La Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension de la licence accordée à Starlink, filiale de SpaceX
lundi 7 septembre 2026
Selon des informations relayées par le journaliste Bachir Fofana, la Cour suprême du Sénégal a ordonné la suspension de la licence accordée à Starlink, filiale de SpaceX, dans l’attente de l’examen au fond d’un recours pour excès de pouvoir formé contre cette autorisation. La haute juridiction, plus haute instance du contentieux administratif au Sénégal, prenant la décision ce lundi, statue ainsi dans le cadre d’une procédure de référé, sans se prononcer à ce stade sur le fond du dossier.
L’arrivée de Starlink au Sénégal a été annoncée début février 2026, lorsqu’Elon Musk a indiqué sur X que le service satellitaire était devenu opérationnel dans le pays. Cette ouverture avait été précédée, en décembre de l’année précédente, par une annonce du ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, faite devant l’Assemblée nationale. Dans la foulée de cette autorisation, l’État sénégalais avait négocié l’acquisition de 5 000 kits Starlink à tarif préférentiel, avec l’objectif de connecter gratuitement un million de Sénégalais au cours du premier semestre 2026, dans une logique de complémentarité avec les réseaux existants.
Le dossier Starlink a toutefois été marqué par plusieurs épisodes de tension avec la régulation sénégalaise. Avant même l’obtention de sa licence, l’entreprise avait fait l’objet, dès 2023, d’une répression de la commercialisation informelle de ses terminaux, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP) ayant fait interpeller plusieurs revendeurs non autorisés. Après l’entrée en service officielle, l’ARTP a de nouveau alerté, fin mars 2026, contre la prolifération de points de « wifi communautaire » exploitant des terminaux Starlink pour de la revente illégale de connexion, rappelant que ces pratiques exposent leurs auteurs à des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 60 millions de francs CFA d’amende. Des interpellations similaires ont encore eu lieu au mois d’août 2026, notamment à Kaolack, à la suite d’une plainte de la Sonatel.
Le service a par ailleurs suscité la controverse en mai 2026, lorsque Starlink avait annoncé, avant de faire machine arrière sous la pression des abonnés, une hausse de 43 % du prix de son abonnement mensuel, qui devait passer de 30 000 à près de 43 000 francs CFA.
C’est dans ce contexte de vigilance réglementaire accrue autour de l’opérateur satellitaire qu’intervient, selon Bachir Fofana, la décision de la Cour suprême d’ordonner la suspension de la licence de Starlink en référé, dans l’attente d’un examen au fond du recours pour excès de pouvoir. Une décision de suspension en référé administratif ne préjuge pas de l’issue du recours au fond ; elle vise, en droit sénégalais, à préserver une situation en attendant que la Cour statue sur la légalité de l’acte contesté en l’occurrence, l’autorisation délivrée à Starlink.
(Source : La Vie sénégalaise, 4 septembre 2026)
OSIRIS