plateformes qui seront installées », a expliqué I. Traoré.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 2 février 2026)
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