La RDC accélère l’ouverture du capital des opérateurs télécoms aux acteurs locaux
mercredi 11 mars 2026
Le secteur congolais des télécommunications est en pleine croissance. Il est notamment animé par des opérateurs comme Airtel, Africell, Vodacom et Orange.
En République démocratique du Congo (RDC), les sociétés de télécommunications disposent désormais jusqu’à juillet 2027 pour ouvrir 25 % de leur capital social respectif à des investisseurs locaux. Les autorités ont décidé de réduire de moitié, avec effet rétroactif, le moratoire de dix ans accordé aux entreprises pour se conformer à cette disposition prévue par les textes réglementaires en vigueur.
La mesure a été prise par José Mpanda, ministre des Postes et des Télécommunications, dans un arrêté signé le 27 février, mentionné dans une publication sur les réseaux sociaux le lundi 9 mars. Elle fait suite aux recommandations formulées fin janvier par le président de la République Félix Tshisekedi concernant la mise en œuvre des dispositions de l’article 40 de la loi sur les télécommunications et les TIC, notamment la part de 5 % du capital réservée aux travailleurs des entreprises. Ce volet devra être appliqué dans un délai de cinq mois.
Au total, 30 % du capital social des entreprises télécoms sont ainsi concernés par ces dispositions. Sur cette part, « 25 % au moins sont détenus par des personnes physiques congolaises ou par des personnes morales dont les parts sont détenues par des Congolais, personnes physiques ». Le texte précise que cette souscription doit être effective dans un délai de trois ans à compter de la constitution de la société.
Profiter d’un secteur en pleine croissance
L’ouverture du capital des entreprises télécoms aux acteurs locaux ouvre la voie à un meilleur partage des retombées économiques du secteur avec les investisseurs nationaux. Depuis plusieurs années, le chiffre d’affaires global du secteur des télécommunications est en hausse en RDC. Il a par exemple progressé de près de 9 % pour atteindre 2,09 milliards de dollars en 2024, par rapport à l’année précédente.
À titre d’illustration, pour son exercice financier clos le 31 mars 2025, le groupe Vodacom Group a déclaré un chiffre d’affaires de 152,2 milliards de rands (9,3 milliards dollars), en hausse de 1,1 %, ainsi qu’un dividende annuel de 620 cents par action. Sa filiale congolaise, Vodacom Congo, a enregistré un chiffre d’affaires de 715,2 millions de dollars, en progression de 9 %.
Lors du Conseil des ministres du 30 janvier, le président Félix Tshisekedi a estimé que le retard persistant dans l’application de la disposition relative aux 5 % réservés aux travailleurs constitue une anomalie à la fois juridique et sociale. Cela a notamment pour effets « la privation d’un droit légalement reconnu aux travailleurs, le maintien des déséquilibres dans la gouvernance des entreprises du secteur et l’affaiblissement du dialogue social ».
Pour rappel, les entreprises de télécommunications opérant en RDC sont majoritairement détenues par des maisons mères et des actionnaires de nationalité étrangère. Selon les données d’Ecofin Pro, Vodacom Congo est détenue à 51 % par Vodacom Group et à 49 % par Congo Wireless Network (CWN). Malgré son nom, cet actionnaire minoritaire est contrôlé par l’homme d’affaires gambien Allieu Conteh.
Ecofin Pro indique également qu’Orange RDC appartient à 100 % au groupe français Orange, tandis qu’Airtel Congo RDC relève du groupe Airtel Africa, filiale du groupe indien Bharti Airtel, et Africell RDC du groupe américain Africell.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 11 mars 2026)
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