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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2021 > Septembre 2021 > La nouvelle folie des Sénégalais : Filmer ou enregistrer quelqu’un à son insu !

La nouvelle folie des Sénégalais : Filmer ou enregistrer quelqu’un à son insu !

vendredi 17 septembre 2021

Usages et comportements

La percée cyber technologique a impulsé au monde et aux Sénégalais une nouvelle manière d’être d’agir, de voir et de concevoir par le biais d’Internet. Les sénégalais ont pris le train en marche mais sans en connaitre les tenants et les aboutissants. Filmer et enregistrer quelqu’un à son insu est devenu la nouvelle recette prisée par nos compatriotes. Et les dégâts collatéraux ne se font pas attendre.

Les outils de communication se perfectionnent de plus en plus au fil des années grâce à la percée cyber technologue. Et les Sénégalais qui se sont engouffrés dans cette brèche tentent tant bien que mal de se mettre à l’ère du temps numérique. Aujourd’hui, tous nos compatriotes matures se sont dotés d’un téléphone High Tech pour communiquer avec le monde extérieur.

Toutefois, les travers de cet outil de communication sophistiqué transformé en outil d’espionnage à grande échelle continue de détruire nos valeurs cardinales. Enregistrer quelqu’un à son insu ou le filmer est devenu une nouvelle dynamique prisée par les Sénégalais. Si les motivations sont parfois difficiles à expliquer, il reste que nos concitoyens s’espionnent aujourd’hui comme pas possible à l’instar des autres peuples du monde.

Combien de fois a-t-on vu des enregistrements clandestins de personnes mal intentionnées être balancés dans les réseaux sociaux via WhatsApp ou facebook ! Combien de fois n’a-t-on pas vu des vidéos filmés à l’insu de personnes victimaires et jetées sur la place publique ! Aujourd’hui, l’affaire du présumé trafic de passeports diplomatiques et autres continuent de défrayer la chronique sous nos cieux.

Des vidéos incriminant Kilifeu, Simon et Boughazelli sont devenues virales au sein de la galaxie Internet. Naguère, de pareils espionnages ont touché de hautes personnalités de notre pays dont il n’est pas besoin de citer ici leurs noms. Les services de l’Etat quadrillent les réseaux sociaux, non pas pour protéger les intérêts exclusif de l’Etat mais bien dans la perspective purement partisane de sauvegarder les intérêts du chef de la coalition majoritaire.

Au sein de la société également, les caméras de surveillance surplombent les hauteurs des différents services ou commerces de la place qui supervisent leurs champs de vision pour des raisons sécuritaires. Dans les maisons et les quartiers aussi, à défaut de fréquenter son voisin, parfois on opte pour l’espionnage de proximité par des moyens peu orthodoxes. A la limite, l’on se demande si la folie de l’espionnage à grande échelle ne s’est pas emparée de la société sénégalaise !

Et ce, devant un service Etatique de protection des données personnelles qui ne semble pas comprendre les véritables enjeux qui sous-tendent sa mission régalienne de réguler au profit de ses concitoyens. De toute évidence, si cette spirale d’espionnage continue sans des mesures restrictives de grande envergure, le Sénégal va droit au mur car, dans un pays de « sutura, de Kersa et de Djom »,la percée cyber technologique est venue nous impulser une nouvelle donne, dangereuse, illégale, humiliante et pernicieuse.

Si l’on n’y prend pas garde, c’est toute la société sénégalaise qui se retrouvera aliénée par la phobie de l’espionnage. Pour l’heure, les dégâts collatéraux continuent de plomber ses ailes au mépris de la teranga imbue des valeurs cardinales ciment de notre Sénégal. Diantre !

Assane Sèye

(Source : Sénégal7, 17 septembre 2021)

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