Le Bénin se dote d’un comité pour mieux contrôler les résultats des investissements numériques
mardi 20 octobre 2026
Services publics en ligne, gestion électronique des documents et dématérialisation des procédures figurent parmi les chantiers de modernisation de l’administration béninoise. Ces projets mobilisent plusieurs organismes publics, avec des besoins de suivi et d’évaluation de leur mise en œuvre.
Le Bénin renforce le pilotage de sa transformation numérique alors que l’État poursuit plusieurs chantiers de dématérialisation de l’administration. Le décret n° 2026-579 du 2 septembre 2026, publié le vendredi 16 octobre, institue un Comité national du numérique placé auprès du président de la République, Romuald Wadagni, chargé de l’orientation stratégique, du suivi des projets publics et de la veille technologique et sécuritaire.
Le nouveau comité aura notamment pour rôle d’examiner l’avancement des projets, d’évaluer les résultats obtenus et de proposer des mesures correctives lorsque les objectifs ne sont pas atteints. Le décret lui donne également la possibilité de recommander la réorientation ou l’arrêt de certaines initiatives. Il devra par ailleurs émettre un avis préalable sur les projets numériques structurants et les partenariats technologiques engageant la souveraineté numérique du pays.
Une nouvelle instance dans un dispositif déjà structuré
Cette création intervient alors que l’Agence des systèmes d’information et du numérique (ASIN) assure déjà la mise en œuvre opérationnelle des programmes et projets publics du secteur. L’agence est notamment chargée de développer les infrastructures numériques, de sécuriser les systèmes d’information et d’accompagner la dématérialisation des services administratifs.
Parmi les chantiers en cours figure Smart Gouv, dont la deuxième phase, exécutée sur la période 2021-2026, comprend la généralisation des services publics en ligne, la gestion électronique des documents et des courriers, le développement des systèmes d’archivage ainsi que le renforcement des infrastructures communes de l’administration. Le programme prévoit également la dématérialisation des procédures dans plusieurs secteurs publics.
Le Comité national du numérique ne remplace pas ces dispositifs. Sa fonction est davantage stratégique : suivre les initiatives, apprécier leurs résultats et renforcer la cohérence des décisions publiques. Cette distinction place la question de la coordination au centre du nouveau mécanisme institutionnel, alors que les projets numériques mobilisent plusieurs administrations et organismes spécialisés.
Le suivi des résultats au cœur du dispositif
Présidée par le chef de l’État ou son représentant, la nouvelle instance réunira notamment le ministre de la Transformation digitale et de l’Innovation, Mahuna Akplogan, le directeur général de l’ASIN ainsi que les responsables des organismes publics intervenant dans les investigations numériques et la cybersécurité. Trois personnalités reconnues pour leur expertise pourront également être désignées pour un mandat de trois ans renouvelable une fois.
Le comité se réunira chaque trimestre. Son secrétariat permanent sera chargé de tenir un tableau de bord actualisé des projets et réformes, à partir des informations transmises par les structures concernées. Des rapports trimestriels seront également adressés au chef de l’État. Le décret prévoit en outre une veille sur les technologies émergentes, dont l’intelligence artificielle, ainsi qu’un suivi des mesures relatives à la protection des infrastructures numériques critiques et des données de souveraineté.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 20 octobre 2026)
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