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La grave désillusion d’internet et des réseaux sociaux au Sénégal

vendredi 4 août 2017

Usages et comportements

Les réseaux sociaux sont apparus récemment dans nos vies et ils amènent tout un lot de questions en rasion de l’usage inapporprié qu’en font les Sénégalais.

Il est vrai cependant qu’avec les réseaux sociaux, la distance physique, l’apparent anonymat, l’instantanéité sont des ingrédients qui sont de nature à stimuler les comportements antisociaux et à faire tomber les barrières élémentaires du civisme.

Cependant, Il est important de rappeler que la majorité des principes applicables face à ces comportements antisociaux sur le Web sont les mêmes que ceux qui s’appliquent depuis longtemps dans notre société.

Oui toute personne a droit au respect de sa vie privée et a droit à la protection de sa dignité, de son honneur et de sa réputation. La justice peut agir de façon à faire cesser une atteinte à l’un de ces droits, que cette atteinte soit faite via les réseaux sociaux ou comme face à face.

Dans la vie de tous les jours, on convient assez facilement d’un code de savoir-vivre. Le discernement nous permet de juger de ce qu’on peut dire ou ne pas dire, faire ou ne pas faire. Ces attitudes et comportements sont modulés par les valeurs, d’une part, et par l’éducation, d’autre part, mais aussi par l’approbation ou la désapprobation sociale qui peut être immédiate en situation de communication, disons en face à face.

Par exemple, ridiculiser quelqu’un devant les autres, faire une mauvaise blague, trahir une confidence pourra créer, au moins chez quelques spectateurs de la scène, suffisamment de malaise, voire de commentaires, pour générer une autocensure sociale.

En situation de communication virtuelle, il arrive souvent que cette autocensure se perde, rendant ainsi les échanges empreints d’une rudesse qui ne serait pas survenue en dehors de ce cadre. Sur les réseaux sociaux, l’empathie est la clé d’une communication saine et respectueuse tout simplement parce qu’elle permet de rester conscient qu’il y a un humain derrière l’écran, une personne habitée par des sentiments et des émotions. Cette capacité nous incite également à ne pas perdre de vue que certains sujets sont du domaine privé et d’autres, du domaine public. Il importe de savoir reconnaître où tracer la ligne. Plusieurs situations de la vie méritent encore et toujours un contact réel entre les personnes. Plus la situation est délicate, plus il devient pertinent de privilégier le contact réel.

Qui n’a pas été choqué de découvrir en un seul clic les photos nues de Mbathio ou les ébats sexuels d’un couple.

Qui n’a pas été choqué d’entendre les insultes de la petite fille encouragée par sa propre maman, les insultes de Penda Ba à toute une ethnie du Sénégal allant jusqu’à se foutre d’être emprisonnée.

Qui n’a pas été choqué de voir cette caricature obscène de Oulèye Mané ou les propos injuriants de Amy Collé Dieng à l’endroit du Président de la République.

Plus près de nous, dans l’intimité de nos relations sociales sur Internet, qui n’a pas déjà été blessé, choqué, surpris de se voir sur des photos, de lire des commentaires les concernant, ou d’être insulté par des inconnus ?
Ces outils ont complètement plongé notre pays dans le chaos total tout en bouleversant nos valeurs morales connues à travers le monde. Au lieu d’en faire un outil de connaissance, nos élèves en font un outil pour tricher comme le cas du Bac et BFEM de cette année.

Ces outils sont aujourd’hui la cause du taux de chômage jamais égalé dans notre pays. Oui ces outils ont sédentarisé nos jeunes en leur ôtant toute ambition pour un bien être, ils se sont inscrits à une vingtaine de page facebook où ils passent 90 % de leur temps quotidien pour y entretenir leur MOI virtuel. Au lieu d’affronter la réalité, ils partagent des moments qu’ils ne vivent pas, puisqu’ils passent plus de temps à en parler qu’à en profiter dans la vraie vie. Il est rare de les voir publier des photos en salle de cours mais ce sont plutôt des photos en boite de nuit, en costumes, en train de boire un verre ou dans des restaurants ou accompagné de filles.

Le comble c’est quand, à 30 ans sans emplois, ils se considèrent toujours comme des enfants.

Le plus dur à avaler c’est quand les personnes adultes sensées nous diriger se mêlent dans la danse. Nous avons vécu avec grande tristesse, les enregistrements téléphoniques de Yakham Mbaye, un Ministre de la République, divulgués par les hautes autorités de la Mairie du Plateau. Récemment nous assistons à ceux concernant Clédor Séne et Pape Samba Mboup.

Un climat de manque de confiance total règne dans le pays ; personne ne fait plus confiance à personne. Nous sommes même allé jusqu’à se faire confisquer notre téléphone lorsque nous voulons rencontrer une autorité.
Détruire la vie d’une personne au Sénégal devient un jeu d’enfant avec ces outils. Allons nous rester les bras croisés sans pour autant se débarrasser de ce fléau qui gangrène notre société ?

Ne serait-il pas temps que le Gouvernement, avec l’appui des médias sénégalais, sensibilise les populations sur l’utilisation de ces outils ? Sensibiliser les populations sur les risques à encourir en cas de mauvaise utilisation.

Abdoul Aziz Badiane
Aquaculture Specialis/Connsultant

(Source : Social Net Link, 4 août 2017)

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