La Libye lance une stratégie nationale d’IA sur cinq ans
jeudi 4 juin 2026
La feuille de route prévoit notamment la généralisation de l’usage de l’IA dans l’administration, la création de 100 start-up spécialisées et la formation de 10 000 professionnels aux technologies avancées d’ici 2030.
Le gouvernement libyen a lancé, le lundi 1er juin 2026, sa Stratégie nationale pour l’intelligence artificielle (IA) 2026-2030, marquant une nouvelle étape dans ses ambitions de transformation numérique. Elle a été annoncée par le Bureau des médias du Premier ministre libyen, Abdel Hamid Dbeibah, (LANA).
L’initiative vise à accélérer la transition du pays vers une économie numérique fondée sur l’innovation, tout en encadrant le développement et l’utilisation de l’intelligence artificielle par des principes de transparence, de responsabilité et de protection des droits numériques. À ce sujet, le chef du gouvernement a déclaré que l’IA n’est plus un simple choix technologique, mais un outil essentiel pour améliorer les services publics, renforcer l’efficacité gouvernementale et accroître la compétitivité économique.
Des objectifs concrets à l’horizon 2030
La feuille de route fixe plusieurs objectifs à l’horizon 2030. Le gouvernement ambitionne notamment de permettre à 80 % des administrations publiques d’utiliser des solutions d’intelligence artificielle, de déployer l’identité numérique nationale auprès de 70 % de la population et d’automatiser la moitié des transactions administratives.
Le programme prévoit également la formation de 10 000 professionnels aux technologies avancées, le soutien à la création de 100 start-up spécialisées dans l’IA et la numérisation de 70 % des archives publiques. Les autorités libyennes misent sur le développement des infrastructures numériques, le renforcement des compétences locales et l’encouragement de l’innovation pour atteindre ces objectifs.
Une stratégie inscrite dans une dynamique mondiale et nationale
La stratégie 2026-2030 sera déployée progressivement avec des indicateurs de performance et un calendrier de mise en œuvre couvrant plusieurs secteurs prioritaires. Elle intervient dans un contexte de concurrence croissante entre États pour attirer les investissements technologiques, développer des écosystèmes d’innovation et renforcer leur souveraineté numérique face aux enjeux liés aux données, à la cybersécurité et à l’intelligence artificielle.
Pour la Libye, qui cherche à diversifier son économie traditionnellement dépendante des hydrocarbures, le numérique apparaît comme un levier de développement. Dans cette dynamique, le pays accélère la structuration de son écosystème d’intelligence artificielle, avec la création d’un portefeuille ministériel dédié et le lancement d’initiatives publiques et privées. Parmi elles figure le déploiement du premier modèle libyen d’IA générative, LibiGPT, développé par le secteur privé en octobre 2025. Présenté comme un outil capable de produire des analyses, des contenus et des solutions multiformats, il vise à soutenir les administrations, les chercheurs et les acteurs éducatifs.
Carelle Yourann
(Source : Agence Ecofin, 4 juin 2026)
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