La Zambie se dote d’une infrastructure nationale de confiance numérique
mardi 8 septembre 2026
Ce lancement concrétise un projet engagé depuis plusieurs années : la législation zambienne sur les communications et les transactions électroniques de 2021 prévoyait déjà la création d’une infrastructure nationale à clés publiques et d’une autorité nationale de certification.
La Zambie a annoncé, lundi 7 septembre, le lancement de son infrastructure nationale à clés publiques (NPKI), destinée à renforcer la sécurité et la fiabilité des échanges numériques. Le dispositif doit notamment permettre de vérifier l’intégrité des documents et de réduire les risques d’usurpation d’identité et de falsification.
Concrètement, la NPKI repose sur des certificats numériques permettant d’authentifier l’identité d’une personne, d’une organisation ou d’un service en ligne. Elle doit ainsi faciliter l’usage des signatures électroniques et sécuriser les échanges de documents et les transactions numériques dans les administrations et le secteur privé. Les autorités zambiennes envisagent notamment son utilisation par les services publics, les institutions financières, les opérateurs télécoms et les entreprises.
L’initiative intervient alors que les États africains développent progressivement les différentes composantes de leurs infrastructures numériques. Le rapport 2025 d’AfricaNenda Foundation sur les systèmes de paiement instantané recense 36 systèmes opérationnels sur le continent en juin 2025. Ces systèmes sont de plus en plus considérés comme une composante des infrastructures publiques numériques et peuvent en constituer la couche de paiement.
Dans ce contexte, la question de la confiance devient également centrale. Plus les administrations, les entreprises et les citoyens échangent des documents, effectuent des paiements ou accèdent à des services à distance, plus il devient nécessaire de pouvoir vérifier l’identité des parties avec lesquelles ils interagissent et l’intégrité des informations échangées.
La Banque mondiale considère les infrastructures à clés publiques et les signatures électroniques comme des composantes importantes des infrastructures publiques numériques. Dans une note publiée en 2024, l’institution souligne leur rôle dans l’authentification des interactions numériques et la garantie de l’intégrité des documents, dans un cadre juridique permettant de reconnaître la validité des signatures et des transactions électroniques.
Le lancement de la NPKI ne garantit toutefois pas son adoption. Les responsables zambiens ont eux-mêmes souligné les défis liés au financement, à la disponibilité des compétences techniques et à la dépendance vis-à-vis de fournisseurs extérieurs.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 8 septembre 2026)
OSIRIS