OSIRIS

Observatoire sur les systèmes d’information, les réseaux et les inforoutes au Sénégal

Show navigation Hide navigation
  • OSIRIS
    • Objectifs
    • Partenaires
  • Ressources
    • Société de l’Information
    • Politique nationale
    • Législation et réglementation
    • Etudes et recherches
    • Points de vue
  • Articles de presse
  • Chiffres clés
    • Le Sénégal numérique
    • Principaux tarifs
    • Principaux indicateurs
  • Opportunités
    • Projets

Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2010 > Mars > La vérité sur le prix de la licence octroyée à SUDATEL : 96 milliards non 80 (…)

La vérité sur le prix de la licence octroyée à SUDATEL : 96 milliards non 80 milliards

jeudi 18 mars 2010

Licences de télécommunications

A la date du 03 septembre 2007, au moment de la transaction entre l’Etat du Sénégal et Sudatel, le cours du dollar était de 481, 18. Du coup, la conversion des 200 millions de dollars représentant le prix de cession d’une licence à Sudatel, devrait donner 96 milliards de francs cfa, au lieu de 80, comme annoncé par les autorités.

La Gazette a appris que la troisième licence téléphonique n’a pas rapporté 80 milliards de F Cfa à l’Etat du Sénégal. Selon des sources bien au fait du dossier, la licence de Sudatel a coûté exactement 96 milliards. Selon nos informations, la transaction entre le Sénégal et l’opérateur soudanais est intervenue le 03 septembre 2007. A cette même date, le taux de change du dollar par rapport au francs cfa, affiché sur le site de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), était de 481,18. Au regard de ce taux, l’Etat du Sénégal aurait dû encaisser 96 milliards et non 80 milliards de francs cfa. Où sont donc passés les 16 autres milliards ? On comprend mieux pourquoi ce gap avait intrigué les inspecteurs généraux d’Etat lors de leur enquête à l’Artp. « La différence de 20 milliards est assez grande pour une simple erreur de conversion », avait soutenu l’Ige dans son rapport. L’enquête de l’Ige sur les « primes exceptionnelles » à l’Artp avait révélé que les membres du conseil de régulation ont évalué le dollar à 400 Fcfa. Une sous-évaluation sciemment entretenue pour soustraire beaucoup de milliards, d’après des sources dignes de foi. Ces dernières ajoutent d’ailleurs que des confusions et amalgames sont volontairement entretenus par l’Etat, notamment, sur le coût réel de la licence. Dans quel but ? des sources bien informés affirment que ces « milliards ont servi à rémunérer des personnes non encore identifiées, au titre de commissions diverses ». Sudatel a acquis sa licence, après avoir versé une enveloppe de 200 millions de dollars à l’Etat du Sénégal. Ce montant a été évalué, dans un premier temps, par les autorités en charge de cette affaire à 100 milliards de F cfa. Par une pirouette extraordinaire, les mêmes autorités sont revenues pour annoncer la somme de 80 milliards de Fcfa. Elles ont justifié le gap constaté, par la suite, par les fluctuations du taux du dollar. Un argument laborieux qui n’a convaincu personne. Mais les informations livrées par nos sources lèvent un coin du voile sur cette nébuleuse : seize (16) milliards sont introuvables. Au regard de cette situation, les autorités actuelles sont naturellement mal inspirées de prétendre que la licence accordée, du temps des Socialistes, à Sentel (devenue Tigo) a coûté moins chère que celle octroyée à Sudatel. Depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir en 2000, la deuxième société de téléphonie au Sénégal, est dans le collimateur du chef de l’Etat. Le président Abdoulaye Wade, son fils Karim et leurs proches sont convaincus que cette licence a été bradée. « Tigo est une affaire de gros sous qui a permis d’enrichir les pontes de l’ancien régime », soutiennent-ils. Pourtant Mamadou Diop Decroix, alors ministre de la Communication, en charge du dossier, avait déclaré que celui-ci a été réglé dans de bonnes conditions pour le pays et sans dommages pour l’Etat. Comment alors expliquer aujourd’hui que ce qui a été réglé, sans dommages pour l’Etat, revienne sur la table et fasse l’objet d’un contentieux judiciaire entre le Sénégal et la compagnie Tigo ? Ce mystère apparent est un trait de caractère de toutes les affaires conduites, depuis dix ans au Sénégal, et de tous les gros investissements qui sont envisagés dans ce pays.

D’autres Sénégalais pensent, eux aussi, que le gouvernement libéral a usé de pratiques semblables, sinon pires, quand il s’est agi d’accorder une troisième licence de téléphonie. Sans doute, c’est parce qu’il y a des zones d’ombres dans cette affaire dans laquelle d’innombrables dérogations ont été accordées à l’opérateur soudanais. Sudatel bénéficie d’une exonération totale de toute taxe et de redevance. Selon des experts interrogés à ce sujet, les exonérations et les défiscalisations consenties à Sudatel atteignent 150 milliards de FCfa, alors que le montant de la licence est officiellement de 80 milliards. Une perte sèche pour l’Etat du Sénégal. Le Code des télécommunications a bien tranché la question concernant Sudatel. Mieux, il apporte d’importantes innovations, pour clarifier les principes de base gouvernant la gestion du secteur des télécommunications. Il se trouve que Sudatel sur qui l’Artp n’exerce aucun contrôle se sent peu ou prou, concernée par les principes dégagés par le Code. Principes relatifs, par exemple, à la transparence, à la concurrence saine et loyale... Sudatel n’a jamais fait l’objet de la plus petite sanction de la part de l’Artp. Contrairement aux autres opérateurs. Le code des télécommunications ne fait pourtant aucunement mention d’exonération, de quelque nature que ce soit. L’exception accordée à Sudatel viole l’esprit et la lettre de la loi N°2004-06 portant Code des investissements adopté par l’Assemblée nationale, en sa séance du mardi 27 janvier 2004 qui prévoit un assouplissement pour les entreprises nouvellement créées. Des experts en télécommunications sont unanimes dans leurs appréciations de ce texte de loi. Ils soulignent qu’il est taillé sur mesure pour Sudatel. Ce texte défie toutes les logiques économiques et le bon sens en matière de gestion du secteur des télécommunications pour faire un pont d’or à Sudatel. Certes, les autorités ont bien fait de transférer les conclusions de l’IGE à la justice. Mais, le plus important aujourd’hui pour les Sénégalais est d’être édifié sur les tenants et aboutissants de l’octroi de la licence à Sudatel. Cette exigence de transparence s’impose.

Baye Makébé Sarr et Alioune Badaea Coulibaly

(Source : La Gazette, 18-25 mars 2010)

Fil d'actu

  • Charte de membre Africollector Burkina NTIC (25 février 2026)
  • TIC ET AGRICULTURE AU BURKINA FASO Étude sur les pratiques et les usages Burkina NTIC (9 avril 2025)
  • Sortie de promotion DPP 2025 en Afrique de l’Ouest Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Nos étudiant-es DPP cuvée 2024 tous-tes diplomés-es de la Graduate Intitute de Genève Burkina NTIC (12 mars 2025)
  • Retour sur images Yam Pukri en 2023 Burkina NTIC (7 mai 2024)

Liens intéressants

  • NIC Sénégal
  • ISOC Sénégal
  • Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP)
  • Fonds de Développement du Service Universel des Télécommunications (FDSUT)
  • Commission de protection des données personnelles (CDP)
  • Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA)
  • Sénégal numérique (SENUM SA)

Navigation par mots clés

  • 4532/5400 Régulation des télécoms
  • 357/5400 Télécentres/Cybercentres
  • 3439/5400 Economie numérique
  • 1845/5400 Politique nationale
  • 5400/5400 Fintech
  • 527/5400 Noms de domaine
  • 2182/5400 Produits et services
  • 1472/5400 Faits divers/Contentieux
  • 747/5400 Nouveau site web
  • 5385/5400 Infrastructures
  • 1734/5400 TIC pour l’éducation
  • 187/5400 Recherche
  • 245/5400 Projet
  • 3405/5400 Cybersécurité/Cybercriminalité
  • 2269/5400 Sonatel/Orange
  • 1611/5400 Licences de télécommunications
  • 279/5400 Sudatel/Expresso
  • 1015/5400 Régulation des médias
  • 1355/5400 Applications
  • 1057/5400 Mouvements sociaux
  • 1659/5400 Données personnelles
  • 132/5400 Big Data/Données ouvertes
  • 596/5400 Mouvement consumériste
  • 363/5400 Médias
  • 651/5400 Appels internationaux entrants
  • 1667/5400 Formation
  • 95/5400 Logiciel libre
  • 2535/5400 Politiques africaines
  • 999/5400 Fiscalité
  • 168/5400 Art et culture
  • 586/5400 Genre
  • 1740/5400 Point de vue
  • 1018/5400 Commerce électronique
  • 1480/5400 Manifestation
  • 320/5400 Presse en ligne
  • 125/5400 Piratage
  • 205/5400 Téléservices
  • 979/5400 Biométrie/Identité numérique
  • 312/5400 Environnement/Santé
  • 344/5400 Législation/Réglementation
  • 356/5400 Gouvernance
  • 1817/5400 Portrait/Entretien
  • 147/5400 Radio
  • 853/5400 TIC pour la santé
  • 276/5400 Propriété intellectuelle
  • 59/5400 Langues/Localisation
  • 1068/5400 Médias/Réseaux sociaux
  • 2023/5400 Téléphonie
  • 191/5400 Désengagement de l’Etat
  • 1090/5400 Internet
  • 116/5400 Collectivités locales
  • 408/5400 Dédouanement électronique
  • 1119/5400 Usages et comportements
  • 1036/5400 Télévision/Radio numérique terrestre
  • 557/5400 Audiovisuel
  • 3479/5400 Transformation digitale
  • 387/5400 Affaire Global Voice
  • 157/5400 Géomatique/Géolocalisation
  • 323/5400 Service universel
  • 671/5400 Sentel/Tigo
  • 177/5400 Vie politique
  • 1634/5400 Distinction/Nomination
  • 36/5400 Handicapés
  • 708/5400 Enseignement à distance
  • 686/5400 Contenus numériques
  • 590/5400 Gestion de l’ARTP
  • 181/5400 Radios communautaires
  • 1807/5400 Qualité de service
  • 441/5400 Privatisation/Libéralisation
  • 133/5400 SMSI
  • 488/5400 Fracture numérique/Solidarité numérique
  • 2706/5400 Innovation/Entreprenariat
  • 1360/5400 Liberté d’expression/Censure de l’Internet
  • 48/5400 Internet des objets
  • 172/5400 Free Sénégal
  • 742/5400 Intelligence artificielle
  • 196/5400 Editorial
  • 4/5400 Gaming/Jeux vidéos
  • 25/5400 Yas

2026 OSIRIS
Plan du site - Archives (Batik)

Suivez-vous