La RDC s’est dotée d’un conseil d’investissement public‑privé pour développer le numérique
vendredi 3 juillet 2026
Selon une étude de la GSMA publiée en septembre 2025, la transformation numérique pourrait générer plus de 5 milliards de dollars de valeur ajoutée en RDC d’ici à 2029. Mais la concrétisation de ce potentiel dépendra en grande partie de la capacité du pays à mieux coordonner les investissements publics et privés consacrés au secteur.
La République démocratique du Congo veut mieux coordonner les investissements consacrés à sa transformation numérique. Le gouvernement a officiellement lancé, le mercredi 1er juillet à Kinshasa, le Groupe inter‑bailleurs pour le digital (GID), un cadre de concertation permanent réunissant les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que les principaux acteurs de l’écosystème numérique. Cette instance vise à améliorer la coordination des financements et à aligner les projets sur les priorités nationales du secteur.
Selon les autorités congolaises, le GID a vocation à devenir l’outil de pilotage des investissements consacrés au numérique. L’objectif est d’offrir une vision consolidée des projets en cours, de faciliter l’identification des priorités nationales et de favoriser une meilleure articulation des financements afin d’éviter les chevauchements entre initiatives. L’ambition est également d’améliorer le suivi des programmes et de maximiser leur impact sur la transformation numérique du pays.
« Le GID n’est pas un cadre institutionnel de plus. Il fédère et rationalise, autour d’une même table, les espaces de dialogue existants. Il est, avant tout, un instrument stratégique au service du leadership de l’État », a déclaré le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba.
Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre de la stratégie Digital Nation 2030, qui ambitionne de faire du numérique un moteur de modernisation de l’administration, de diversification économique et de création d’emplois. Depuis l’adoption du Code du numérique en 2023, la RDC renforce progressivement son cadre réglementaire à travers des textes relatifs à la confiance numérique, à la cybersécurité, à la protection des données et à la gouvernance des services numériques.
Pour les autorités congolaises, une meilleure coordination des investissements apparaît d’autant plus nécessaire que le potentiel économique du numérique demeure largement sous‑exploité. Dans une étude publiée en septembre 2025, la GSMA estimait qu’une accélération de la transformation numérique pourrait générer 11 800 milliards de francs congolais (près de 5,1 milliards de dollars) de valeur ajoutée d’ici 2029, créer près de 2,5 millions d’emplois et accroître les recettes fiscales de 3000 milliards de francs congolais. Le rapport souligne toutefois que ces retombées dépendront de la poursuite des investissements dans les infrastructures, les compétences numériques et un environnement réglementaire favorable.
À travers le GID, le gouvernement souhaite ainsi disposer d’un mécanisme capable d’améliorer la gouvernance des projets numériques, de renforcer le dialogue entre les différents partenaires et de concentrer les ressources sur les initiatives les plus structurantes pour la transformation numérique du pays. L’ambition est également d’assurer une meilleure cohérence entre les financements internationaux et les priorités définies dans la stratégie nationale Digital Nation 2030.
Samira Njoya
(Source : Agence Ecofin, 3 juillet 2026)
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