La Sierra Leone recherche une approche viable pour connecter ses institutions publiques
vendredi 4 septembre 2026
Les pays africains s’appuient de plus en plus sur la transformation numérique pour accélérer leur développement socio-économique. Cette dynamique nécessite des infrastructures et une connectivité Internet fiables.
La Sierra Leone cherche à définir un modèle techniquement viable et financièrement soutenable pour étendre l’accès à Internet des institutions publiques à travers le pays. L’objectif est de définir les modalités techniques et financières permettant de raccorder efficacement les écoles, centres de santé et bureaux administratifs aux infrastructures haut débit existantes.
La question était au cœur d’un atelier organisé à Freetown le mercredi 2 septembre par le ministère de la Communication, de la Technologie et de l’Innovation et le Sierra Leone Digital Transformation Project (SLDTP). La rencontre a réuni des représentants du gouvernement, des opérateurs télécoms et des partenaires au développement.
Elle a été consacrée à l’étude de faisabilité de la connectivité du dernier kilomètre, c’est-à-dire la portion du réseau qui permet de relier les utilisateurs finaux aux infrastructures de télécommunications existantes. Les conclusions de cette étude doivent servir de base aux futures décisions concernant la passation des marchés, le déploiement des infrastructures et les investissements nécessaires.
Cet effort intervient alors que la Sierra Leone poursuit sa transformation numérique et cherche à moderniser la fourniture des services publics. Pour concrétiser ces ambitions à l’échelle nationale et locale, les administrations et les établissements publics doivent disposer d’une connexion suffisamment fiable pour accéder aux plateformes numériques et assurer la continuité de leurs activités.
Dans les établissements scolaires, par exemple, l’accès à Internet doit permettre de développer l’enseignement et les ressources numériques. Le gouvernement a ainsi expérimenté en 2024 l’utilisation de Starlink pour connecter des écoles secondaires. Cette initiative a ensuite été étendue aux universités. Le pays participe également à l’initiative « Giga », portée par l’UNICEF et l’Union internationale des télécommunications (UIT), qui vise à connecter les établissements scolaires à Internet. En Sierra Leone, elle cible 403 écoles.
La connectivité constitue également un levier pour les services de santé. Fin juillet 2026, le gouvernement a annoncé un programme visant à connecter 300 établissements de santé publics à travers le pays grâce à Internet satellitaire de Starlink. Une telle infrastructure doit faciliter l’accès aux outils numériques et aux services à distance dans les structures situées dans les zones où les réseaux terrestres sont moins développés.
Il convient toutefois de rappeler que l’étude est encore en cours et que rien n’a été arrêté pour l’instant. Par ailleurs, au-delà du dernier kilomètre, la connectivité dépend aussi des autres composantes de l’infrastructure numérique, notamment le premier kilomètre et le kilomètre du milieu, qui assurent respectivement l’accès au réseau mondial et le transport des données jusqu’aux différents points de connexion. Sans oublier le kilomètre invisible qui fait référence aux éléments immatériels nécessaires au fonctionnement des réseaux, comme les services, les plateformes et les ressources numériques.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 4 septembre 2026)
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