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Accueil > Articles de presse > Archives 1999-2025 > Année 2020 > Juillet 2020 > La Legaltech : un outil précieux pour la diaspora ?

La Legaltech : un outil précieux pour la diaspora ?

mercredi 22 juillet 2020

Produits et services

Les perspectives économiques seront moins bonnes cette année sur le continent en raison du COVID-19. Mais le continent peut compter sur, entre autres, la capacité d’innovation des startups qui fluidifient les business. Legafrik, fondée par Youssouf Ballo, navigue sur un courant positif. Et c’est toute l’Afrique de l’ouest qui pourrait bientôt être conquis par ses services.

Payer un acte juridique deux fois moins cher livré en deux fois moins de temps au Burkina Faso. Impossible il y a quelques années et un entrepreneur a décidé de transformer l’irréalisable en une possibilité assurée. Il faut dire que les offres ne laissent pas insensibles un secteur privé qui tend à se formaliser bien qu’il ne souhaite pas débourser d’importantes sommes d’argent dans l’élaboration d’actes juridiques.

Legafrik, fondée par Youssouf Ballo, est un véritable pionnier en la matière. « Les démarches administratives locales sont un véritable casse-tête. C’est pourquoi la centralisation sur une seule et même plate-forme est un gain de temps pour les entrepreneurs », indique-t-il.

La legaltech serait-il alors un formidable outil dans la lutte contre les phobies administratives ? Assurément, confie Youssouf Ballo qui précise : « nous constatons une double tendance sur le terrain. D’une part, il y a un nombre croissant de personnes qui veulent entreprendre. D’autre part, les formalisations sont à la hausse d’au moins 30% en Afrique de l’ouest comparée aux années précédentes », affirme Youssouf Ballo.

La diaspora au centre du jeu

Produire une centaine d’actes juridiques chaque année paraît être une prouesse irréalisable. Pourtant, Legafrik parvient à rendre efficient l’impossible. Et ces facilités séduisent la diaspora pour qui les lourdeurs administratives représentent un véritable frein dans leur volonté d’investir sur le continent. « Quand elles veulent créer leurs entreprises, il leur faut capter la bonne information. Cela n’est pas évident lorsqu’on ne vit pas dans le pays concerné. Ensuite, il faut ramener les bons documents et les informations reçues sont parfois contradictoires. Avec notre système, c’est simple, clair et limpide », argumente-t-on au sein de Legafrik où on reconnaît qu’une sensibilisation est nécessaire afin de donner à la diaspora toutes les clés dont elle a besoin avant de lancer quelques investissements. Si rien n’indique que cet exercice de pédagogie parvienne à ses résultats, il n’empêche que les résultats demeurent saisissants. « Nous produisons plusieurs dizaines d’actes différents. Parmi nos clients, ce sont des entrepreneurs locaux à 70% et 30% pour la diaspora », indique Youssouf Ballo.

L’effet pervers de la super-croissance maîtrisée ?

Si Legafrik surfe sur une vague positive, c’est parce que les pouvoirs publics font tout ce qu’ils peuvent pour normaliser les business. « Aujourd’hui, l’informel se réduit car même les petites entreprises ont parfois besoin de micro-crédits. Et les institutions demandent que les entreprises soient inscrites au registre du commerce ». Ce serait ainsi l’une des causes de l’éclosion de l’écosystème. Poussée par cette dynamique, l’entreprise poursuit sur une croissance positive. « Depuis juin, nous avons déployé nos activités en République Démocratique du Congo, au Bénin, au Sénégal. Nous visons une croissance à 300% », s’enthousiasme-t-il.

« Les problématiques de ces entrepreneurs dans ces pays-là se ressemblent. Il y a des complexités administratives et les coûts des prestations sont aussi élevés auprès des professionnels du secteur. En RDC, un acte notarié peut grimper jusqu’à 600 euros », indique-t-il. D’ici cinq ans, lui et son associé Daouda Diallo espère accompagner 500 000 entrepreneurs. Un succès que les finances publiques des Etats de la zone OHADA ainsi que les entrepreneurs espèrent de tout leur souhait bien que les motivations en soient bien entendu très différentes.

Rudy Casbi

(Source : CIO Mag, 22 juillet 2020)

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