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Accueil > Ressources > Points de vue > 2012 > La folie du mobile au Sénégal : les sénégalais préfèreraient-ils le (…)

La folie du mobile au Sénégal : les sénégalais préfèreraient-ils le téléphone à certains besoins vitaux ?

jeudi 6 décembre 2012

Usages et comportements

Lors d’une récente visite au pays, je me suis amusé à compter les manifestations de l’utilisation du téléphone portable dans Dakar. Cela inclus les kiosques à l’effigie des divers compagnies de téléphonie mobile, les téméraires vendeurs de cartes de recharge à la sauvette qui se faufilent au cœur de la circulation automobile, les panneaux publicitaires géants avec le tout nouveau champion de lutte sénégalaise aux biceps saillants ainsi les personnes qui utilisaient leur portable effectivement. Dans le bus (plein à craqué à cette heure de pointe) où je m’étais installé, la moitié des occupants s’activait autour de leur téléphone portable, même notre chauffeur avait, sporadiquement, les yeux rivés sur le clavier de son téléphone pendant qu’il nous conduisait en toute sécurité vers notre destination fatale (pardon finale !). A travers la vitre, je pouvais voir une jeune fille en uniforme (une lycéenne sans doute) envoyer un texto tout en se dépêchant pour ne pas rater son cours, plus loin, un homme d’affaire en boubou traditionnel à l’arrière d’une moto semblait donner des consignes si l’on en jugeait à son agitation. Au bout de 5 minutes j’étais complètement perdu dans mes comptes avec un début de torticolis en prime. J’avais tellement d’éléments qu’il m’était presque impossible de m’arrêter sur un nombre.

« Sur un milliard d’âmes vivant sur le continent africain, près de la moitié possède aujourd’hui un téléphone portable ! En l’espace d’une décennie on compte 30 fois plus de portables que de lignes fixes. »

Le besoin de téléphoner a t-il supplanté certains besoins vitaux ?

Lorsque 3 jours plus tard, je me suis rendu à Ngoyé un petit village isolé à 20 km derrière Touba, sans électricité, ni eau courante ; la folie du mobile était encore présente : tous les villageois adultes possédaient un téléphone portable.

Dans cet endroit paumé, où les gens manquent de tout (pas d’eau potable, pas de dispensaire, pas de routes goudronnées...) on pourrait légitiment se demander pourquoi les gens dépensent leurs maigres ressources pour le téléphone. A priori, on pourrait penser qu’ils mobiliseraient plutôt leur revenus pour se soigner, éduquer leurs enfants… Qui plus est, il faut envoyer les téléphones à Touba pour pouvoir recharger les batteries.

La folie communicante s’explique peut être en partie par une réminiscence de nos traditions orales qui fait que nous préférons encore la parole à l’écrit. Mais cette assertion doit être tempérée car les plus jeunes utilisent préférentiellement le message texte. On pourrait également penser que le téléphone mobile est devenu une sorte de gadget un peu « bling bling » qui comme le « galila » ou les « cheveux naturels » fait parti de la Sape. Une personne qui s’affiche avec le iphone dernier cri donnera l’impression d’être bien classée sur l’échelle sociale même s’il n’a rien à manger. Il y a sans doute une part de « ngistal » mais la réalité est sans doute ailleurs.

La réalité est que le portable a supplanté des urgences que l’on pensait beaucoup plus vitales que le besoin de téléphoner. Lorsqu’on regarde de plus près la structure du village de 300 habitants de Ngoyé, les 10 familles sont séparées d’un moins un kilomètre entre elles car chacune a ses champs tout autour des habitations. Il devient donc aisé de comprendre que le téléphone portable soit un moyen très efficace pour lancer un appel au secours.

Plus généralement, il est plus prudent de s’assurer que la personne que la personne que l’on part visiter dans la banlieue dakaroise est bien sur place avant de se taper les bouchons et la pollution de la capitale.

Lorsque le système de transport est si défaillant dans un pays, le téléphone sert à rapprocher les populations, d’un bout à l’autre du pays.

Vers le porte monnaie mobile

La révolution mobile est en route, d’autant plus qu’on peut aujourd’hui se servir de son téléphone mobile comme un porte monnaie électronique pour effectuer des paiements. L’opérateur Orange Sénégal vient d’ailleurs de se lancer à la poursuite du système pionnier, M-pesa, qui fait fureur au Kenya avec plus de 15 millions de personnes qui font leurs paiements directement par leur téléphone mobile.

« Avec un ratio de quatre téléphones portables pour un ordinateur, la téléphonie mobile a révolutionné le quotidien des africains »

Bientôt le villageois de Ngoyé pourra payer directement le boutiquier du village en lui envoyant juste une texto sur son téléphone mobile ; tout comme un occidental paye à la caisse du super marché avec sa carte bancaire !

Aujourd’hui Willstream a mis au point une plateforme qui permet à chaque commerce du Sénégal de recevoir gratuitement des paiements par mobile à partir de partout. Ce service est particulièrement adapté pour les sénégalais de la diaspora qui veulent contrôler leurs dépenses aux pays.

Saviez-vous qu’il est possible régler directement l’école de votre jeune frère, l’ordonnance de votre maman et même le ravitaillement chez le grossiste du marché ?

Willstream a inventé le bon d’achat contrôlé à distance (appelé Stream) que la famille reçoit et peut consommer partout où vous nous indiquerez.

Inscrivez-vous gratuitement pour découvrir le service

https://www.willstream.com/now?lang=fr

Mamamdou Sow

(Source : Willstream->http://blog.willstream.com/], 6 décembre 2012)

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