La Mauritanie explore l’expérience marocaine pour interconnecter ses administrations
mercredi 28 octobre 2026
La dématérialisation des services publics pousse les États africains à repenser leurs systèmes informatiques et les moyens de les faire fonctionner ensemble. Le partage d’expérience devient une piste pour accélérer cette transformation.
Le Maroc et la Mauritanie renforcent leurs échanges sur la numérisation des administrations publiques. L’Agence de Développement du Digital (ADD) du Maroc a reçu la semaine dernière à Rabat Thierno Baro, directeur général de l’Agence Numérique de l’État (AN-ETAT) de Mauritanie, accompagné d’une délégation, dans le cadre d’une visite de travail consacrée aux solutions numériques déployées par les deux pays.
Selon les communiqués des deux agences, la délégation a notamment rencontré l’Agence de Développement du Digital (ADD), l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et la Direction générale de la sécurité des systèmes d’information (DGSSI). Les échanges ont porté sur la modernisation des services publics, l’interopérabilité des systèmes d’information, l’innovation et la cybersécurité.
À l’ADD, la délégation mauritanienne a découvert plusieurs outils développés au Maroc, dont le portail national des données ouvertes Data.gov.ma, la plateforme Academia Raqmya consacrée aux compétences numériques, Mokawala Raqmya destinée aux entreprises et E-Himaya dédiée à la sensibilisation aux usages responsables du numérique. Les discussions s’inscrivent dans le cadre du partenariat de coopération entre les deux agences, sans qu’un calendrier de projets communs ait été annoncé.
Cette coopération intervient alors que la Mauritanie met en place une architecture numérique commune pour ses administrations. Le ministère chargé de la Transformation numérique a commencé à interconnecter les systèmes informatiques publics afin de limiter les demandes répétées d’informations aux usagers. Le cadre élaboré prévoit également une bibliothèque nationale de composants numériques que les administrations pourront réutiliser pour développer leurs services, plutôt que de concevoir séparément les mêmes outils.
Le pays a également lancé son cloud national en juin 2026. Cette infrastructure vise à héberger les applications publiques et à renforcer la maîtrise nationale des données et des ressources informatiques de l’administration. Les échanges avec l’ADD marocaine interviennent ainsi dans un contexte où Nouakchott cherche à mieux coordonner ses systèmes d’information et à développer des services publics numériques plus intégrés.
Samira Njoya
(Source : WeAreTechAfrica, 28 octobre 2026)
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