La Tunisie finalise Sahetna.tn, le portail national du dossier médical citoyen
mercredi 22 juillet 2026
En Afrique du Nord, la transformation numérique du secteur sanitaire suit son cours. Après le Maroc, l’Algérie et l’Égypte, la Tunisie rejoint à son tour cette dynamique.
Le ministère tunisien de la Santé s’apprête à lancer Sahetna.tn, une plateforme nationale permettant aux citoyens de consulter leur dossier médical, de suivre leurs soins, de gérer leurs rendez-vous et d’accéder aux dossiers médicaux de leurs enfants dans un espace sécurisé.
La direction générale a confirmé, mardi 21 juillet, que le portail entrait dans sa phase finale de déploiement technique, après validation technique et audit de sécurité lors du comité de pilotage du 10 juin 2026.
Le socle de la plateforme repose sur l’identifiant national de santé (INS), un code unique attribué à chaque patient, dont la généralisation est en cours dans les établissements publics de santé. Devant le Conseil national des régions et des districts, le 22 juin, le ministre de la Santé Mustapha Ferjani avait indiqué que plus de 15 000 identifiants sanitaires avaient déjà été attribués et s’était engagé à ce que chaque Tunisien dispose d’un tel identifiant avant la fin de l’année 2026.
L’INS permettra d’éviter la duplication des dossiers et de garantir un suivi médical continu, quel que soit l’établissement consulté. Une première expérimentation de déclaration numérique des naissances, avec attribution automatique de l’INS aux nouveau-nés, a par ailleurs été lancée en phase pilote dans plusieurs structures sanitaires.
Un mouvement régional en Afrique du Nord
Comme la Tunisie, l’Algérie déploie depuis cet été son système de dossier médical électronique (DME) à l’échelle nationale, un dossier de santé unifié et sécurisé pour chaque citoyen, qui doit permettre de connecter l’ensemble des établissements hospitaliers à une base de données centrale.
Au Maroc, la feuille de soins électronique (FSE), développée en partenariat entre la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la société Netopia, a entamé sa phase pilote à Kénitra en mars 2026 avant une généralisation progressive à l’échelle nationale. L’Égypte, de son côté, dispose de plateformes privées comme Vezeeta, qui ont largement contribué au développement de la prise de rendez-vous et de la consultation médicale en ligne.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des données de santé de qualité et interopérables permettent d’améliorer la continuité des soins, d’optimiser la planification des ressources hospitalières, de renforcer la surveillance épidémiologique et de favoriser l’innovation numérique au bénéfice des patients.
Plus de 60 % des pays africains disposent déjà d’une stratégie nationale de e-santé ou ont engagé son déploiement, d’après l’OMS et l’Union africaine. Mais l’organisation souligne que la fragmentation des données, la faible numérisation et le manque d’interopérabilité limitent encore l’exploitation efficace de l’information sanitaire.
Adoni Conrad Quenum
(Source : Agence Ecofin, 22 juillet 2026)
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