La Guinée augmente la capacité de son réseau Internet de 700 % en un an et demi
vendredi 22 mai 2026
Le pays multiplie les efforts en vue d’une amélioration de la connectivité Internet pour soutenir la transformation numérique. Le pays veut par exemple se connecter à un second câble sous‑marin. En décembre 2024, il avait déjà fait passer la capacité du backbone de 50 Gb/s à 200 Gb/s.
La Guinée vient d’acter l’augmentation de la capacité de sa dorsale nationale de fibre optique, qui passe de 200 Gb/s à 400 Gb/s. Il s’agit de la deuxième montée en puissance enregistrée en un an et demi, portant la progression cumulée de 700 % de la capacité du réseau sur la période, dans un contexte de forte croissance de la demande en Internet haut débit.
L’initiative a été annoncée le mercredi 20 mai par la Société de gestion et d’exploitation du backbone national (SOGEB), qui l’a mise en œuvre avec le soutien technique de l’entreprise technologique chinoise Huawei. Cette montée en capacité concerne pour l’instant la première boucle du réseau. Les deux partenaires visent toutefois une capacité de 600 Gb/s sur l’ensemble de l’infrastructure d’ici la fin de l’année.
Un renfort pour la qualité de service
L’augmentation de la capacité du réseau intervient dans un contexte marqué non seulement par une demande croissante en haut débit, mais aussi par une pression constante sur la qualité de service. La SOGEB estime par exemple que cette évolution « contribue à améliorer significativement la qualité des communications interurbaines et à accompagner le désenclavement numérique du pays ».
Au‑delà de l’augmentation des débits disponibles, cette montée en capacité peut réduire la congestion sur le réseau, un facteur souvent à l’origine des ralentissements et des interruptions de service. En élargissant la bande passante de la dorsale nationale, les opérateurs disposent de davantage de marge pour acheminer le trafic Internet, notamment aux heures de pointe.
Le trafic Internet mobile est passé de 23,98 millions de gigaoctets (Go) au deuxième trimestre 2021 à 118,86 millions de Go à la même période en 2025, selon les données du régulateur télécoms. Sur la même période, le nombre d’abonnés à l’Internet mobile est passé de 6,6 millions à 8,3 millions, soit une hausse d’environ 25,7 %. Pourtant, le taux de pénétration n’était que de 33,3 % en 2024, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT), illustrant le potentiel de croissance encore important du marché.
Dans ce contexte, une connectivité fiable apparaît comme un enjeu clé pour tous. Pour les particuliers, les usages se diversifient de plus en plus entre réseaux sociaux, streaming, services financiers mobiles et télétravail. Pour les entreprises, elle conditionne la performance des outils numériques, la fluidité des échanges avec les clients et partenaires, ainsi que le développement de nouveaux services digitaux.
Plus largement, le renforcement de la capacité du backbone s’inscrit dans une dynamique de transformation numérique du pays. En consolidant l’infrastructure de base, les autorités créent les conditions nécessaires au développement de l’économie numérique, à la modernisation des services publics et à l’essor des usages innovants.
La généralisation du réseau, un défi encore inachevé
Si le renforcement du backbone marque une avancée importante, la question de la généralisation effective du réseau reste posée. L’enjeu ne se limite pas à la capacité de la dorsale nationale, mais concerne également le développement de l’infrastructure dite du « dernier kilomètre », indispensable pour connecter les ménages, les entreprises et les administrations, y compris dans les zones rurales et périurbaines. Sans cette extension, une partie importante de la population risque de rester en marge des améliorations du réseau central.
Cette problématique renvoie aussi aux disparités d’accès au niveau territorial, où les coûts d’investissement élevés et la faible densité de population freinent souvent le déploiement des réseaux d’accès. À cela s’ajoutent des contraintes liées à la maintenance et à la disponibilité des équipements, qui peuvent ralentir la couverture effective du territoire malgré les progrès réalisés sur l’ossature nationale.
Par ailleurs, la question de la sécurisation du réseau se pose également. Plusieurs pays africains sont confrontés à la récurrence d’actes de vandalisme sur les infrastructures télécoms. Vols de câbles, dégradations de sites techniques ou destruction d’équipements affectent directement la continuité du service et la qualité de la connectivité. Ces incidents entraînent des coupures, des ralentissements et des coûts de réparation élevés pour les opérateurs, ralentissant parfois les efforts d’extension du réseau.
Isaac K. Kassouwi
(Source : Agence Ecofin, 22 mai 2026)
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